Une autre session sous le signe de l’économie

Le premier ministre Harper s’est adressé à des partisans, dimanche à Ottawa, dans un discours à saveur électorale.
Photo: Fred Chartrand La Presse canadienne Le premier ministre Harper s’est adressé à des partisans, dimanche à Ottawa, dans un discours à saveur électorale.

Le premier ministre Stephen Harper tente de donner le ton à la reprise des travaux parlementaires de ce lundi en promettant que son gouvernement va se concentrer sur l’emploi et la sécurité économique.

Dans un discours au ton électoraliste prononcé dimanche en banlieue d’Ottawa, il a assuré que malgré l’incertitude économique mondiale, le Canada se dirige dans la bonne direction. Il a réaffirmé son intention de présenter un budget équilibré et de remplir sa promesse de l’automne dernier concernant le fractionnement des revenus pour les familles avec de jeunes enfants. Et ce, malgré la chute des prix du pétrole qui siphonne des milliards de dollars des coffres de l’État et retarde le dépôt du budget.

« La flexibilité fiscale du gouvernement est réduite, du moins à court terme », a déclaré le premier ministre à une foule de partisans conservateurs réunis dans un gymnase scolaire d’Orléans. « Pour certains, il s’agit d’une raison de ne pas équilibrer le budget. Mais pour eux, il y a toujours une raison de ne pas équilibrer le budget. C’est ainsi que les petits déficits de Trudeau au début des années 1970 sont devenus de gros déficits qui ont perduré durant un quart de siècle et ont abouti aux fortes hausses de taxes généralisées des libéraux et aux coupes massives dans les programmes les plus essentiels, en santé et en éducation. »

À neuf mois des prochaines élections, les conservateurs risquent d’être mis sur la sellette par les néodémocrates et les libéraux. Le scandale des dépenses du Sénat et le traitement réservé aux vétérans des Forces armées continueront sans doute à susciter l’indignation de l’opposition et demeureront des sources de malaise pour le gouvernement. Les députés de l’opposition devraient toutefois se concentrer sur l’incertitude économique, l’enjeu le plus susceptible de leur attirer des votes.

Selon le néodémocrate Nathan Cullen, porte-parole de l’opposition en matière de finances, le gouvernement « devrait faire attention à ce qu’il souhaite » en insistant sur son bilan économique. « Le gouvernement a un grand nombre d’enjeux économiques très troublants à traiter et, avec sa manière de les gérer, il envoie un message de confusion et d’incompétence », a de son côté déclaré le chef adjoint du Parti libéral, Ralph Goodale. Selon lui, la Banque du Canada a contredit l’évaluation flatteuse du gouvernement la semaine dernière en abaissant son taux directeur.

Les néodémocrates demandent maintenant au président du comité des finances des Communes d’inviter le ministre des Finances, Joe Olivier, et le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, à présenter une mise à jour sur l’état de l’économie nationale au comité.

Selon la loi, les prochaines élections fédérales sont prévues en octobre. Toutefois, les partis de l’opposition soupçonnent que le premier ministre pourrait tenter de les déclencher plus tôt.

Intolérance sur Facebook

Les récentes attaques terroristes de Paris ont déclenché une vague de commentaires antimusulmans et anti-immigrants sur les pages Facebook des politiciens et des partis politiques fédéraux au Canada. Le 7 janvier, le premier ministre Stephen Harper a affirmé sur sa page qu’il était « horrifié par cet acte terroriste barbare commis en France ». Deux semaines plus tard, près de soixante messages exprimant leur appui au blocage de l’immigration en provenance des pays musulmans, à la fermeture des frontières ou critiquant tout simplement l’islam y étaient encore visibles. Libéraux et néodémocrates ont vécu des situations semblables sans modérer les commentaires intolérants, faute de ressources. Le comité sur les enjeux numériques de Canadian Journalists for Free Expression rappelle toutefois que les partis politiques ont l’obligation de s’assurer que les sites dont ils sont responsables ne contiennent pas de discours haineux.