Harper défend sa position sur les armes à feu… puis récidive

La chose se voulait un démenti, mais elle a plutôt pris toutes les allures d’une confirmation. Le premier ministre Stephen Harper a répondu mercredi au tollé que ses propos sur les armes à feu avaient provoqué en soutenant qu’il avait été mal compris. Mais ce faisant, il a réitéré sa déclaration initiale, à savoir que les armes permettent aussi d’assurer la sécurité de leurs propriétaires.

Depuis trois jours, avocats, policiers et spécialistes critiquent en choeur le premier ministre pour avoir soutenu que les armes à feu assuraient la sécurité des gens en milieu rural ne pouvant compter sur une « assistance policière immédiate ». Tous font valoir que les armes doivent être entreposées de manière telle qu’elles ne pourraient pas être rapidement accessibles en cas de menace imminente. Tous soulignent surtout que la légitime défense n’autorise pas de facto un propriétaire d’armes à tirer sur un intrus puisque seule une force proportionnelle à la menace est autorisée.

De passage à Mississauga, M. Harper a été invité à clarifier sa pensée. Il s’est alors fendu d’une longue réponse dans laquelle il a soutenu que ses propos ont été déformés. « L’idée qu’on encourage les propriétaires d’armes à feu à se faire justice eux-mêmes est ridicule. Ce n’est pas le système au Canada. Les propriétaires d’armes à feu au Canada ne sont pas autorisés à se faire justice eux-mêmes et personne ici ne laisse entendre qu’ils devraient se faire justice eux-mêmes. »

M. Harper a même repris à son compte les critiques des juristes, à savoir qu’il y avait d’importantes différences entre le système de justice américain et canadien. Les propriétaires d’armes ont des droits aux États-Unis, mais des responsabilités au Canada, a-t-il souligné. « Nous ne sommes pas contre les propriétaires d’armes à feu, mais personne dans ce pays n’a jamais demandé, et cela inclut mon gouvernement, à adopter le système américain. »

Question de sécurité

Mais après avoir dit tout cela, et accusé ses détracteurs de « démagogie », M. Harper a réitéré ses propos de jeudi dernier à l’origine de tout ce débat. « Il y a des millions de personnes qui ont des armes à feu, pour beaucoup de raisons, y compris la sécurité. » M. Harper n’a jamais expliqué ce qu’il avait en tête lorsqu’il parle de sécurité dans ce contexte.

Le premier ministre a pris soin de rappeler qu’il y avait 500 000 propriétaires d’armes au Québec. En effet, en date de décembre 2014, 495 537 Québécois détenaient un permis d’armes à feu. Cependant, il faut préciser qu’une personne a besoin d’un tel permis ne serait-ce que pour manier une arme. Il est donc possible qu’un détenteur de permis ne possède pas d’armes. En mars 2009, lorsque le registre des armes à feu était encore en place, il y avait 7,36 millions d’armes à feu enregistrées au Canada, dont 21 % l’étaient au Québec. Aujourd’hui, seules les armes à autorisation restreinte (armes de poing) et les armes prohibées (fusils d’assaut, armes automatiques) doivent encore être enregistrées. En date de 2013, il y en avait 847 939, dont 95 422 (11 %) au Québec.

2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 mars 2015 09 h 05

    Qui ?

    Sécurité ??? Qui, en campagne, voyant un ours, téléphone à la police ?

    Il a mit le pied dedans et aucun rétropédalage ne le réparera.

    PL

  • Catherine-Andrée Bouchard - Abonnée 20 mars 2015 17 h 28

    Bang Bang Lucky Steven!

    Celui qui a le truc pour vous étonner!!!

    ...Et même les jihadistes, qui n'ont peur de personne, ont peur de Lucky Steven!