Grève générale contre l’austérité en Belgique

La Belgique a été en grande partie paralysée lundi par une grève générale contre l’austérité, qualifiée « d’historique » par les syndicats, poussant le premier ministre de droite à lancer un nouvel appel à la concertation.

Des incidents sporadiques ont eu lieu, notamment à Charleroi, lorsqu’un automobiliste excédé a forcé un barrage de grévistes, blessant trois syndicalistes, selon l’agence Belga.

À Bruxelles, des échauffourées ont opposé la police et des manifestants qui lançaient des oeufs par centaines sur le siège du parti nationaliste flamand N-VA, membre influent de la nouvelle coalition gouvernementale. Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau et de gaz lacrymogène, selon Belga.

« Il n’y a jamais eu de grève aussi forte, du nord au sud et de l’est à l’ouest » du pays, s’est réjoui la secrétaire générale du syndicat chrétien CSC, Marie-Hélène Ska. Son homologue du syndicat socialiste FGTB, Marc Goblet, a prévenu que les actions reprendraient en janvier si le « gouvernement et les patrons » n’abandonnent pas « leur logique d’autisme ».

Le premier ministre libéral, Charles Michel, qui n’a connu aucun état de grâce depuis son accession au pouvoir en octobre, a indiqué une nouvelle fois qu’il souhaitait relancer le dialogue social, dans l’impasse depuis des semaines.

« Pour qu’il y ait une concertation, il faut que chacun vienne s’asseoir autour de la table, acteurs politiques et syndicaux », a indiqué son entourage.

Comme en Italie, en grève générale vendredi dernier contre les réformes du premier ministre Matteo Renzi, les syndicats belges contestent le plan du gouvernement, qui entend économiser 11 milliards d’euros en cinq ans. La coalition prévoit également de porter de 65 à 67 ans l’âge légal de départ à la retraite, en 2030.

Pour Charles Michel, des aménagements pourraient notamment concerner la liste des métiers « pénibles », qui ne seraient pas touchés par l’allongement des carrières. Mais pas question pour lui de revenir sur les grands axes de sa politique, seule à même à ses yeux de réduire les déficits et de relancer l’économie.

Les syndicats estiment que l’effort devrait être mieux « partagé » et viser également ceux qui vivent des revenus du capital, très peu taxé en Belgique.

« Ville fantôme »

En attendant, de nombreuses zones industrielles ou commerciales avaient lundi des aspects de « ville fantôme », une impression renforcée par une circulation exceptionnellement fluide, y compris à Bruxelles.

Les transports étaient comme prévu les plus touchés.

Plus aucun avion n’a décollé ni atterri dans les aéroports du pays depuis que les contrôleurs sont partis en grève pour 24 heures dimanche à 22 h 00.

Les trains ont cessé de rouler dimanche soir et aucun Thalys, TGV ou Eurostar (pour Londres) transitant par la Belgique ne devrait rouler avant mardi matin. La navigation commerciale vers et depuis les grands ports de Zeebruges et Anvers était également stoppée, tandis que les transports en commun étaient pratiquement à l’arrêt.

Les écoles, crèches, prisons, administrations, mais aussi les hôpitaux, où toutes les consultations et opérations non urgentes ont été annulées, étaient également solidaires de la grève.

La Fédération des entreprises de Belgique a toutefois estimé que la grève avait principalement touché le secteur public et les grandes entreprises, les PME étant selon elle en revanche peu atteintes.

1 commentaire
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 décembre 2014 06 h 50

    Même

    Il est reconnu (sauf en mathématique quantique) que les mêmes causes donnent les mêmes résultats. Y a-t-il, quelque part en Amérique du nord, un premier ministre qui pourrait tendre l’oreille et la vue pour s’apercevoir de ce que l’austérité à tout crin donne comme résultat invariable ? Quelqu'un ??? Quelque part ??? Francophone peut-être ??? Youhou ???

    Je ne dis pas que ce n'est pas nécessaire, mais à voir que les petits se font couper à qui mieux mieux pendant que les grands se la coulent douce sans relâche commence à être au minimum agaçant. Les Belges sont-ils crétins eux aussi ?

    PL