Pierre Ducasse défendra les couleurs du NPD dans Manicouagan

Ottawa — La nouvelle figure montante du NPD au Québec, Pierre Ducasse, entend se présenter aux prochaines élections sur la Côte-Nord. M. Ducasse fait le pari que la «nouveauté» Paul Martin ne séduira pas tant que cela les électeurs québécois et, surtout, que la province en a assez du Bloc.

«J'ai quitté mon travail [à Montréal] et je suis de retour chez moi, à Sept-Îles», confirme-t-il en entrevue. M. Ducasse n'a pas encore annoncé officiellement sa candidature, mais il n'a pas cherché un nouveau travail dans sa région natale. Plutôt, il organise le terrain en vue de la joute électorale, dit-il. Des élections fédérales pourraient être déclenchées dès avril prochain.

Pierre Ducasse est ce Québécois qui s'était présenté à la course au leadership du NPD l'année dernière. M. Ducasse avait terminé bon dernier avec moins de 5 % des voix, mais son discours au congrès de Toronto avait tellement fait bonne impression que plusieurs militants disaient regretter d'avoir voté par anticipation alors qu'ils ne le connaissaient pas encore.

Le conseiller

Depuis, M. Ducasse conseille régulièrement le caucus néo-démocrate sur les questions touchant le Québec. Doit-on voir un lien entre sa présence et l'intérêt certain qu'affiche le chef Jack Layton pour la province, lui qui fait régulièrement des visites à Montréal? «Le Québec, c'était une de ses priorités, rétorque M. Ducasse. Mais c'est sûr que j'ai son oreille.»

M. Ducasse se présentera dans la circonscription de Manicouagan, actuellement représentée par le bloquiste Ghislain Fournier. Il n'est pas acquis que M. Fournier sera son adversaire puisque ce dernier voit sa candidature contestée par un collègue, Gérard Asselin (voir texte ci-dessus).

Pierre Ducasse s'était présenté contre M. Fournier en 1997 et n'avait récolté que 4 % des voix. Il croit que les choses sont différentes cette fois-ci parce que Paul Martin sera vite perçu comme un premier ministre de droite. Ghislain Fournier, bon joueur, dit de M. Ducasse que «c'est un homme de calibre, c'est quelqu'un de bien». Mais il ajoute qu'un candidat néo-démocrate plus fort viendra diviser le vote fédéraliste et l'aidera, lui. «Ça ne me fait pas peur du tout!»