Blaney évite le débat sur l’accès aux armes à feu

Le ministre fédéral de la Sécurité publique estime que c’est en continuant à gonfler les rangs des étudiants en génie que les femmes réussiront à panser les plaies de la tuerie de l’École polytechnique commise par un tireur misogyne il y aura bientôt 25 ans.

« Pour moi, la plus belle réponse qu’on peut faire à cet acte ignoble […] c’est de faire en sorte que les femmes choisissent la profession d’ingénieure et refusent ce discours rétrograde qui va totalement à l’encontre des valeurs canadiennes », a soutenu lundi Steven Blaney.

« Oh boy », a plus tard réagi le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, lorsqu’il a été invité à commenter les propos du ministre Blaney. « Le fait que M. Blaney puisse dire une telle sottise en dit long sur l’individu », a-t-il lâché en mêlée de presse dans le foyer de la Chambre des communes.

M. Blaney a offert cette analyse en marge d’une conférence de presse, lundi matin, lorsqu’on lui a demandé s’il avait choisi le moment approprié pour débattre d’un projet de loi visant à faciliter l’accès aux armes à feu, alors même que le 25e anniversaire de la fusillade se profile à l’horizon.

Après avoir fait part de son point de vue, il a tenu à spécifier que « plusieurs éléments » dans le projet de loi visaient en fait à « resserrer les lois entourant l’utilisation et la circulation des armes à feu, particulièrement les armes illégales ».

Le ministre Blaney a indiqué qu’il n’avait pas été invité à participer aux activités commémoratives de la tragédie, qui a fait 14 victimes, toutes des femmes. « Si j’ai des invitations qui me sont faites, je pourrai les considérer. Pour l’instant, je n’en ai pas à mon agenda », a-t-il signalé.

Le carton d’invitation pour les activités qui se dérouleront à Montréal le 6 décembre ne viendra pas, a assuré l’une des organisatrices de la journée. « C’était impossible d’inviter les gens du Parti conservateur, parce qu’ils ne correspondent pas du tout avec ce que nous avons fait depuis 25 ans [au chapitre du contrôle des armes à feu] », a déploré Sylvie Haviernick.

Vendredi dernier, des associations et institutions du génie ont uni leur voix à celles d’ex-étudiantes et diplômées de l’institution pour appeler au retrait du projet de loi C-42.