Les transferts en hausse ne suffiront pas à soutenir l’économie, disent les provinces

Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, rencontrait tous les ministres provinciaux lundi. Ottawa versera 68 milliards en transferts pour 2015-2016.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le ministre fédéral des Finances, Joe Oliver, rencontrait tous les ministres provinciaux lundi. Ottawa versera 68 milliards en transferts pour 2015-2016.

Les paiements de transferts aux provinces augmenteront peut-être l’année prochaine, mais ces dernières estiment qu’Ottawa devrait en faire davantage. L’Ontario en tête, elles réclament que le gouvernement fédéral investisse plus en infrastructures pour relancer l’économie canadienne encore précaire.

Comme chaque année, les ministres des Finances des provinces ont convergé à Ottawa lundi pour rencontrer leur homologue fédéral, Joe Oliver. Celui-ci leur a dévoilé que les transferts fédéraux versés en 2015-2016 au titre de la santé, des programmes sociaux et de la péréquation atteindront 68 milliards de dollars. Il s’agit d’une bonification de 3 milliards par rapport à l’année en cours. Pour le Québec, le montant total des transferts atteindra 20,4 milliards.

Le ministre québécois Carlos Leitão se réjouit de ces chiffres. «C’était déjà inclus dans nos prévisions budgétaires pour 2015-2016 mises à jour début décembre. [...] Le calcul fédéral est très semblable au nôtre.»

Les deux transferts pour la santé et les programmes sociaux allouent un montant égal par habitant. Le Québec en touche donc environ le quart. La péréquation, elle, est accordée en fonction des capacités fiscales d’une province. Aussi le Québec touchera-t-il 54,5 % de toute l’enveloppe fédérale, soit 9,5 milliards. Cela ne constitue cependant pas un record. L’an dernier, le Québec avait obtenu 55,7 % de l’enveloppe et presque 60 % en 2008-2009. Si le montant total touché par le Québec au titre de la péréquation a doublé depuis 2005-2006, c’est en grande partie parce que la somme qu’Ottawa y a consacrée a presque autant augmenté au cours de la même période, et non parce que le Québec en reçoit plus qu’avant.

Lorsque la péréquation est répartie selon le nombre d’habitants, le Québec n’en est plus le plus important bénéficiaire, tant s’en faut. Chaque habitant du Québec touche en moyenne 1152 $ de péréquation, soit moins que ceux de l’Île-du-Prince-Édouard, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse ou du Manitoba (respectivement 2449 $, 2207 $, 1788 $ ou 1347$). Seule l’Ontario, seule autre récipiendaire de péréquation, en reçoit moins par habitant que le Québec, avec un montant de 171 $. Les trois provinces les plus à l’ouest ainsi que Terre-Neuve n’en touchent pas.

Néanmoins, ce copieux montant de 9,5 milliards en péréquation nuit-il à la réputation du Québec? Le ministre Leitão pense que non. «J’aimerais un jour, idéalement, qu’on ne soit plus admissibles à un tel programme. Cela signifie que notre capacité fiscale est encore inférieure à la moyenne canadienne», a-t-il dit. Mais il ajoute que «c’est un programme de transferts» et qu’il ne faut pas en avoir honte.

Davantage d’infrastructures

Certains ministres, dont l’Ontarien Charles Sousa, ont réitéré leur demande qu’Ottawa investisse davantage dans les infrastructures, en particulier celles de transport. Pour illustrer sa demande, M. Sousa a rappelé qu’Ottawa a réservé 70 milliards pour les dix prochaines années à ce poste budgétaire, alors que l’Ontario à elle seule, pour cette même période, a prévu presque le double, soit 130 milliards.

«M. Oliver a laissé entendre que le moment d’accroître les investissements en infrastructures arriverait lorsqu’il y aurait plus de certitude du côté de l’économie mondiale», a relaté M. Sousa. «Mais cela est exactement le contraire de ce que disent les spécialistes et les économistes», à savoir qu’il faut profiter maintenant des taux d’intérêt bas pour relancer l’économie. Le ministre Joe Oliver n’a pas pris la parole après la rencontre.

15 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 décembre 2014 05 h 17

    Mais

    Mais le fédéral boucle son budget... en ne payant pas ses factures. Essayez ça vous.

    «Le ministre Leitão pense que cela signifie que notre capacité fiscale est encore inférieure à la moyenne canadienne», a-t-il dit. Mais il ajoute que «c’est un programme de transferts» et qu’il ne faut pas en avoir honte.» J'aimerais revirer l'affirmation de bord et entendre «Je suis fier que nous n'en avons plus besoin». Il me semble que ce serait plus édifiant.

    Bonne journée.

    PL

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 16 décembre 2014 14 h 29

      ...en attendant, êtes vous prêt à cracher sur 20.4 milliards en 2015-16; soit 54.5% de toute l'enveloppe canadienne?

      Comptez sur un bon 20 ans avant que l'assiette fiscale du QC puisse se passer de cette aide du ROC.

      Ce qui met en perspective votre capacité à devenir indépendant..

      Peut-être que l'exemple récent de l'Écosse a son utilité..

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 17 décembre 2014 10 h 48

      Si j'aditionne dans le calcul que vous posez les 54 milliards que nous envoyons au fédéral... je suis prêt à y penser. Mais je sais depuis 3 ans maintenant que cette position, vous ne la partagez pas, je sais.

      Bonne journée.

      PL

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 18 décembre 2014 07 h 30

      Le QC envoit 45 milliards au fédéral...

      Les chiffres sont vraiment élastiques!

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 16 décembre 2014 08 h 14

    l'étranglement fiscal

    C'est la conclusion qu'il faut tirer du rappport du Bureau Parlementaire du Budget (BPB) de 2013.

    (google ) Étranglement fiscal BPB

    Le retour préiodique à l'austérité n'y changera rien. Le Québec va devoir faire un choix tôt ou tard, ou être axphysié où en sortir.

  • Al Zavala - Inscrit 16 décembre 2014 09 h 12

    Oui mais encore!

    Certes! Le Québec en reçoit plus, avant c'étaient les maritimes et même Terre-Neuve, puis après, c'est ainsi dans une société fondée sur le partage, le seul hic c'est qu'il ne faut pas devenir dépendant de cette aide. Le Québec a les moyens de s'en sortir, malheureusement les gouvernements se succèdent et se ressemblent, au lieu d'optimiser les services offerts par l'État, au lieu de contrôler les dépenses afin d'obtenir les mêmes services en payant moins; les gouvernements optent pour la solution facile, demander plus, soit aux contribuables, soit à Ottawa.
    Cela me fait penser à ce que faisaient il y a quelques années certains organismes parapublics et OSBL de toutes sortes : afin de ne pas se faire réduire l’aide reçue ils évitaient d’avoir de surplus, quitte à gaspiller les ressources en fin d’année afin soit d’arriver à un surplus nul, ou pire encore en créant des déficits récurrents qui allaient assurer la pérennité de l’aide.
    Le problème dans ce raisonnement consiste dans le fait que les gouvernements ne sont pas créateurs de richesses, ils ne font que dépenser ce qu’ils perçoivent chez le contribuable, et les organismes en n’étant pas rigoureux avec leurs dépenses c’est avec nos deniers qu’ils jouent. Donc c’est aux dépens de toute la société! Et cela finit par coûter très cher.
    Par conséquent le Québec devrait mieux gérer les budgets, établir une politique de contrôle des dépassements de coûts qui gangrène notre société. Car c’est bien cela, il n y a pas de rigueur actuellement : dépassement de coûts dans les travaux d’infrastructures, dans les frais pour les médicaments, dans les frais de garde aux enfants, dans les investissements bidons à saveur partisane, dans les achats du gouvernement…c’est un vrai fléau, à moyen terme nous aurons à rendre des comptes, 11millairds en intérêts sur la dette. Hey ! C’est plus de 2500$ par travailleur au Québec en intérêts seulement !

  • jean-luc goulet - Inscrit 16 décembre 2014 10 h 17

    Les employés des ''états'' (municipal, provincial, fédéral) devraient faire un stage dans l'entreprise privée et subir les aléas de l'économie: il y a de bonnes années et des mauvaises... il y a même des très mauvaises années où l'entreprise se débat pour sa survie avec protections sur faillite, fusion, achat par un concurrent... Ça ne règle pas le problème mais ça relative sa vision des choses. Lorsqu'on a le nez dans son nombril, on ne voit pas ce qui se passe autour. Alors les vraiment insatisfaits de nos fonctionnaires, préparez vos CV et postulez au privé, vous m'en redonnerez des nouvelles: Bonne Chance

    • Benoît Gagnon - Inscrit 16 décembre 2014 12 h 46

      Justement, M. Goulet, j'en suis à préparer mes CV. Mais savez-vous quoi? Ce sont les aléas du Libertal Party of Quebec qui sont la cause de ma mise à pied. Mon numéro ne « fit » pas dans le budget municipal...

      Je vous mets au défi, M. Goulet, en 2015, de tenter de trouver un emploi qui ne soit pas à contrat très limité au public (un emploi où vous ne vous retrouverez pas sur la touche à chaque fois que le buget est voté). Bonne chance!

  • Serge Lemay - Inscrit 16 décembre 2014 10 h 43

    Soyons réalistes !

    Exigeons l'impossible, mettons fin aux évasions fiscales !