Une ex-employée du NPD forcée de mener une bataille juridique

Manon Perreault
Photo: Facebook Manon Perreault

D’ici « quelques jours », une employée du NPD ira une deuxième fois devant la Cour fédérale pour récupérer son poste après avoir été congédiée à tort par une députée québécoise du parti. Un arbitre a ordonné au NPD en mars dernier de réembaucher la salariée. Mais cinq mois plus tard, Danielle Bédard attend toujours.

« La prochaine étape, ça va être la requête en outrage au tribunal », a prévenu Mme Bédard, en entretien téléphonique avec Le Devoir jeudi. « C’est une question de jours à peine. On est en train de préparer les choses », a prévenu l’ancienne employée de la députée de Montcalm dans Lanaudière, Manon Perreault.

Au printemps 2012, Mme Bédard a été licenciée par Mme Perreault. Début mars 2014, une sentence arbitrale déclarait ce congédiement « nul et non avenu » et ordonnait la réintégration de l’employée de même que sa rémunération rétroactive et le retour de ses avantages sociaux. Sans nouvelle du NPD tout au long de l’été, Danielle Bédard — qui est avocate — s’est tournée vers la Cour fédérale il y a deux semaines et le tribunal a ordonné de respecter cette décision. Depuis, rien.

Ignorée par Mulcair

Mme Bédard se désole en outre d’avoir été ignorée par le bureau du chef Thomas Mulcair. Ses appels sont restés sans réponse, dit-elle. Et lors d’une visite au bureau montréalais de M. Mulcair pour discuter de ses soucis, « on a été très très mal traités », relate Mme Bédard, qui se serait fait dire d’appeler son syndicat.

Or ce syndicat, l’employée le critique également. Lorsqu’elle a déposé un grief, « ça a pris une éternité », déplore-t-elle. Ceux qui représentent les syndiqués du NPD — seul parti fédéral syndiqué — sont des employés. Un pépin syndical attirera une mauvaise presse au parti. « Alors jusqu’à quel point un représentant ou le syndicat est-il prêt à défendre le travailleur quand il se trouve qu’en défendant le travailleur, tu le fais au détriment du parti politique ? », a-t-elle questionné.

Le bureau de Thomas Mulcair a rétorqué jeudi que l’employeur en cause est Manon Perreault, et non le NPD. « Les députés demeurent les employeurs individuels de leur équipe », a rétorqué une porte-parole, en rappelant que « Manon Perreault ne fait plus partie de notre caucus ». La réintégration de Mme Bédard relèverait donc de Mme Perreault, a-t-on indiqué.

La sentence arbitrale cite toutefois « le caucus fédéral du Nouveau Parti démocratique » et Unifor comme parties employeur et syndicale dans cette affaire.

Mme Bédard avait été accusée à tort par la députée Perreault d’avoir volé du matériel de bureau. Cette fausse déclaration auprès de la police de Mascouche a mené à une enquête sur un vol qui n’a jamais été commis, et on a déposé des accusations criminelles contre la députée. Elle a immédiatement été suspendue du caucus néodémocrate.

La députée fait en outre l’objet d’une enquête de la Gendarmerie royale du Canada sur ses allocations de dépenses. Le corps policier se pencherait aussi sur le travail du frère de Mme Perreault. La députée est handicapée et se déplace en fauteuil roulant. Elle a obtenu une permission spéciale des Communes pour engager son frère comme assistant. Des néodémocrates dans Lanaudière ont mis en doute la charge de travail de celui-ci et allégué qu’il n’accompagnait pas toujours Mme Perreault.


 
1 commentaire
  • Pierre Bergevin - Inscrit 10 octobre 2014 10 h 12

    Erreur ???

    Je crois que la photo affichée est celle de Madame Perreault...