La science au service des entreprises

Le gouvernement compte financer des recherches utiles pour l’industrie.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Le gouvernement compte financer des recherches utiles pour l’industrie.

Le gouvernement Harper compte investir des centaines de millions de dollars pour stimuler la recherche scientifique. En raison du virage amorcé au cours des dernières années, une bonne partie de ces dollars devra répondre aux besoins des entreprises.

Les conservateurs ne s’en cachent pas : la recherche doit se mettre au service du secteur privé. Le gouvernement compte financer des recherches utiles pour l’industrie, quitte à se faire critiquer par ses propres scientifiques qui réclament toute la latitude pour étudier des sujets qui semblent théoriques, mais qui restent pertinents du point de vue de la science pure.

À défaut de servir le secteur privé, Ottawa privilégie des projets qui auront un impact concret : le gouvernement Harper met ainsi de côté 243,5 millions sur dix ans pour permettre aux chercheurs canadiens d’avoir accès au plus grand télescope jamais construit sur terre, le Télescope de trente mètres, qui sera érigé au sommet du volcan Mauna Kea à Hawaï. Ce projet, mené en partenariat avec les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Inde, permettra d’observer des étoiles situées à plusieurs millions d’années-lumière de la Terre.

Le budget prévoit des investissements de 1,33 milliard de dollars sur six ans — à compter de 2017-2018 — pour la Fondation canadienne pour l’innovation. Ces fonds serviront à acheter du matériel de recherche de pointe pour les universités, les collèges, les hôpitaux et les centres de recherche à but non lucratif partout au Canada. Le but est aussi d’attirer et retenir les meilleurs chercheurs.

Les investissements fédéraux visent de plus à « appuyer l’innovation dans le secteur privé » et à fournir « l’infrastructure de recherche pertinente pour l’industrie dans les collèges et les universités », précisent les documents budgétaires. Le Conseil national de recherches en sciences humaines obtient aussi un appui financier pour encourager la « collaboration entre les chercheurs universitaires, les entreprises et d’autres partenaires ».

Le budget cite des exemples de recherche scientifique qui donne des « résultats concrets ». À Hamilton, en Ontario, des robots ont installé un tuyau flexible dans une conduite d’égout existante. Cela a permis d’éviter de lourds travaux de voirie qui causent bien des inconvénients aux commerces et aux résidants. Autre exemple : les fonds fédéraux servent à financer la recherche sur les infections résistantes aux médicaments.

De son côté, le Conseil national de recherches du Canada (CNRC) obtient 119,2 millions d’argent frais pour « mieux appuyer les projets de partenariat de recherche et développement axés sur les besoins de l’industrie ». Le virage utilitaire du CNRC a été entrepris en 2012 pour « aider les entreprises canadiennes à accroître leur compétitivité et à développer les produits novateurs de demain », précise le budget.

6 commentaires
  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 22 avril 2015 01 h 23

    Très Triste Bonne Nouvelle!

    Et la Recherche fondamentale sur l'Humain ou pour le Bien de la Science uniquement?

    C'est affreux de réserver la recherche pour les entreprises!

    On mentionne le plus gros télescope car c'est cool! ça fait " Big"!

    Mais être né ici en 2015 au Canada, Tesla aurait fait de la recherche pour des compagnies pharmaceutiques, au lieu de travailler sur toutes les innovations qu'Edison à à sa place fait breveté.

    Et si les conservateurs seraient la depuis le Moyen-âge, personne ne voyagerait car nous aurions tous encore une terrible frousse de tomber au bout de cette plate Terre. Mais tous les bobos de tout le monde, même ceux qu'ils s'inventent et ceux qui sont créés par une prise de médicaments auraient leur remède et leur générique pour les plus disetteux!

    Vive le Progrès sous notre Beau Gouvernement!

    • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 22 avril 2015 15 h 56

      Si les conservateurs ÉTAIENT...Milles excuses,

      Ça m'arrive un peu trop souvent à mon goût!

      La Honte!

  • François Dugal - Inscrit 22 avril 2015 08 h 06

    Le télescope

    Comme la Création date de 8 000 ans, comme le télescope géant fera-t-il pour regarder des étoiles situées à des millions d'années-lumières?

    • Sylvain Auclair - Abonné 22 avril 2015 13 h 42

      Bien voyons, la lumière voyage instantanément.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 23 avril 2015 05 h 23

      «comment le télescope géant fera-t-il pour regarder des étoiles situées à des millions d'années-lumière?»

      Revirons la question de bord : «Comment pourrons-nous soutenir que la Création date de 8000 ans lorsque nous verrons les étoiles situées à des millions d'années-lumière ?»

      En passant Hubble voit déjà les galaxies à cette distance, ça n'a pas l'air de déranger les créationnistes beaucoup.

      Ah ! Foi, quand tu nous tiens. Tout d'un coup qu'on aperçoive l'œil de dieu qui nous regarde à l'autre bout de la lorgnette ?

      PL

  • Pierre Hélie - Inscrit 22 avril 2015 18 h 32

    La bêtise sans limites

    Dans le contexte actuel, la majorité des prix Nobel, dont Einstein, n'auraient probablement jamais pu faire leurs recherches et auraient été virés des universités. Croire que la recherche fondamentale ne sert qu'à des gens déconnectés des fameuses "vraies affaires", c'est prouver un des grands énoncés d'Einstein (de mémoire): il y a 2 choses qui sont infinies, l'univers et la bêtise humaine; et pour l'univiers, je ne suis pas sûr. S'il n'y a pas de théorie de la relativité, il n'y a pas de GPS (entre autres); s'il n'y a pas les ondelettes de Daubechies (maths), plusieurs technologies n'existent pas; pas de recherche sur C.elegans, beaucoup moins de compréhension des mécanismes du cancer entre autres.