Housakos et Cowan rembourseront

Le président du Sénat, le conservateur Leo Housakos
Photo: Adrian Wyld La Presse canadienne Le président du Sénat, le conservateur Leo Housakos

Le président du Sénat, le conservateur Leo Housakos, change son fusil d’épaule. Après avoir crié sur tous les toits qu’il contesterait les dépenses illégitimes de 6710 $ que s’apprête à lui reprocher le vérificateur général, il a annoncé lundi qu’il les rembourserait « sans réserve ». Le leader libéral au Sénat, James Cowan, l’imite.

« Il m’incombe d’agir de manière non seulement à ce que la population ait le plus grand respect pour la présidence et le Sénat, en tant qu’institution, mais également à ce que l’intégrité des procédures et des mécanismes que nous mettons en place à la suite de la publication du rapport du vérificateur général soit protégée », écrit M. Housakos dans un communiqué de presse.

Le Vérificateur général du Canada rendra public ce mardi son rapport sur les dépenses des sénateurs. Bien que de larges pans aient fait l’objet de fuites médiatiques, le rapport est très attendu, car il permettra d’apprendre, au-delà des chiffres, ce qui est reproché aux 30 fautifs. En cas de désaccord avec les conclusions du vérificateur, les sénateurs pourront en appeler à l’ancien juge de la Cour suprême Ian Binnie. Ce processus d’arbitrage a été annoncé il y a quelques semaines par le président Housakos et les leaders conservateur et libéral au Sénat Claude Carignan et James Cowan.

Lorsqu’il a été révélé jeudi que tous trois étaient ciblés par le vérificateur, MM. Housakos et Cowan avaient indiqué qu’ils s’adresseraient à M. Binnie. Il n’en est plus question, mais cela ne signifie pas pour autant que les sénateurs ne devraient pas avoir droit à un arbitrage, affirme M. Housakos. James Cowan remboursera pour sa part 10 397 $ même s’il « maintien[t] respectueusement [s]on désaccord ». Il veut, écrit-il, éviter les accusations de conflit d’intérêts.

« On a allégué que je me trouve d’une certaine manière […] en position de conflit d’intérêts en raison du rôle que j’ai joué dans l’établissement […] d’un processus d’arbitrage indépendant pourtousles sénateurs […]. Bien que je démente catégoriquement ces allégations, j’en suis venu à la conclusion que l’on pourrait douter de l’équité et de l’indépendance du processus si je faisais valoir mon droit d’arbitrage. »

Des 30 sénateurs faisant l’objet d’un blâme du vérificateur général, neuf ont un dossier suffisamment lourd pour qu’il soit envoyé à la Gendarmerie royale du Canada. Leurs dépenses illégitimes totaliseraient 643 344 $ selon un décompte effectué à partir de données obtenues par le réseau CTV. L’ampleur des sommes en litige n’est pas ce qui détermine le renvoi des dossiers à la GRC : une des neuf, Sharon Carstairs, n’est blâmée que pour 7528 $ tandis que Sandra Lovelace Nicholas, qui arrive en quatrième place de ce palmarès de l’infamie (75 207 $), échappe à la loupe policière.

Pour sa part, l’ex-policier et sénateur québécois Jean-Guy Dagenais a fait savoir qu’il « va se soumettre au processus d’arbitrage » pour défendre ses dépenses de 3538 $.

La situation a ravivé les velléités abolitionnistes du NPD, qui a tenté de faire disparaître le Sénat à petit feu en proposant de retrancher 57 millions de dollars à son financement. Au moment de mettre cette édition sous presse, le vote sur cette motion n’avait pas eu lieu. Alors qu’il était à l’étranger, le premier ministre Stephen Harper a répété que l’abolition n’est pas réaliste puisque l’unanimité des dix provinces canadiennes est nécessaire. « Le Québec s’oppose, le Parti de M. Mulcair au Québec, le gouvernement dont il a été membre s’oppose à cette position, et je pense que la population ne veut pas de grandes réunions constitutionnelles. Cette époque est terminée. »

2 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 9 juin 2015 08 h 17

    Le miroir

    Le Sénat Canadien est le miroir fidèle du monde politique canadien : pourquoi s'en offusquer, pourquoi tant de chichi et de mesquinerie?

  • Robert Beauchamp - Abonné 9 juin 2015 17 h 35

    S.V.P.

    S.V.P. Payez et dégagez!