Ottawa retire à Dying with Dignity son statut d’organisme de bienfaisance

En perdant son statut d’organisme de bienfaisance délivré par l’Agence du revenu du Canada, le groupe canadien Dying with Dignity (DWD) gagne toutefois en liberté d’expression. Cela tombe à point pour cet organisme favorable au libre choix en matière de fin de vie, qui souhaite faire de la question de l’aide médicale à mourir un enjeu aux prochaines élections fédérales, à l’automne.

« Nous avions les mains liées, sans possibilité de critiquer, par exemple, la position d’un parti politique. Donc cette décision pourrait nous rendre plus forts, d’une certaine manière », dit Wanda Morris, présidente-directrice générale de l’organisme.

L’Agence du revenu du Canada a signifié récemment à DWD que son statut d’organisme de bienfaisance, octroyé depuis 1982, serait annulé. Il aurait été attribué par erreur au départ, a affirmé l’agence dans une lettre.

En devenant un organisme à but non lucratif, DWD ne pourra plus donner de reçus à des fins fiscales à ses donateurs. De 403 000 $ en 2013, le budget de l’organisme a presque doublé en 2014, indique Mme Morris, principalement grâce à des dons alors que la question de la fin de vie retient de plus en plus l’attention du public.

Toutefois, même si elle prend la décision de l’Agence du revenu avec philosophie, Mme Morris déplore que les organismes qui militent contre l’aide médicale à mourirconservent, eux, les privilèges associés au statut d’organismes de bienfaisance. « Ce sont des organismes religieux qui peuvent donner des reçus. C’est tout de même frustrant », dit-elle.

Au Québec, le Collectif mourir digne et libre n’a jamais demandé à se qualifier en tant qu’organisme de bienfaisance, car, comme groupe de réflexion, il ne répond pas aux critères, indique Ghislain Leblond. Il ne craint pas que la voix de DWD se taise dans la foulée. « La tendance est claire dans la population en faveur de l’aide médicale à mourir, et je ne crois pas qu’elle se renversera », dit le militant.

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