Un ancien du PLC chez Harper? Pas si vite.

Beryl Wajsman
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Beryl Wajsman

L’ancien organisateur libéral banni Beryl Wajsman espère peut-être porter les couleurs du Parti conservateur lors de la prochaine élection, mais il n’a pas encore obtenu le feu vert des troupes de Stephen Harper. Il faudra voir si les critiques passées de sa nouvelle famille politique pèseront dans la balance. D’autant plus que, selon nos sources, l’establishment du parti se rangera plutôt derrière l’ancienne journaliste de TVA, Pascale Déry.

Beryl Wajsman est le rédacteur en chef de l’hebdomadaire montréalais The Suburban. Il fait campagne en vue de remporter l’investiture conservatrice dans Mont-Royal. Deux autres candidats entendent se présenter contre lui : Mme Déry, comme l’a révélé La Presse mardi, et l’ancien chef du Parti Égalité, Robert Libman. Officiellement, aucun des trois n’a encore été approuvé par le parti.

« Nous n’avons pas de liste officielle de candidats parce que l’investiture n’est pas encore ouverte », explique le porte-parole du Parti conservateur, Marc-André Leclerc. Lorsque le PC ouvrira l’investiture, les candidats intéressés disposeront de deux semaines pour fournir les documents requis (un cahier de candidatures dûment rempli, 25 signatures d’appui, un dépôt en argent, une vérification des antécédents judiciaires). Le parti déterminera alors si les candidats intéressés se qualifient. Le parti se donne aussi, comme pour toutes les investitures, le droit de considérer des « critères subjectifs » pour déterminer l’éligibilité. Cela pourrait nuire à M. Wajsman.

Ancien organisateur libéral sous Jean Chrétien, M. Wajsman a été nommé à la commission Gomery sur le scandale des commandites relativement à un système de financement politique parallèle impliquant l’échange d’enveloppes remplies d’argent. Il fait partie des dix personnes que le PLC a bannies de ses rangs.

Quand, en 2009, une rumeur veut qu’il conseille le nouveau chef libéral Michael Ignatieff, les conservateurs attaquent. Le ministre Christian Paradis, qui est alors lieutenant pour le Québec, déclare que « le Parti libéral n’a définitivement rien appris du scandale des commandites vivement dénoncées par la commission Gomery. Il accueille à bras ouverts dans son équipe de proches conseillers un des acteurs-clés du scandale des commandites ». M. Wajsman réplique par une mise en demeure.

Interpellée par Le Devoir mardi, l’équipe de M. Paradis a refusé de commenter les intentions de M. Wajsman. Au téléphone, M. Wajsman indique que cette prise de bec avec le ministre relève du passé. « J’ai eu un différend avec M. Paradis, c’est tout réglé. […] C’était une préoccupation à l’époque, ce ne l’est plus aujourd’hui. »

M. Wajsman refuse de dire qui, au Parti conservateur, l’a invité à se porter candidat, mais il assure avoir des appuis à l’interne. « Aucun candidat ne serait dans cette course s’il n’y avait pas des gens qui lui font confiance dans le parti », se borne-t-il à dire en faisant allusion autant à lui-même qu’à M. Libman et à Mme Déry.

Pascale Déry, favorite

 

Selon nos informations, Mme Déry est la candidate favorite de l’establishment du Parti conservateur. Elle doit annoncer publiquement ses intentions mercredi prochain. La journaliste, qui revient à peine du congé de maternité pris pour son second enfant, a donné sa démission à TVA. De confession juive, Pascale Déry tentera de séduire l’électorat à forte concentration juive et anglophone de cette circonscription montréalaise. De son côté, Robert Libman pourra compter sur ses états de service, à la fin des années 1980, en tant que fervent défenseur des droits linguistiques des anglophones, pour se gagner des appuis.

Les conservateurs fondent beaucoup d’espoir sur Mont-Royal. Ils y voient leur porte d’entrée à Montréal, eux qui n’y ont pas fait élire de député depuis 1988. Ils pensent y avoir d’autant plus de chances que le libéral Irwin Cotler a annoncé sa retraite.

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