Le Bloc se pose en gardien des rivières

Claude DeBellefeuille lors de son investiture dans la circonscription de Salaberry-Suroît avec le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, et le président du Bloc québécois, Mario Beaulieu.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Claude DeBellefeuille lors de son investiture dans la circonscription de Salaberry-Suroît avec le chef du Bloc Québécois, Gilles Duceppe, et le président du Bloc québécois, Mario Beaulieu.

Le Bloc québécois se présente comme le seul parti sur la scène fédérale qui s’oppose clairement aux projets de transport de pétrole sur le territoire québécois.

« Un oléoduc, qu’il soit peint en rouge, en bleu ou en orange, c’est toujours le même risque pour nos rivières, a déclaré dimanche matin le nouveau chef du parti souverainiste, Gilles Duceppe, lors de sa première assemblée d’investiture depuis son retour en poste. Si vous vous opposez à l’oléoduc de TransCanada, sachez que le bloc canadien [qui réunit les conservateurs, les libéraux et les néodémocrates] appuie ce projet, peu importe l’opposition des Québécois. Le bloc canadien choisit le pétrole de l’Ouest, le Bloc québécois choisi les rivières du Québec. »

Devant une petite foule réunie à Salaberry-de-Valleyfield pour souligner la mise en candidature officielle de Claude DeBellefeuille dans la circonscription de Salaberry-Suroît, le député de Jonquière et porte-parole en matière d’environnement pour le Parti québécois, Sylvain Gaudreault, a d’ailleurs joint sa voix à celle du chef du Bloc. « Si on prend juste l’exemple du pipeline d’Énergie Est qui traversera plus de 700 kilomètres de notre territoire avec tous les risques et sans avantage, c’est l’Office national de l’énergie du Canada qui, ultimement, va prendre la décision, a-t-il affirmé. À l’heure actuelle, le Bloc est le seul à avoir une position claire. Ça ne fait que confirmer la nécessité d’avoir une forte représentation [de ce parti] à Ottawa. »

L’ancien chef et président du parti, Mario Beaulieu, ainsi que le député péquiste de Beauharnois, Guy Leclair, étaient aussi présents pour saluer l’arrivée de Mme DeBellefeuille dans la campagne électorale.

Cette dernière n’en est d’ailleurs pas à sa première expérience en politique fédérale. Députée dans la région de 2006 à 2011, elle a, entre autres, fait partie de la garde rapprochée de Gilles Duceppe comme whip en chef. La vague orange ne l’a cependant pas épargnée, la néodémocrate Anne Minh-Thu Quach ayant été élue en mai 2011.

Tous au front

Sans surprise, le chef du Bloc québécois a profité de ce bain de foule pour appeler tous indépendantistes — toutes allégeances politiques confondues — à s’unir sous une même bannière.

« C’est un nouveau cycle politique qui commence, et l’heure est au rassemblement de toutes les forces souverainistes, a-t-il déclaré, sous les acclamations de la foule. Et comme l’a dit Jean-Martin Aussant lors du départ de M. Parizeau, “ce départ doit sonner la fin des exils, tous les exils”. J’invite donc tous les bloquistes qui nous auraient quittés à revenir au bercail, tous les gens du Parti québécois à venir nous rejoindre, mais aussi ceux d’Option nationale et de Québec solidaire qui partagent notre volonté de bâtir le pays du Québec. On a peut-être des différences sur l’économie ou sur la société, mais on veut le même pays et, pour ça, il faut travailler ensemble ! »

Investitures multiples

Galvanisés par l’annonce du retour de Gilles Duceppe à la tête de leur parti plus tôt cette semaine, les bloquistes ont multiplié les investitures au cours de la fin de semaine. Ils ont ainsi été quelques centaines à se réunir, aux quatre coins du Québec, pour officialiser la candidature de cinq des leurs, soit dans les circonscriptions de Jonquière et Longueuil–Charles-LeMoyne samedi et de Salaberry-Suroît, Manicouagan et Honoré-Mercier dimanche.

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