L’armée prête pour une mission prolongée

La Défense reconnaît, comme la communauté internationale, que neutraliser le groupe armé État islamique prendra plus de six mois. Et si le Canada décide de prolonger sa mission en Irak, l’armée a déjà son plan de match dans ses cartons.

Au début du mois, le secrétaire d’État américain, John Kerry, affirmait que les efforts des États-Unis seraient « probablement mesurés en années ». Un haut placé de son gouvernement a parlé de trois ans. La semaine dernière, le ministre canadien de la Défense, Rob Nicholson, confiait qu’il allait « examiner » l’idée de prolonger la mission qui doit normalement prendre fin en avril.

Le commandant de la Force opérationnelle interarmées déployée en Irak a confirmé jeudi que les hauts gradés de l’armée canadienne prédisent eux aussi que la lutte contre l’EI ne sera pas terminée dans six mois. « Mais mon mandat, c’est que nous avons un engagement présentement de la part du gouvernement du Canada de fournir nos forces pour six mois », a indiqué le colonel Daniel Constable, lors d’une conférence téléphonique depuis le Koweït, où sont basées les forces canadiennes pour mener leurs opérations.

L’armée canadienne exécute les ordres que lui donnera le premier ministre, a-t-il résumé. « Nous avons des plans de préparés, comme ça si nous devons prolonger nous allons le faire. Si le gouvernement décide que six mois c’est suffisant, nous avons des plans pour ce redéploiement également », a affirmé le colonel Constable.

Nouveaux bombardements

Deux avions de chasse canadiens ont bombardé deux positions défensives de combat de l’EI mercredi, d’où les djihadistes tentaient de freiner l’avancée des forces irakiennes qui essaient de reprendre le contrôle de la région de Sinjar. L’opération canadienne s’est déroulée dans le cadre d’une mission de la coalition comptant huit bombardements, au nord-ouest de Mossoul.

Le colonel Constable a nié que la coalition internationale commence à manquer de cibles, tel que l’avancent certains analystes. Au contraire, si les postes de l’EI sont plus difficiles à cerner, c’est parce que le groupe armé se replie et que les bombardements ont freiné ses opérations.

« Ils ont érigé des positions de combat de défense, des havres de refuge, des endroits d’où ils peuvent mener leurs attaques », a expliqué le colonel, qui coordonne la mission entamée il y a deux mois. Ce sont ces postes d’opérations que frappe la coalition, à la demande des forces irakiennes. « Alors cela ne permet pas à l’EI de se cacher des forces irakiennes ou des kurdes ou des peshmerga », a résumé le commandant.

2 commentaires
  • William Dufort - Abonné 19 décembre 2014 08 h 39

    Qu'est ce qu'on fait là?

    Les Américains sont en Irak pour soutenir leur industrie de l'armement dont la survie dépend de la guerre permanente. Mais le Canada?

    • Jean-Marc Simard - Abonné 19 décembre 2014 16 h 03

      Nous sommes là pour enrayer le fléau de la guerre religieuse de l'EI, dont les actions meurtrières risquent de se répandre si les pays concernés ne font rien...Ce fléau islamiste doit être arrêter sinon nous risquons la déshumanisation mondiale...Çe combat concerne aussi le Canada...