«Un acte de terrorisme»

Aux Communes, Stephen Harper a qualifié de « troublantes » les informations concernant les événements survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu.
Photo: Sean Kilpatrick la presse canadienne Aux Communes, Stephen Harper a qualifié de « troublantes » les informations concernant les événements survenus à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le jeune homme qui a heurté de plein fouet deux militaires de Saint-Jean-sur-Richelieu avec sa voiture avant de s’en prendre aux policiers qui le pourchassaient « s’était radicalisé » et « était connu des organismes » de sécurité nationale, ont affirmé lundi soir les autorités, alors que se poursuivait l’enquête entourant ce que le gouvernement Harper qualifie d’« acte de terrorisme ».

L’homme abattu par des policiers de la Sûreté municipale de Saint-Jean au terme d’une course folle s’appellerait Martin Rouleau, selon certains médias. Converti à l’islam, l’homme de 25 ans aurait affirmé agir au nom d’Allah avant de rendre l’âme, criblé de balles.

« Cet individu était connu des autorités fédérales, dont notre équipe intégrée de sécurité nationale à Montréal, qui, avec d’autres autorités était [inquiète du fait] qu’il était devenu radicalisé », a précisé la Gendarmerie royale dans un courriel, alors que le Bureau du premier ministre appelait la population à faire preuve de prudence. « Comme les organismes de sécurité l’ont indiqué, les Canadiens devraient demeurer vigilants », a soutenu le directeur des communications de M. Harper, Jason MacDonald, sans confirmer l’identité du suspect.

En début d’après-midi, le gouvernement conservateur avait créé la stupéfaction en évoquant pour la première fois un « possible acte de terrorisme » intérieur contre des membres des Forces armées, en réponse à une question d’un député conservateur d’arrière-ban. Le premier ministre venait tout juste d’être informé par le commissaire de la GRC, Bob Paulson, le chef d’état-major de la Défense, Tom Lawson, et son conseiller à la sécurité nationale, Stephen Rigby, de la situation survenue à Saint-Jean-sur-Richelieu.

M. Harper s’est levé en chambre et a répondu que les informations entourant l’incident étaient « troublantes » et que le gouvernement suivait la situation de près.

Malgré tout, la SQ se faisait particulièrement prudente lundi soir. Il est « prématuré » de s’avancer sur les motifs du crime, a affirmé la porte-parole Joyce Kemp. « On est en tout début d’enquête, donc avant de pouvoir dire s’il s’agit de quelque chose de volontaire ou de délibéré, ça va prendre un certain temps », a affirmé Mme Kemp à La Presse canadienne.

Un certain Martin Rouleau — aussi appelé Ahmad Rouleau sur divers réseaux sociaux comme le site Ummaland, le « Facebook pour musulmans » — publiait fréquemment des messages évoquant la grandeur d’Allah. « Aux hypocrites, hommes et femmes, et aux mécréants, Allah a promis le feu de l’Enfer pour qu’ils y demeurent éternellement. C’est suffisant pour eux. Allah les a maudits. Et pour eux, il y aura un châtiment permanent », écrivait-il le 14 avril dernier.

Soldats blessés, conducteur abattu

Après avoir frappé les deux militaires, le conducteur du véhicule a été abattu par la police municipale qui l’avait pris en chasse. Le fuyard a fini par perdre la maîtrise de son véhicule, qui a fait plusieurs tonneaux après avoir circulé sur le boulevard du Séminaire.

L’individu serait ensuite sorti de son véhicule, armé d’un long couteau, et les policiers auraient tiré en sa direction. La SQ a confirmé son décès vers 17 h 30.

Un porte-parole de la SQ, Michel Brunet, a indiqué que le suspect est un homme de 25 ans, du secteur Iberville, à Saint-Jean. Il a précisé qu’« il était connu des policiers ».

Le ministère de la Sécurité publique a demandé à la Sûreté du Québec d’enquêter sur cette affaire impliquant le corps policier de Saint-Jean-sur-Richelieu.

L’un des deux militaires heurtés est blessé grièvement et on craint encore pour sa vie. L’autre soldat a subi des blessures plus légères.

45 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 21 octobre 2014 03 h 19

    C'est drôle quand même

    Quand quelqu'un s'en prends au canada, c'est tout de suite un acte de terrorisme, mais quand on s'en prends au premier-ministre du Québec, c'est sans doute seulement un fou isolé...deux poids, deux mesures, ah ce cher canada...

    • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 21 octobre 2014 13 h 00

      Bien dit...

      Le Québec doit se séparer du Canada le plus vite possible pour éviter des souffrances liées aux décisions prisent par un premier ministre qui ne nous représente pas.

    • Sauve stephane - Inscrit 21 octobre 2014 14 h 39

      Dans le mille !!!!

    • Mario Laprise - Abonné 21 octobre 2014 19 h 01

      Oui, ça sert fort bien les idées du sire Harper.

      On aurait laissé ce malade en liberté pour qu'il provoque un malheur qu'on n'aurait pas fait mieux.

      Facile à récuper et à monter en épingle !

      Mario Laprise
      Québec

    • Jacques Moreau - Inscrit 22 octobre 2014 00 h 07

      Celui qui s'en est pris à la Première Ministre du Québec était un ASSASIN avec une cible précise comme la Première Ministre (Exemple le gars qui a assasiné le président Lincoln). Un terroriste frappe n'importe ou pour effrayer le maximum de personnes dans un certain groupe, comme les américain, les britannique, les canadiens, les soldats, les juifs, etc....
      Je vais vous concéder que m. Harper a bien sue prendre avantage de l'incident des 2 militaires.

  • Sébastien Boisvert - Inscrit 21 octobre 2014 03 h 59

    Un fou

    Remarquez que l'attentat contre Pauline Marois au Métropolis n'a jamais été qualifié d'attentat terroriste...

    Maintenant que le mot «Islam» a été invoqué, là on parle de «terrorisme»?

    Deux poids, deux mesures?

    La seule explication possible: un sociopathe, un débile, un fou quoi!

    • Raymond Labelle - Abonné 21 octobre 2014 10 h 09

      Autre différence de traitement – on a abattu Martin Rouleau alors qu’il était seul, n’était armé que d’un couteau, qu’on était déjà loin de la scène du crime et qu’il aurait été possible de l’appréhender sans l’abattre alors que l’on a réussi à appréhender sans le blesser sérieusement M. Richard Bains, l’auteur de l’attentat contre Pauline Marois, qui était muni d’une arme à feu et qui tournait autour de la scène du crime pour faire d’autres méfaits, dont incendier les lieux.

      Bien sûr, dans cette comparaison, l'erreur, pour ne pas dire le crime, est d'avoir été trop vite ou, en tout cas excessif, sur la gâchette dans le cas de Martin Rouleau. Sept (7) coups de feu, alors qu'il n'était armé que d'un couteau. On aurait pu lui tirer dans les jambes pour ensuite l'immobiliser, quitte à encore utiliser des lacrymos. On aurait pu tenter de le raisonner alors qu'il était à une certaine distance. Oui, un type dérangé, qui aurait peut-être retrouvé ses sens après un certain temps si on ne l'avait pas tué tout de suite. C'est bien triste.

    • Jacques Morissette - Abonné 21 octobre 2014 11 h 16

      Tout cela est peut-être gonflé à bloc. Il y aura les élections fédérales l'an prochain. Le gouvernement Harper a décidé récemment de déployer des forces armées canadiennes en Irak, contre les djihadistes.

      Il se pourrait que M. Harper déclenche une campagne de propagande et de peur qui pourrait peut-être l'aider pour sa campagne électorale déjà commencé.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 octobre 2014 12 h 07

      Remarque très pertinente M. Boisvert.

    • Raymond Labelle - Abonné 21 octobre 2014 19 h 55

      M. Rouleau a foncé en voiture sur deux militaires à pied dans un stationnement de centre d'achats. De deux choses l'une:

      1- M. Rouleau a eu une impulsion lorsqu'il a vu les militaires ou

      2- M. Rouleau avait un plan: aller dans un centre d'achats près de l'école militaire: attendre que des militaires passent par là pour foncer dessus en voiture.

      Dans les deux cas, on voit bien qu'on a affaire à quelqu'un de dérangé. Dans le deuxième hypothèse, disons que l'on est loin du degré de sophistication des réseaux de vrais terroristes.

  • Denis Paquette - Abonné 21 octobre 2014 03 h 59

    Un scénario parfait

    Quel scénario parfait, même les policiers ont étés parfaits, ils ont tués l'individu de plusiers balles

  • Nicole Bernier - Inscrite 21 octobre 2014 05 h 13

    Curieux que le premier acte de terrorisme, juste après les déclarations d'Harper, soit celui d'un pure laine converti... un québécois radical...

    Si j'étais au cinéma, je dirais que les services secrets ont monté de toute pièce ce scénario pour justifier la violence gouvernementale... Ce que l'on ne voit jamais ou que l'on nous laisse jamais sentir, au cinéma, c'est la douleur de ceux qui ont la malchance d'être sur le passage de ces réalisateurs qui ne visent que le succès de leur entreprise et de ces chefs n'ayant aucun remord des blessés et des morts qu'ils laissent au passage de la poursuite de leurs objectifs...

    Cela me fait aussi pensé à la mort du Président Kennedy, car le scénario sera à l’opposer, au lieu de miser sur la corruption américaine qui avait investi contre les décisions du président, dans le temps, on a misé sur la folie de l’individu… Cette fois, on va utiliser la folie de l’individu pour s’en prendre à toute une communauté…

    Pour moi, un tel geste ne peut être qu’enraciné dans un fort déséquilibre émotionnel, n’est que le résultat d’un environnement beaucoup trop axé dans les réseaux sociaux déconnectés de la réalité… Rien au Canada ne justifie un tel geste… Par contre, on reconnaît la stratégie israélienne d’utiliser les réseaux sociaux pour déclencher des conflits sociaux, une stratégie qu’Harper a reconnue comme une de ses stratégies politiques.

    • Nicole Bernier - Inscrite 21 octobre 2014 08 h 14


      Il faut que les Québécois voit le danger que représente Harper, il faut que les Québécois s'unissent et voit la force qu'ils représentent pour envoyer un message clair qu'Ils sont prêt à s'unir derrière n'importe quel politicien au fédéral qui aura suffisamment de force pour renverser Harper avec leur appui... Pour moi, Harper est une vraie bombe à retardement, à cause de son haut niveau d'habiletés à manipuler la démocratie canadienne à tous les niveaux à la fois, la même stratégie mise de l'avant par Ben Gourion, fondateur d’Israël...

      Il faut que les Québécois décident de laisser tomber, seulement pour les prochaines élections, toute leur animosité contre la planète entière, pour faire front commun contre le plus grave danger auquel ils ont dû faire face depuis la conquête ...

      Il faut arrêter de voir les gestes d’Harper de manière isolée, il y a une cohérence extraordinaire entre les gestes qu’ils posent pour transformer le Canada dans une direction qu’historiquement les Québécois ont toujours refusé de soutenir… Comme nous sommes encore sous cette juridiction, il ne faut pas attendre d’être obligé, par la conscription, d’envoyer nos enfants à la guerre pour enrichir les petits amis d’Harper.

    • Guy Vanier - Inscrit 21 octobre 2014 10 h 35

      Oui, oui,
      Dehors harper le plutôt possible.
      Je crois que notre chance va venir bientôt. Il n'attendra pas la date prévue, le vote va être devancer pour éviter le prochaine récession qui arrive a grands pas.
      Votons stratégique, même pour un petit cochon rose.

  • Marcel Lemieux - Inscrit 21 octobre 2014 06 h 28

    Probablement un fort déséquilibre émotionel de cet individu semblable à celui qui
    créa l'émoi au Métropolis le soir de l'élection de Mme Marois. Dans les deux crier au
    terrorisme se résume en une campagne de peur. Dans celui du Métropolis la situation est évidente le monsieur est dérangé émotionnellement, celui d'hier l'enquête suivra.



    Marcel Lemieux