Les Canadiens dénoncent, le Canada expulse

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a annoncé les résultats du programme lors d’un point de presse tenu à l’aéroport Montréal-Trudeau.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a annoncé les résultats du programme lors d’un point de presse tenu à l’aéroport Montréal-Trudeau.

Aux yeux du gouvernement conservateur, ce sont des « résultats spectaculaires » : en trois ans et demi, le programme des personnes recherchées par l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a permis de repérer 59 criminels et d’en expulser 51, s’est félicité lundi le ministre Steven Blaney.

Ces expulsions auraient été rendues possibles grâce à la collaboration des Canadiens, a soutenu le ministre de la Sécurité publique lors d’une conférence de presse tenue à Montréal.

Depuis 2011, l’ASFC publie une liste de non-résidents recherchés pour différents crimes et sollicite l’aide de la population pour les retrouver. « Depuis sa création, ce programme joue un rôle inestimable pour faire en sorte que les Canadiens deviennent des partenaires afin de maintenir la sécurité dans nos collectivités », estime Steven Blaney.

Selon lui, les Canadiens souhaitent « collaborer avec les agences d’application des lois pour faire en sorte que des criminels dangereux soient expulsés du pays ».

L’ASFC calcule que 280 appels ont été reçus sur la ligne spéciale depuis 2011. Impossible toutefois de savoir la valeur réelle des informations transmises par la population. L’agence « ne peut pas formuler d’hypothèses sur le nombre de cas qui auraient été réglés sans l’aide du public », dit-elle. Le ministre Blaney a indiqué que la « ligne contribue à identifier les individus recherchés, mais aussi d’autres qui représentent une menace » — laissant entendre que le programme sert plus largement qu’aux seules fins initiales.

Des responsables de l’ASFC ont précisé que les gens expulsés étaient recherchés pour des « cas sérieux de criminalité, de crimes de guerre ou de terrorisme ».

Informations personnelles

 

Le programme a été mis en place par le gouvernement en juillet 2011. L’an dernier, le Commissariat à la protection de la vie privée avait retenu une plainte concernant la divulgation d’informations personnelles dans le site du programme. L’ASFC s’était alors engagée à modifier ses procédures d’affichage et à réduire la quantité d’informations divulguées.

Par ailleurs, le gouvernement a aussi dévoilé lundi que 150 Américains reconnus coupables de crimes sexuels se sont vu refuser l’entrée au Canada grâce à un récent partenariat avec le Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis.

À voir en vidéo