Le Canada envoie des militaires en renfort

La Sierra Leone demeure le pays le plus touché, avec un nouveau bilan de 2477 morts.
Photo: Tanya Bindr Associated Press La Sierra Leone demeure le pays le plus touché, avec un nouveau bilan de 2477 morts.

Des soldats, réservistes et professionnels de la santé de la Grande-Bretagne et du Canada se sont envolés samedi pour la Sierra Leone, pour contribuer à lutter contre l’épidémie d’Ebola.

Les 40 membres des Forces armées canadiennes — des médecins, des auxiliaires médicaux, des infirmiers et du personnel de soutien — ont quitté le Canada au début du mois et ont reçu une formation en Grande-Bretagne. Ils travailleront maintenant aux installations de Kerry Town, qui sont dirigées par du personnel militaire britannique.

Ils ont quitté samedi matin l’aéroport militaire Brize Norton, avec 16 réservistes et 100 membres du personnel régulier de l’armée britannique. Les autorités britanniques affirment avoir 800 employés militaires en Sierra Leone, où ils construisent des centres de traitement qui devraient pouvoir fournir 700 lits.

Les envoyés investiront un hôpital de campagne pour traiter des travailleurs de la santé locaux et internationaux qui ont contracté le virus.

L’épidémie fait de grands ravages dans la population de l’Afrique de l’Ouest, et les travailleurs de la santé n’y échappent pas. Plus tôt cette semaine, l’Organisation mondiale de la Santé indiquait que 649 professionnels de la santé ont contracté le virus, et que 365 en sont morts. Le Canada a consacré plus de 110 millions à la lutte contre la plus grande épidémie d’Ebola de l’histoire. Plus de 19 031 personnes ont été infectées depuis un an, et au moins 7300 en sont morts. La Sierra Leone, qui comptabilise le plus grand nombre de cas, a fait état au 17 décembre de 8759 cas et 2477 morts. Le Liberia, longtemps resté le pays le plus touché, a connu de son côté un ralentissement de la propagation du virus.

Les employés des laboratoires d’analyse mobiles sont habituellement déployés durant quatre semaines. Le personnel médical militaire fera une rotation tous les deux mois le temps que durera la mission.

Émeute

Des centaines de jeunes, craignant une contamination de leur quartier, ont empêché très violemment l’installation d’un centre de traitement d’Ebola de Médecins sans frontières (MSF) dans le sud de la Guinée, a-t-on appris samedi de source sécuritaire et auprès d’un responsable anti-Ebola.

Cet incident est survenu vendredi, à la veille de l’arrivée à Conakry du chef de l’ONU Ban Ki-moon, en tournée en Afrique de l’Ouest depuis jeudi dans les pays touchés par Ebola.

Les jeunes ont empêché l’installation de ce centre de MSF, en pointe dans le combat anti-Ebola, dans la ville de Kissidougou, dans le sud de la Guinée particulièrement touché par Ebola, a affirmé à l’AFP le commissaire de police de cette localité, Alfred Houlémou. « Ils ont d’abord saccagé les installations, notamment des tentes de MSF, mis le feu aux bâches et cassé des chaises pour enfin chasser le personnel sanitaire et officiel qui avait pris place sur les lieux », a expliqué le commissaire Houlémou, joint au téléphone depuis Conakry.

Les assaillants ont affirmé ne pas vouloir de contamination d’Ebola dans leur quartier.

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