Les francophones devant la Cour suprême pour leurs écoles

Aux prises avec des écoles délabrées et des ressources insuffisantes, la population francophone de Colombie-Britannique poursuit sa lutte pour l’équité. Mardi, devant la Cour suprême du Canada, les parents de l’école primaire Rose-des-Vents de Vancouver ont réclamé un établissement « équivalent » à ceux de la majorité. Le premier de deux procès intentés contre la province à cet égard.

Fondée en 2001, Rose-des-Vents accueille aujourd’hui plus de 350 élèves. Il s’agit de la seule école primaire francophone desservant l’ouest de Vancouver. Depuis 2010, les parents des élèves fréquentant l’école et le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique réclament devant la cour un établissement « de qualité équivalente aux établissements scolaires » détenus par la majorité anglophone du même secteur. En vain. Ils espèrent désormais que le plus haut tribunal au pays rétablira le jugement de la Cour suprême de Colombie-Britannique, et conclura que Rose-des-Vents est « surpeuplée, moins facilement accessible que les écoles de langue anglaise de la région et que ses installations [sont] de piètre qualité », ce qui constituerait une violation de l’article 23 de la Charte des droits et libertés. Un jugement qui ferait écho à d’autres rendus par le tribunal concernant l’éducation dans la langue de la minorité ailleurs au pays. « Pourquoi doit-on toujours se rendre en Cour suprême pour l’éducation francophone ? Le coût. Vancouver détient le marché immobilier le plus dispendieux au pays. Et l’éducation, ça coûte très cher », souligne l’avocat Mark Power, qui représente le Conseil scolaire.

Poursuites multiples

Depuis la création du système d’éducation francophone provincial, en 1995, le Conseil scolaire a lui-même été impliqué dans trois poursuites. En 2010, les parents de Rose-des-Vents avaient traîné le Conseil devant les tribunaux pour remédier à la surpopulation et au sous-financement de l’école. Ce n’est que plus tard que les deux parties ont convenu de poursuivre conjointement le gouvernement à cette fin. Le Conseil poursuit actuellement Victoria dans le cas de 15 autres écoles pour les mêmes motifs.

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a décliné la demande d’entrevue du Devoir.

La province compte 71 000 francophones, dont 42 000 vivent à Vancouver et Victoria. Le réseau scolaire compte 36 écoles accueillant près de 5300 jeunes.

7 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 3 décembre 2014 06 h 06

    Mépris

    Les anglophones n'ont pas de respect pour les francophone et ils nous méprisent encore. La politique actuel est existe seulement pour éviter une révolte et pour mieux nous assimiler. l

  • Robert Beauchamp - Abonné 3 décembre 2014 09 h 09

    Pas encore eux?

    Éh bien oui. Il y a encore des Francophones qui doivent se battre encore et encore. Question: Est-ce que le Canada fait partie de l'Organisation inernationale de la Francophonie? Pourtant il y en a au moins 3 qui le savent: Haper, Couillard et Jean. (Au fait, qui est la 3e? ) En dehors de la parade, voici la réalité canadienne.
    Robert Beauchamp

  • André Nadon - Abonné 3 décembre 2014 09 h 17

    Le renard dans le poulailler!

    Harper et Couillard n'ont sûrement pas fait mention de la lutte des francophones du Canada pour faire simplement reconnaître notre langue, dans leur campagne de promotion de l'ex-représentante de la Reine d'Angleterre à la tête de l'OIF censé promouvoir le fait français dans le monde.
    Je souhaite bonne chance à nos compatriotes de la Colombie-Britannique et à l'OIF.

  • Yves Côté - Abonné 3 décembre 2014 12 h 10

    Pourquoi ?

    "Pourquoi doit-on toujours se rendre en Cour suprême pour l’éducation francophone ?"
    Mais simplement parce que les francophones qui sont seuls tolérés au Canada, sont ceux qui acceptent l'infériorité factuelle en droits de la langue française.
    Les autres sont des rebelles qui refusent, individuellement et collectivement, la docilité qui est exigée de nous, les francophones.
    Francophones de partout devant la norme canadienne uniformisante et surtout, francophones du Québec devant la norme anti-québécoise qui va de paire avec.
    Vive le Québec libre et républicain !

  • Gaston Carmichael - Inscrit 3 décembre 2014 15 h 27

    Que faisait les étudiants francos de 1867 à 1995?

    "Depuis la création du système d’éducation francophone provincial, en 1995..."

    On leur a donc nié ce service jusqu'en 1995. Manifestement, ce n'est qu'à reculons qu'on leur a accordé un service d'éducation francophone. Sur papier, cela se présente bien, mais dans le concret, cet article nous expose bien toute la mauvaise foi derrière cette concession de dernière minute.