Enquête sur le crime organisé en Colombie-Britannique - Un organisateur de Paul Martin a reçu la visite de la police

Wolfville (Nouvelle-Écosse) — Le premier ministre Paul Martin a promis hier d'«agir très rapidement» si une enquête de police sur le crime organisé en Colombie-Britannique établit des liens avec son gouvernement.

M. Martin faisait allusion aux rumeurs selon lesquelles son organisateur en chef dans cette province serait impliqué. Mais il a souligné que la portée de l'enquête demeurait floue. «La police n'a pas communiqué avec nous, alors nous ne savons pas vraiment ce qu'elle cherche», a dit M. Martin aux journalistes lors d'une conférence de presse tenue au cours d'une visite en Nouvelle-Écosse.

Le premier ministre a cependant confirmé que la police a demandé à Mark Marissen de lui remettre certains courriels. M. Marissen est un expert-conseil et un ancien adjoint politique qui oeuvre également comme président de campagne pour le premier ministre en Colombie-Britannique.

Selon M. Martin, la police a clairement indiqué que M. Marissen n'était pas impliqué dans l'enquête et qu'il était «simplement le récipiendaire, peut-être, de certains courriels. Lorsque l'enquête sera terminée, si cela entraîne des conséquences, quelles qu'elles soient, nous agirons très rapidement.»

M. Marissen, un libéral de longue date qui a déjà été le chef de l'aile jeunesse du parti, a dit que la police lui a récemment remis une lettre laissant entendre qu'il pourrait avoir été le «récipiendaire innocent» de certains documents reliés à une enquête policière. «J'ai cherché dans les documents et je leur en ai remis un qui pourrait à mon avis leur être utile», a expliqué M. Marissen, ajoutant que la police lui avait demandé de ne rien dire sur le type de document recherché. Il s'est borné à dire que les documents ne concernent ni le Parti libéral du Canada, ni le financement ou l'organisation de la campagne de Paul Martin.

À Ottawa, le leader du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a pressé M. Martin de prendre des mesures contre les libéraux fédéraux en Colombie-Britannique qui seraient impliqués dans l'enquête et «qui exercent encore leur influence au sein du parti au pouvoir, une semaine après que cette affaire a éclaté». L'équipe de Paul Martin doit être au-dessus de tout soupçon, a-t-il insisté.

Aucune accusation n'a encore été portée jusqu'à présent, bien que de vagues rumeurs de contrebande et de blanchiment d'argent circulent. Et on ignore quel lien existe entre l'enquête ouverte il y a déjà 20 mois et le Parti libéral, parce que les mandats de perquisition demeurent sous scellés.