Harper garde ses distances vis-à-vis les irrégularités au Sénat

Kiev — Le premier ministre Stephen Harper garde ses distances par rapport aux dernières révélations sur les dépenses des sénateurs canadiens.

Interrogé sur ce sujet samedi durant sa visite en Ukraine, M. Harper n’a fait que rappeler que le Sénat est une entité indépendante qui gère elle-même les retombées du rapport explosif du vérificateur général, Michael Ferguson.

Dans ce document, qui sera rendu public mardi, mais dont La Presse canadienne a pu prendre connaissance en partie, le vérificateur général appelle à des « changements en profondeur » pour corriger des problèmes systémiques à la chambre haute. Il estime que les dépenses du Sénat sont dépourvues de surveillance et d’imputabilité.

Michael Ferguson identifie dans son rapport un total de 976 627 $ en dépenses douteuses, attribuées à 30 sénateurs à la retraite ou toujours en poste. Il sera recommandé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) d’examiner les dépenses de neuf sénateurs en particulier, soit deux qui sont toujours en poste et sept autres qui sont à la retraite.

Parmi eux, le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, un défenseur des droits des victimes nommé par Stephen Harper en 2010. M. Boisvenu a annoncé jeudi qu’il siégerait désormais en tant qu’indépendant, après avoir confirmé qu’il faisait l’objet d’une enquête policière liée à des dépenses questionnables de 61 076 $.

Stephen Harper a affirmé samedi qu’il considère que l’abus des deniers publics par les parlementaires est inacceptable, mais estime que dans ce cas-ci, la situation ne relève pas de lui.

« Le Sénat est responsable de ses propres dépenses et de ses propres règles les concernant », a-t-il dit aux journalistes durant son passage éclair en Ukraine, alors qu’il est en route vers le sommet du G7 en Allemagne.