Le Canada doit s’expliquer à l’ONU

Ottawa — Le gouvernement canadien a fait la sourde oreille à la demande du Comité des droits de l’Homme de l’ONU, qui voulait connaître les mesures prises ou envisagées par Ottawa pour surveiller le comportement des pétrolières, minières et gazières canadiennes à l’étranger.

Le comité des Nations unies avait aussi demandé au Canada d’indiquer les moyens juridiques dont disposent « les victimes d’atteintes aux droits de l’homme résultant des activités à l’étranger des entreprises extractives canadiennes ». Certaines de ces compagnies canadiennes à l’étranger sont actuellement poursuivies pour mauvais traitements.

Le Comité des droits de l’Homme de l’ONU a amorcé mardi, à Genève, son premier examen en 10 ans du bilan du Canada relativement au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont il est signataire.

Aiguillé au préalable par des groupes de défense des droits de la personne, le comité avait posé au Canada 24 questions, par écrit, en novembre dernier. Le gouvernement canadien comparaissait mardi pour y répondre, mais dans son préambule de six pages, la haute fonctionnaire Laurie Wright, du ministère de la Justice, n’a pas du tout évoqué la question des entreprises canadiennes à l’étranger.

Le comité avait aussi posé au gouvernement canadien des questions sur l’équité hommes-femmes, la disparition et l’assassinat de centaines de femmes et filles autochtones, ou certaines mesures antiterroristes — notamment l’échange d’informations avec des agences de renseignement étrangères.

Le gouvernement canadien était aussi invité à expliquer au comité de l’ONU « les restrictions illicites qui auraient été imposées au droit de réunion pacifique », notamment lors des manifestations étudiantes de 2012 au Québec, des manifestations au sommet du G20 en 2010 à Toronto et des manifestations de communautés autochtones.

Les questions du comité au gouvernement canadien avaient été suggérées par une vingtaine de groupes, dont la Commission canadienne des droits de la personne et Amnistie internationale.

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