Ottawa encense son bilan économique

La Chambre des communes n’a pas encore officiellement plié bagage pour les vacances de Noël, mais l’heure était déjà aux bilans mercredi à Ottawa. Tandis que les conservateurs se sont félicités d’offrir un leadership économique fort, les néodémocrates ont donné une mauvaise note économique au gouvernement et les libéraux ont promis de constituer une meilleure option.

« La création d’emplois, la réduction des impôts et le libre-échange ont constitué des éléments clés d’un programme axé sur l’économie. Les Canadiens peuvent constater que diriger le pays n’est pas une mince affaire et requiert un leadership fort », a lancé d’entrée de jeu Peter Van Loan, le leader du gouvernement en Chambre, une pointe à peine voilée à ses adversaires néodémocrate et libéral. L’adoption de deux projets de loi mettant en oeuvre le budget du printemps dernier constitue donc, aux yeux du gouvernement, un moment fort.

M. Van Loan a mis l’accent sur la signature, en septembre, de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne. Il s’est attaqué à ses adversaires qui ne croient pas, à son avis, au commerce international. « Au cours de leurs 13 ans de règne, les libéraux ont négligé le commerce. Le Canada a pris du retard. Et à peine trois accords de libre-échange ont été signés. Pendant leur règne, les libéraux ont virtuellement sorti le Canada du jeu des négociations. […] En comparaison, nous avons signé 38 accords de libre-échange », a dit Peter Van Loan. Ce que le ministre ne dit pas, c’est qu’à l’époque du gouvernement libéral, la planète entière était impliquée dans des négociations commerciales multilatérales, notamment pour créer la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) qui aurait regroupé des dizaines de pays. Ces négociations se sont effondrées au tournant du nouveau millénaire, environ à l’arrivée des conservateurs au pouvoir, renvoyant chaque pays à sa pratique traditionnelle de négocier des accords bilatéraux.

Les néodémocrates, pour leur part, ont présenté ce bilan économique conservateur sous un autre jour. L’économie va mal, le secteur manufacturier compte près de 100 000 emplois en moins, le taux de chômage chez les jeunes est le double du taux national, et les femmes n’ont pas été aussi peu nombreuses sur le marché du travail depuis 2002, a déploré le député Nathan Cullen en reprochant « l’absence de réponse » du gouvernement.

En outre, prédit M. Cullen, leurs prévisions et moult promesses préélectorales ne feront pas long feu. La dégringolade du prix du pétrole forcera le ministre des Finances Joe Oliver à retourner à la table à dessin, selon le néodémocrate. « Il a déjà eu à revoir son budget une première fois », a rappelé M. Cullen en évoquant la mise à jour économique de l’automne dans laquelle M. Oliver avait pris acte du prix déclinant du pétrole. Le ministre l’avait alors évalué à environ 88 $ le baril. Sa valeur s’est toutefois encore dépréciée. « À moins qu’il puisse transformer 65 $ en 83 $ [sic], je présume qu’il devra revoir son budget », prédit M. Cullen.

Du côté libéral, le chef Justin Trudeau s’est adressé à ses 122 candidats déjà confirmés pour la prochaine élection, qui avaient été conviés à Ottawa pour une séance de formation. Dans un discours à forte saveur partisane, il a tiré la conclusion que « les priorités de M. Harper ne sont plus les priorités des Canadiens ». Il en veut pour preuve la fermeture des centres de services destinés aux vétérans, mais surtout l’implantation du fractionnement du revenu entre conjoints qui coûtera 2 milliards de dollars par année. « Les familles canadiennes subventionneront une réduction d’impôt pour ceux qui en ont le moins besoin », a-t-il déploré, rappelant que les familles monoparentales, les couples séparés ou encore les couples dont les deux parents ont sensiblement les mêmes revenus ne tireront rien de cette mesure. « Nous construisons une équipe, nous concoctons un plan, nous offrirons aux Canadiens un meilleur gouvernement », a conclu M. Trudeau.

Du pareil au même

Le chef bloquiste a pour sa part martelé que les trois partis fédéralistes sont identiques : ils ne défendent pas les intérêts du Québec. Mario Beaulieu a surtout tapé sur la tête du NPD, qui « parle des deux côtés de la bouche » dans le dossier Énergie Est. Seul le Bloc s’y oppose réellement, a argué M. Beaulieu. « Et si le gouvernement fédéral veut ouvrir nos terres et faire passer un pipeline, il va nous trouver sur son chemin. »

M. Beaulieu a en outre déploré le retour du déséquilibre fiscal. « Le gouvernement fédéral engrange des surplus sur le dos des plus démunis […] pendant qu’au Québec, la classe moyenne se fait écraser par des mesures d’austérité. »

2 commentaires
  • Guy Lafond - Inscrit 11 décembre 2014 04 h 35

    Des leaders parlementaires en santé?


    S'il vous plaît, Le Devoir, pourriez-vous demander à la Presse canadienne de nous présenter des photos inspirantes?

    Je ne sais pas ce que mange M.Van Loan mais la photo que vous nous présentez de lui aujourd'hui ne donne pas l'impression que cet homme est en bonne santé. Nous cache-t-il quelque chose?

    Hier, j'étais à la période de questions à la chambre des communes. Excusez-moi l'expression, mais il y a beaucoup de "dindons bien dodus" du côté des députés conservateurs. De l'autre côté de la chambre par contre, il y a les députés du NPD représentés par une majorité de gens plus jeunes et rayonnant de santé. Des gens alertes ayant une très bonne répartie.

    Si des députés conservateurs recherchent un bon entraîneur personnel pour les aider à perdre du gras et à y voir plus clair, je suis disponible.

  • Sylvain Rivest - Abonné 11 décembre 2014 22 h 44

    Couper dans le gras.

    on engraisse pas les cochons à l'eau claire, comme on dit.
    Les conservateurs s'engraisser à même le détournement d'argent qu'ils font dans nos programmes sociaux.

    Même chose pour les Couard, barrette et Bolduc, sans oublier Moreau...