L’Agence du revenu du Canada accusée de partisanerie

Le gouvernement conservateur se défend catégoriquement d’instrumentaliser l’agence pour servir ses propres intérêts.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le gouvernement conservateur se défend catégoriquement d’instrumentaliser l’agence pour servir ses propres intérêts.

En pleine période des impôts, l’Agence du revenu du Canada (ARC) fait de la « propagande conservatrice » dans une lettre envoyée aux parents du pays, accuse l’opposition à Ottawa.

L’agence fédérale a acheminé au cours des derniers jours des enveloppes contenant trois pages d’information sur les mesures fiscales mises de l’avant par les conservateurs, dont le fractionnement du revenu et les bonifications au régime de prestation universelle pour la garde d’enfants (PUGE).

« Cette année, le gouvernement du Canada a introduit un certain nombre de réductions d’impôt et de prestations pour les familles, qui aideront à rendre la vie plus abordable », est-il écrit dans la lettre. « Votre famille bénéficiera directement des nouvelles réductions d’impôt et prestations », peut-on aussi y lire.

Or, non seulement ces mesures n’ont-elles pas été adoptées au Parlement, ce qui est précisé dans la lettre dans le cas de la PUGE, mais en plus, elles sont présentées de façon partisane, dénonce l’opposition.

En prenant connaissance des documents fournis par La Presse canadienne, le porte-parole adjoint du NPD en matière de finances, Guy Caron, s’est montré désolé que l’agence gouvernementale se fasse ainsi « le porte-voix » du Parti conservateur. « C’est vraiment une lettre qui donne le côté, ou l’angle, conservateur, alors dans ce sens-là, je le considère comme étant de la propagande même si ça vient de l’ARC », a-t-il affirmé en entrevue téléphonique.

Le contenu et le ton de la lettre déplaisent également au porte-parole libéral en matière de finances, Scott Brison, qui parle d’une « attaque contre l’indépendance » des services publics que sont censés offrir les fonctionnaires fédéraux.

Le gouvernement conservateur se défend catégoriquement d’instrumentaliser l’agence pour servir ses propres intérêts. « L’ARC n’agit pas d’une manière partisane », a répondu Rebecca Rogers, la directrice des communications de la ministre du Revenu national, Kerry-Lynne Findlay.

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