Trudeau promet de rétablir le crédit d’impôt fédéral

Justin Trudeau a eu l’occasion vendredi de saluer chaleureusement son ancien collègue du Parti libéral du Canada, le maire de Montréal, Denis Coderre.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Justin Trudeau a eu l’occasion vendredi de saluer chaleureusement son ancien collègue du Parti libéral du Canada, le maire de Montréal, Denis Coderre.

La campagne électorale fédérale n’est pas encore déclenchée, mais le chef libéral saupoudre déjà les engagements. S’il est élu à la tête du pays, Justin Trudeau promet de rétablir le crédit d’impôt fédéral pour les contributions aux fonds de travailleurs, mais aussi de « redonner droit de parole » aux scientifiques du gouvernement et de restaurer le formulaire long du recensement.

M. Trudeau a profité de son premier passage à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, vendredi, pour attaquer de front ses adversaires conservateurs et montrer ses couleurs à l’aube de l’élection prévue l’automne prochain.

« Je suis très fier d’annoncer aujourd’hui qu’un gouvernement libéral va réinstaurer le crédit d’impôt pour contribution à des fonds de travailleurs », a-t-il déclaré sous les applaudissements nourris des gens d’affaires, mais aussi d’une vingtaine de candidats libéraux présents dans la salle.

Sans tarder, le Fonds de solidarité FTQ a salué l’annonce du chef libéral en se réjouissant pour les actionnaires-épargnants, mais aussi pour les PME du Québec. « L’engagement de M. Trudeau aujourd’hui permet aux dirigeants de PME, particulièrement en régions, d’espérer le maintien de notre capacité d’intervention économique », a souligné le président et chef de la direction du Fonds, Gaétan Morin.

Le second fonds de travailleurs québécois, Fondaction CSN, s’est pour sa part dit ravi de voir le chef du Parti libéral du Canada joindre sa voix à celles des autres partis d’opposition à la Chambre des communes, des partis politiques provinciaux et de la vaste majorité des représentants du milieu des affaires québécois.

Le gouvernement conservateur a annoncé en mars 2013 son intention d’abolir graduellement à partir de 2015 le crédit d’impôt de 15 % offert par Ottawa sur les achats d’actions dans les fonds de travailleurs. Au Québec, ce crédit d’impôt s’ajoute à celui du gouvernement provincial, qui demeure à 15 %.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a dénoncé cette abolition au lendemain de son annonce, a tenu à rappeler vendredi le porte-parole néodémocrate en matière de travail, Alexandre Boulerice. « Les libéraux arrivent un petit peu tard. Tant mieux si M. Trudeau se joint à notre mouvement et a fini par réaliser que c’est profitable pour l’économie du Québec, la création d’emplois, mais également l’épargne des travailleurs et des travailleuses », a-t-il fait remarquer.

Séduire le Québec

Le discours de Justin Trudeau a également pris la forme d’une opération charme ciblant l’électorat québécois. Sans entrer dans le détail, le chef libéral a promis de « réinvestir en sciences » et de « redonner droit de parole » aux scientifiques fédéraux. « Nous allons restaurer immédiatement le formulaire long du recensement », a-t-il ajouté. En demandant aux Canadiens de remplir ce formulaire long sur une base volontaire plutôt qu’obligatoire depuis le recensement de 2011, le gouvernement conservateur a provoqué la colère de plusieurs groupes et organismes qui dénoncent la perte de données importantes.

M. Trudeau a par ailleurs pris position dans plusieurs dossiers concernant la métropole québécoise. Il s’oppose à l’imposition d’un péage sur le pont Champlain « sans réfléchir à l’impact sur les autres ponts » et il est d’avis qu’une liaison rapide doit impérativement relier l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau au centre-ville. « Ce dossier a assez traîné. C’est d’abord un dossier fédéral et nous prendrons le leadership de rassembler les partenaires de tous les niveaux pour le réaliser dans les meilleurs délais », a-t-il déclaré.

« Il y a un engouement qu’on ressent au Québec. On sait qu’on a encore beaucoup de travail à faire, mais on va le faire. La confiance des gens ne se mérite pas par défaut », a répondu le chef libéral lorsqu’interrogé sur l’attrait de son parti auprès des électeurs québécois.

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