Le coût des F-35 grimpe encore

Ottawa pourrait devoir acheter moins d’avions de chasse que les 65 prévus à l’origine pour respecter son budget.
Photo: Lockheed Martin Andy Wolfe La Presse canadienne Ottawa pourrait devoir acheter moins d’avions de chasse que les 65 prévus à l’origine pour respecter son budget.

Si le gouvernement fédéral va de l’avant et mise sur les F-35 pour remplacer sa flotte d’avions de chasse, il pourrait être contraint d’acheter moins d’appareils que prévu, ou de débourser un milliard de plus. Car la facture d’acquisition des F-35 a augmenté au cours de la dernière année, et avec elle les sommes que pourrait avoir à payer le gouvernement si la situation économique mondiale nuit au dollar canadien, prévient la Défense nationale.

Selon les dernières prévisions du gouvernement, le prix d’achat des avions de chasse de Lockheed Martin dont veulent se doter les conservateurs est passé de 8,6 milliards de dollars l’an dernier à 8,914 milliards en 2014, soit une augmentation de 3,5 %.

9 milliards maximum

Or les conservateurs se sont engagés, au fil des débats sur le remplacement de ces avions de chasse, à respecter un plafond de 9 milliards pour l’acquisition de la future flotte de 65 appareils.

Afin de s’y conformer, les conservateurs ont rétréci au fil des ans les fonds budgétés pour les imprévus (inflation, taux de change défavorisant le dollar canadien, ou l’achat par d’autres alliés d’un plus petit nombre d’appareils F-35, ce qui ferait hausser la facture pour les autres partenaires). Ottawa prévoit désormais, dans sa mise à jour de 2014 publiée mercredi, une réserve de 76 millions — ce qui lui permettrait de respecter tout juste son plafond budgétaire, en diminuant de 77,8 % son enveloppe de réserve. En 2012, 342 millions étaient alloués à la provision pour éventualités. L’année précédente, c’étaient 602 millions.

La Défense estime dans son rapport déposé mercredi en fin de journée qu’il manque 1,004 milliard à la réserve que devrait prévoir le gouvernement.

Si le fédéral ne veut pas consacrer un milliard de plus au remplacement de sa flotte d’avions de chasse, la Défense nationale propose une autre solution. « Si le montant total dédié aux éventualités était requis, le déficit restant pourrait être respecté en achetant moins d’avions », résume le rapport.

Le coût d’achat des F-35 a suscité maints débats au Parlement, depuis que le vérificateur général a révélé que la Défense avait sous-estimé la facture. Les conservateurs ont confié le dossier au ministère des Travaux publics, chargé d’évaluer toutes les options pour remplacer les chasseurs en fin de vie. L’opposition est convaincue qu’ils commanderont néanmoins les F-35.

9 commentaires
  • Jean-Marc Simard - Abonné 11 décembre 2014 07 h 58

    Achat à débattre...

    Ce sujet devrait être débattu par les partis politiques fédéraux lors des prochaines élections...

  • François Dugal - Inscrit 11 décembre 2014 08 h 01

    Proverbe américain

    "Sky is the limit" - (mais qui donc a dit ça?)

    • André Le Belge - Inscrit 11 décembre 2014 10 h 41

      "SKy is the limit" pour un avion que même les USA hésitent toujours à acheter

  • Steve Harvey-Fortin - Inscrit 11 décembre 2014 08 h 42

    Le F-35 est un citron

    Selon Pierre Sprey (runaway pilot) a l'émission The Fifth Estate de Radio Canada le F-35 n'est nul autre qu'un gros citron destiné à remplir les poches de Lockeed Martin Aircraft par le gouvernement américain.

    Cet avion furtif multi-missions selon M. Sprey n'est pas un avion de combat rapproché capable de rivaliser avec des Mirages français ou même un F-15 américain. Cet avion répond à des critères qui doivent satisfaire les marines, l'armée de terre et l'armée de l'air. Pour la marine, cet avion doit décoller verticalement sur un porte avion, et de ce fait, n'est pas apte à remplir des missions de combat et de soutien. Ses ailes seraient trop petites et donc ne permettent pas des virages rapides en combat en raison de sa technologie de décollage vertical. Concernant le mode furtif de l'avion qui n'est pas indétectable au radar ennemi ce n'est qu'une illusion promotionnelle de vente. Il est plus lourd aussi du fait qu'il doit transporter seulement deux bombes à l'intérieur de son fuselage comme avion furtif. Il n'a seulement qu'un moteur de poussée extrême qui conssome plus de carburant selon M. Sprey.

    Bref, les candiens vont payer des milliards pour un avion qui se fera nettoyer du ciel canadien par l'ennemi en combat aérien. À ce prix-là, mieux vaudrait acheter un Typhoon européen de dernière génération ou à tout le moins le F-22 Raptor américain. Le seul avantage du F-35 est qu'il peut décoller de façon vertical et donc atterir et décoller n'importe ou afin d'être ravitaillé sur des points stratégiques temporaires.

    Continuez de payer vos impôts gracement à Ottawa chers canadiens !!!

    • Marcus CHALUMEAUX-MARLY - Inscrit 11 décembre 2014 20 h 40

      Le Rafale serait une nettement meilleure alternative face au Typhoon.

  • Michel Samson - Abonné 11 décembre 2014 09 h 05

    Cette folie dure encore ?

    Et moi qui croyais que ce projet avait été discrètement mis sur la glace, les raisons pour le faire ne manquant pas, à commencer par l'incapacité de cet avion de chasse à voler de façon fiable, ensuite son coût prohibitif, particulièrement en raison de son inadéquacité à remplir le mandat de défense que l'armée canadienne lui réserverait. Sous ce rapport, le Rafale franco-allemand serait de loin beaucoup moins couteux et significativement plus adapté à ce rôle. Quelle faillite que ces ReformServateurs ! La bêtise nous gouverne.

    • Marcus CHALUMEAUX-MARLY - Inscrit 11 décembre 2014 20 h 40

      Par pitié ! Le Rafale n'est pas franco-allemand, mais seulement français.
      C'est d'ailleurs ce qui fait sa force.

      Les allemands sont empetrés dans le programme Typhoon.

  • Jonathan Poirier - Inscrit 11 décembre 2014 09 h 08

    Le pire avion militaire de l'histoire américaine?

    Cet avion ne cesse d'avoir de nouveaux ennuis à chaque année depuis sa production. Encore dernièrement, les américains ont du repeinturer l'avion, car à trop haute altitude il arrivait que le réservoir à essence devienne trop chaud et prenne feu. Sérieusement, les conservateurs devraient laisser tombés ce contrat. Admettre leurs torts et faire un nouvel appels d'offre...