Les parlementaires ontariens refusent d’être «réduits au silence»

Les leaders politiques de l’Ontario ont pensé à suspendre la période de questions, mercredi, en raison de la fusillade qui a eu lieu sur la Colline parlementaire à Ottawa, mais la première ministre a affirmé qu’elle « refusait d’être réduite au silence ».

La sécurité a été renforcée dans plusieurs édifices gouvernementaux de tout le pays, mercredi, après la fusillade survenue à Ottawa.

En Ontario, les députés ont songé à suspendre la période de questions à Queen’s Park, mercredi, mais la première ministre Kathleen Wynne a affirmé qu’elle «refusait d’être réduite au silence».

«Nous croyons que ceux qui utilisent la violence pour miner la démocratie veulent nous réduire au silence, mais nous refusons de nous taire», a déclaré la première ministre en Chambre, sous un tonnerre d’applaudissements de l’opposition.

À Québec, les chefs de partis avaient tenu le même discours, et adopté la même attitude.

Un réserviste de 24 ans de Hamilton, en Ontario, qui montait la garde au Monument commémoratif de Guerre du Canada à Ottawa a été tué par un tireur qui a ensuite ouvert le feu à l’intérieur du parlement fédéral, avant d’être tué. Deux jours plus tôt, un homme récemment converti à l’islam a agressé deux militaires, dont un est décédé, avant d’être abattu par la police à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les politiciens ontariens ont observé une minute de silence en l’honneur du soldat victime du tireur, et ont poursuivi la période de questions. Les mesures de sécurité à l’Assemblée législative avaient par ailleurs été renforcées par précaution. Le directeur du service de sécurité de Queen’s Park a indiqué qu’il n’y avait aucune menace connue et que les activités se dérouleraient comme à l’habitude.

Le chef par intérim du Parti progressiste-conservateur, Jim Wilson, a par ailleurs déploré que les gardiens de sécurité à Queen’s Park ne soient pas armés. «Je suis surpris chaque fois que cette initiative est rejetée», a-t-il dit, lui qui milite pour cette mesure depuis la fusillade meurtrière à l’Assemblée nationale du Québec en 1984.

Yasir Naqvi, ministre ontarien de la Sécurité publique et des Services correctionnels, s’est dit confiant que les mesures appropriées sont en place pour assurer la sécurité à la législature. Il a ajouté que les services policiers de l’Ontario sont en mesure de gérer de telles situations. «Nos policiers, les ambulanciers et les pompiers sont entraînés et préparés pour des situations dangereuses de tout genre. Nous demandons aussi aux Ontariens de demeurer vigilants. S’ils voient ou soupçonnent toute activité, ils doivent contacter la police locale.»

D’ailleurs, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a indiqué que ses agents seraient plus visibles au cours des prochains jours autour des espaces publics et des institutions de la métropole. Des congés déjà accordés à des policiers ont même été annulés, a-t-il annoncé. Mais M. Blair a soutenu qu’il n’y avait pas de menaces précises à la sécurité publique à Toronto.

Au Nouveau-Brunswick, le sergent d’armes a rapidement ordonné mercredi que tous les édifices de l’Assemblée législative, à Fredericton, soient fermés au public.

Les législatures de la Nouvelle-Écosse et de la Colombie-Britannique ont resserré leurs mesures de contrôles, ne laissant entrer que les personnes munies d’un laissez-passer officiel. Même chose en Saskatchewan, où était livré mercredi le Discours du trône, qui ouvre la session d’automne de l’Assemblée législative. Mais la cérémonie, qui devait avoir lieu à l’extérieur, a été transportée à l’intérieur par mesure de sécurité.