La guerre des pensions est ouverte

La bataille politique et électorale sur les retraites est bel et bien entamée. Jeudi matin, le gouvernement conservateur a envoyé au front son pugnace ministre Pierre Poilievre pour soutenir que la promesse libérale de bonifier le Régime de pensions du Canada (RPC) équivaudra à une taxe que seuls les conservateurs pourront empêcher. Les détails de la proposition conservatrice, eux, se font toujours attendre.

Le Parti libéral du Canada promet que s’il est élu, il consultera les provinces pour déterminer quel devrait être le montant des cotisations additionnelles des travailleurs et des employeurs pour assurer des prestations plus généreuses aux retraités. En effet, le RPC ne peut être modifié sans l’appui des deux tiers des provinces représentant 66 % de la population canadienne. Qu’importe. M. Poilievre a sans gêne cité la plateforme électorale du Parti libéral de l’Ontario pour supputer à quoi ressemblerait le programme qu’envisage Justin Trudeau. Il en conclut qu’une bonification du RPC signifierait une hausse des cotisations annuelles de 1263 $ pour un travailleur gagnant plus de 70 000 $.

Il s’agit de la « dernière édition de la taxe Trudeau », a déclaré M. Poilievre. Le ministre estime que les cotisations au Régime de pension du Canada équivalent à des « taxes » qui « tueraient les emplois ». M. Poilievre a indiqué que le choix à l’élection se fera un entre des partis qui veulent augmenter les taxes (Parti libéral et NPD) et celui qui veut les réduire (PC).

Le libéral John McCallum, ancien ministre et économiste, a qualifié les accusations conservatrices « d’absurdités totales », rappelant qu’à cause de la nécessité de consulter les provinces, « personne ne peut savoir à ce stade-ci » à combien il serait possible d’augmenter les cotisations. Mais le principe libéral est maintenu : « La raison pour laquelle nous voulons élargir le RPC, c’est que le taux d’épargne n’est pas adéquat pour que les gens aient assez d’argent à leur retraite. […] On veut une expansion modérée. »

Le néodémocrate Alexandre Boulerice a indiqué qu’il ne craint pas de poser le débat comme le fait M. Poilievre. « On fait le pari que les gens vont faire le choix intelligent qui va leur permettre d’améliorer leur sort. »

Les troupes conservatrices ont retourné leur veste sur le Régime de pensions du Canada. Après en avoir pendant des années refusé la bonification, même volontaire, le ministre des Finances Joe Oliver a annoncé cette semaine qu’il lancerait une consultation sur la question. Son prédécesseur, feu Jim Flaherty, avait soutenu que l’option des cotisations supplémentaires volontaires était non réalisable. Qu’est-ce qui a changé depuis, ont demandé les journalistes à M. Oliver jeudi ? « M. Flaherty craignait l’administration d’un Régime de pension du Canada volontaire. Nous croyons maintenant que c’est réalisable. »

Quant à savoir la forme que prendraient ces cotisations volontaires, M. Oliver reste muet. Il laisse cependant entendre qu’un employeur ne serait pas obligé d’égaler la contribution volontaire de ses employés. « Nous n’allons pas imposer une hausse des charges sociales. On va garder le principe de choix et ça s’applique aux individus et aux compagnies. »

2 commentaires
  • Daniel Desjardins - Abonné 29 mai 2015 00 h 38

    ARTICLE INCOMPLET

    Cet article est incomplet car il omet de mentionner que le Québec n'est pas concerné puisqu'il a son RRQ et ne participe pas au RPC.

  • Yves Corbeil - Inscrit 29 mai 2015 08 h 54

    Poilièvre

    Le tapis de service du PM qui va au batte avant tous le monde, est-ce que ça lui arrive de pensé au gens avant de parler cet incroyable ministre grand défenseur des riches entreprises et leurs proprios. L'économie est utilisé à toutes les sauces sortant de leur bouche, si ils le pouvaient, ils donneraient toutes les recettes fiscales aux entreprises pour le bien économique Canadian.