Des vétérans menacent de faire campagne contre Harper

Au lendemain du jour du Souvenir, d’anciens combattants exigent un soutien accru du fédéral.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Au lendemain du jour du Souvenir, d’anciens combattants exigent un soutien accru du fédéral.

Au lendemain des cérémonies du jour du Souvenir, d’anciens combattants somment Ottawa de joindre le geste à la parole et d’en faire plus pour les aider. Sinon, ils mèneront une campagne pour défaire les conservateurs aux prochaines élections.

Ron Clarke, qui a oeuvré 36 ans au sein des Forces armées, ne digère pas la fermeture de neuf bureaux du ministère des Anciens Combattants. Il est encore temps pour les conservateurs de faire marche arrière. Mais, s’ils ne le font pas, M. Clarke promet d’aller lui-même dans les circonscriptions visées pour y mener une campagne ABC« Anything but conservatives » (« N’importe qui sauf les conservateurs ») — comme celle menée avec succès par l’ancien premier ministre progressiste-conservateur de Terre-Neuve Danny Williams en 2008.

« Quand ils vont déclencher l’élection, je vais déclencher les hostilités », a prévenu M. Clarke mercredi. « Alors, préparez-vous, M. Fantino », a-t-il lancé au ministre des Anciens Combattants, Julian Fantino. M. Clarke estime qu’ils sont des milliers à s’indigner, comme lui, qu’Ottawa ferme leurs bureaux de services et force ainsi les anciens combattants à voyager des heures en voiture ou à passer des heures au téléphone pour poser leurs questions au ministère.

Victimes de l’équilibre budgétaire

Tourner le dos aux conservateurs n’est pas si facile pour des vétérans qui, comme M. Clarke, ont « voté bleu » toute leur vie, a fait valoir à ses côtés Mike Blais, fondateur d’un groupe de défense des anciens combattants. Mais les vétérans fulminent. Quelques organismes refusent de participer aux séances photo ou aux annonces du gouvernement tant qu’Ottawa ne bonifiera pas l’aide qu’il leur verse.

« Le ministère ne veut juste pas écouter », a déploré M. Blais, qui accuse le fédéral d’« équilibrer le budget sur le dos des anciens combattants ». Un avis partagé par M. Clarke, qui argue que ces bureaux de services ont été fermés « juste pour graisser leur budget, pour qu’ils puissent commencer à distribuer de l’argent en prévision de l’élection ».

Néodémocrates et libéraux ont promis de rouvrir les bureaux visés par les compressions conservatrices s’ils sont élus aux élections de 2015.

L’hiver dernier, le fédéral a mis la clé sous la porte de bureaux dans les Maritimes, en Ontario, dans les Prairies et en Colombie-Britannique. Quatre des établissements se trouvaient dans des circonscriptions conservatrices : à Kelowna et à Prince George en Colombie-Britannique, à Saskatoon et à Brandon au Manitoba.
 

Une porte-parole du ministre Fantino a rétorqué que le ministère des Affaires étrangères a «dépêché un fonctionnaire spécialisé dans les bureaux de Service Canada au coin de la rue».

Quant aux autres critiques des vétérans, la porte-parole Ashlee Smith a fait valoir, par courriel, que le fédéral «a investi près de 5 milliards $ depuis 2006 pour soutenir nos anciens combattants et leurs familles».

M. Blais en a contre le nouveau régime de prestations de retraite pour les vétérans blessés en service, qui serait moins généreux, selon les calculs d'associations de vétérans, que l’ancien régime de prestations à vie. En vertu de l’ancien système, un ancien combattant recevait une prestation mensuelle continue. Le nouveau régime offre plutôt un montant forfaitaire unique aux anciens combattants.

Alors qu’un vétéran de la Deuxième guerre mondiale pouvait toucher 4000 $ par mois pendant 50 ans (pour un total de 2,5 millions), un vétéran blessé sous le nouveau régime recevrait une somme forfaitaire de 250 000 $, a illustré M. Blais mercredi.

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