L’importance de la recherche

Sophie Suraniti Collaboration spéciale
Ljiljana Jovic
Photo: Archives Le Devoir Ljiljana Jovic

Ce texte fait partie du cahier spécial Francophonie

Directrice des soins et conseillère technique régionale à l’Agence régionale de santé en Île-de-France, Ljiljana Jovic se réjouit de l’avancée de la recherche en sciences infirmières en France. Pour celle qui a planché sur la place de la clinique dans les soins infirmiers dans le cadre de son doctorat, la recherche est un moyen d’améliorer les pratiques de soins.

« Au sein de l’Association de recherche en soins infirmiers, nos actions ont longtemps été axées sur la recherche appliquée. Comme elle est aujourd’hui reconnue, nous sommes plus dans la partie recherche fondamentale », explique Mme Jovic, membre du conseil d’administration depuis la création de l’association, en 1983, et présidente depuis 2006.

En France, la récente réforme des études d’infirmières, en plus d’aider à structurer la profession, a largement contribué à cette reconnaissance. Auparavant, la formation des infirmières correspondait à une formation professionnelle. Avec le changement de référentiel entré en vigueur depuis septembre 2009, les étudiantes obtiennent leur diplôme validant les trois années de formation initiale ainsi qu’un grade universitaire (licence) leur permettant de poursuivre leurs études à l’université jusqu’au doctorat comme dans n’importe quelle autre filière. Cette nouvelle génération de diplômées, dont les premières cohortes sont sorties en 2012, a inauguré le processus d’universitarisation de la profession.

Depuis, de plus en plus d’infirmières s’inscrivent à un doctorat en sociologie, en sciences de l’éducation, en épidémiologie, en santé publique, etc. La progression de la recherche en sciences infirmières est le fruit d’actions menées par certains établissements hospitaliers universitaires qui organisent des journées de recherche, ainsi que du travail collaboratif .

Mme Jovic reste très humble, mais, si l’Association de recherche en soins infirmiers s’impose comme un incontournable avec ses publications, ses formations ou ses journées d’étude, c’est en partie grâce au travail de cette dernière depuis plus de 30 ans.

Par ailleurs, le financement de certains programmes par le ministère de la Santé a beaucoup fait progresser la cause de la recherche en France. L’utilisation de l’hypnose, la gestion du stress, l’accompagnement en soins palliatifs : autant de projets variés en recherche clinique, médicale ou paramédicale qui en bénéficient chaque année.

Enfin, depuis 2010, à l’initiative de l’Association de recherche en soins infirmiers, les infirmières titulaires d’un doctorat ou doctorantes sont réunies au sein du Réseau des infirmiers (ères) docteur en sciences (ResIDoc). Un réseau qui favorise les rencontres et les échanges entre professionnels ayant suivi un parcours universitaire et qu’anime Mme Jovic. « L’un des objectifs est de réinvestir dans les soins infirmiers les formations universitaires et de développer les sciences infirmières. » Une boucle d’expertises qui se boucle et nourrit un contexte de recherche évolutif.

Ce contenu spécial a été produit par l’équipe des publications spéciales du Devoir, relevant du marketing. La rédaction du Devoir n’y a pas pris part.

À voir en vidéo