Harper refuse de nommer les sénateurs manquants

Son nouveau président au Sénat a beau l’avoir sommé de pourvoir les postes vacants à la Chambre haute, le premier ministre n’a pas l’intention d’obtempérer. Ses projets de loi y sont adoptés, Stephen Harper ne nommera donc pas d’autres sénateurs pour l’instant.

À quelques jours de sa nomination à la présidence du Sénat par le premier ministre, le sénateur québécois Pierre Claude Nolin avait confié au Devoir qu’il souhaitait voir les sièges vides du Sénat occupés « le plus rapidement possible ». « Il faut qu’il y ait toujours le contingent maximum de sénateurs. Il ne faut pas qu’il y ait de vacances », avait argué ce sénateur au franc-parler il y a dix jours.

Invité à répondre à cette demande jeudi, le premier ministre l’a rejetée. D’abord, M. Harper a rétorqué qu’il ne reçoit « pas beaucoup de demandes de la part de la population canadienne pour plus de sénateurs ». Et la Chambre haute, dans son état actuel, répond tout à fait à ses besoins. « Pour notre gouvernement, l’objectif est d’assurer l’adoption de notre législation par le Sénat. Et jusqu’à maintenant, le Sénat est tout à fait capable d’assumer ses fonctions », a-t-il résumé, en point de presse à Markham, en Ontario.

Poids des régions

Or, oui la Chambre mène à bien ses travaux, mais la représentation des régions et des minorités du pays que doivent assurer les sénateurs au Parlement n’est pas respectée, a affirmé le sénateur Nolin en matinée.

« Est-ce que cela affecte le fonctionnement de l’institution ? Je pense que oui », a fait valoir le sénateur lors d’une rencontre avec la presse. Car la Constitution réserve à chaque région du pays son lot de joueurs au Sénat. « Lorsqu’on joue avec le chiffre, on ne respecte pas cette fameuse négociation qui a amené le Sénat, qui a amené la fédération. C’est aussi grave que ça. » Un plaidoyer qui n’a pas semblé émouvoir le premier ministre, qui a fermé la porte une heure plus tard.

Le Sénat compte 16 sièges vacants — sur un total de 105 —, dont trois au Québec. Si le premier ministre ne nomme aucun sénateur d’ici l’élection l’an prochain, près de 20 % des banquettes seront alors inoccupées, a noté le sénateur Nolin. M. Harper n’a pas nommé de sénateur depuis mars 2013. Trois de ses choix antérieurs — Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin — ont été suspendus dans la foulée du scandale des dépenses illégitimes.

1 commentaire
  • André Ouimet - Inscrit 5 décembre 2014 11 h 33

    Les inutiles

    Il en manque 16?
    Sé-nat pas d'importance!
    A. St-Laurent