Le Canada mène une mission militaire «robuste», affirme Stephen Harper

Le premier ministre Stephen Harper s’est une fois de plus porté à la défense des soldats canadiens déployés en Irak.
Photo: Nathan Denette La Presse canadienne Le premier ministre Stephen Harper s’est une fois de plus porté à la défense des soldats canadiens déployés en Irak.

Stephen Harper a défendu jeudi le travail des militaires canadiens déployés en Irak et s’est dit fier qu’ils aient répliqué aux tirs ennemis. Mais la Défense a été forcée d’expliquer, au cours de cette même journée, le fait que ses troupes se soient retrouvées la cible de tirs lorsqu’elles se sont approchées des lignes de front, alors que le gouvernement avait promis qu’elles resteraient à l’écart des dangers.

« C’est une mission militaire robuste », a affirmé le premier ministre au sujet du déploiement qu’il a ordonné l’automne dernier. « Nous sommes là pour rendre ces gars [les forces kurdes et irakiennes] efficaces, pour qu’ils puissent combattre l’État islamique. Et si [l’État islamique] nous tire dessus, nous allons répliquer et nous allons les tuer. Comme l’ont fait nos gars. Et nous sommes très fiers du travail qu’ils font en Irak. »

Stephen Harper répondait ainsi aux révélations de l’armée, qui a rapporté cette semaine que des membres des forces spéciales déployés en Irak ont été sur le terrain et se sont retrouvés face à des tireurs, à qui ils ont répliqué. La Défense a en outre affirmé que ses soldats ont aidé à identifier, sur le terrain également, des cibles de bombardement pour la coalition internationale.

Le ministre de la Défense a argué jeudi qu’ils ont mené ces opérations car ils « ont l’expertise » pour aider les Irakiens à cibler l’EI. Et ce faisant, ils « veulent s’assurer qu’ils font tout leur possible pour réduire le risque de victimes civiles », a plaidé Rob Nicholson, en conférence téléphonique depuis Londres.

Cela faisait-il partie de leur mandat depuis le début de la mission ? « Nous n’avons pas mis de limites à leur capacité de conseiller et de soutenir les Irakiens », a répondu le ministre au sujet des quelque 70 membres des forces spéciales déployés en Irak en septembre. « Et donc les forces spéciales étaient là pour fournir des conseils et du soutien, et c’est précisément ce qu’elles ont fait. »

Messages différents

Stephen Harper a martelé cet automne que les Canadiens ne mènent « pas d’opérations de combat terrestre » et qu’ils « n’accompagnent pas les forces irakiennes au combat ».

Les chefs néodémocrate et libéral, Thomas Mulcair et Justin Trudeau, ont tour à tour accusé le premier ministre cette semaine d’avoir induit les Canadiens en erreur.

Le chef d’état-major de la Défense avait lui aussi affirmé en octobre que ses troupes n’allaient « pas accompagner et n’allaient pas participer directement au combat ». Quant au choix de cibles pour les frappes aériennes de la coalition, le général Tom Lawson avait dit au réseauCTVque les conseillers militaires canadiens « n’auront rien à voir avec ça ».

Le général a été contraint de s’expliquer, jeudi. « La situation au sol a évolué depuis que j’ai formulé ces commentaires », a-t-il admis dans une déclaration écrite. Le « soutien » des Canadiens a augmenté « proportionnellement à l’augmentation de la menace encourue » par les forces irakiennes. « Nous ne sommes pas en mission de combat terrestre, mais nous offrons du soutien aux forces en combat », a soutenu le chef d’état-major.

Le ministre Nicholson se trouvait à Londres jeudi pour participer à une rencontre avec la vingtaine de pays membres de la coalition qui combat le groupe État islamique en Irak et en Syrie. Le ministre des Affaires étrangères britannique, Philip Hammond, y a affirmé qu’il faudrait « un an, peut-être deux pour chasser l’EI »,selon Reuters.

Le Canada pourrait-il bonifier sa participation au sein de la coalition et entamer un rôle de combat ? « Non », a répondu Stephen Harper, à Saint Catharines en Ontario.

8 commentaires
  • Guy Vanier - Inscrit 23 janvier 2015 07 h 44

    Encore n'importe quoi!

    Comme toujours, harper dit n'importe quoi! Nous devons le sortir de là avant que nos gars se fassent tuer pour rien.
    Je n'aimais pas beaucoup chrétien mais au moins lui avait eu le bon sens de ne pas engager nos troupes dans la guerre inutile d'Irak.

    • Yvon Marcel - Inscrit 23 janvier 2015 10 h 48

      Vous n'avez rien compris M. Vanier; la 2e intervention en Irak était en effet une grave erreur qui a non seulement destabilisé l'Irak, mais toute la région, comme la France l'avait mentionné avec force à l'ONU, avec l'appui du Canada et de l'Allemagne.

      L'intervention actuelle est une nécessité, nous ne pouvons laisser ces fous massacrer des innocents, parce qu'ils ne partagent pas leurs croyances religieuses; nous vivons sur une si petite planète! Laissez faire ces fous, c'est encourager la croissance du Mal, comme un cancer.

    • Pierre Grégoire - Inscrit 23 janvier 2015 18 h 52

      Monsieur Marcel,
      Votre projection sur la croissance territoriale du groupe Etat islamique ressemble à la théorie des dominos qui a motivé des années de guerre au Vietnam

  • André Michaud - Inscrit 23 janvier 2015 09 h 20

    Supportons nos militaires

    Il faut supporter nos militaires, la cause contre l'état islamique sanguinaire est noble et juste. Ils doivent non seulement se défendre, mais bientôt il faudra passer à la guere au sol...si on veut vraiment les exterminer.

  • André Côté - Abonné 23 janvier 2015 09 h 43

    Jongler avec la vérité des faits...

    Une autre affaire qui nous laisse l'impression désagréable que ce gouvernement idéologique de M. Harper gouverne en jonglant avec la vérité des faits pour cacher ses vrais intentions. Imperturbable devant la critique, j'aimerais pourtant voir poindre dans son visage, un soupçon d'émotion, une petite gêne face à ses demi-vérités.

    • Maryse Azzaria - Abonné 23 janvier 2015 13 h 18

      Moi aussi j'aimerais voir un soupçon d'émotion, quand Monsieur Harper dit:"nous allons les tuer. Comme l'ont fait nos gars. Et nous sommes très fiers du travail qu'ils ont fait en Irak." Moi, je ne suis pas fière, j'ai honte que notre premier ministre n'ait pas plus de considération pour une vie humaine.

  • Yves Corbeil - Inscrit 23 janvier 2015 09 h 59

    Combien d'années

    Oui combien d'années ça prendra pour effacer la tâche que ce bou... aura laissé sur la scène internationale.

  • Margarita Farias - Abonnée 23 janvier 2015 19 h 55

    Il faut anéantir les forces djihadistes

    Cette opinion ne va pas à l'appui des conservateurs que j'ai en rhume. Mais nous ne pouvons pas accepter ces atrocités, l'outrage aux femmes, les décapitations en directe, nous ne pouvons plus rester des témoins passifs. Et il faut agir vite. Vous vous souvenez dans les années 33 la montée des chemises noires, il n'y ai eu que
    Anne Harent qu'a décelé le danger, et les gouvernements ont attendu jusqu'au 39 pour se réveiller, et cela parce que l'hydre était à leurs portes.
    Révéillons nous avant que ces déchets d'humanité, continuent leur oeuvre de destruction.