Les libéraux de Trudeau dominent au Québec

La vigueur renouvelée de la « marque libérale » permet au PLC de Justin Trudeau de devancer le NPD.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne La vigueur renouvelée de la « marque libérale » permet au PLC de Justin Trudeau de devancer le NPD.

Le retour en force de la marque de commerce libérale dans tout le Canada profite aux troupes de Justin Trudeau, qui devancent désormais le Nouveau Parti démocratique (NPD) de 10 points au Québec.

Une lutte à trois très serrée se dessine au Québec — et dans l’ensemble du Canada — à un an du déclenchement probable des élections fédérales. Le Parti libéral du Canada (PLC) de Justin Trudeau amasse 39 % des intentions de vote au Québec, 10 points devant le NPD de Thomas Mulcair, révèle un sondage de Léger Marketing réalisé pour Le Devoir.

Le Bloc québécois peut brouiller les cartes avec un appui de 16 % qui grimpe à 21 % chez les électeurs francophones. En ralliant un francophone sur cinq, le parti souverainiste de Mario Beaulieu doit miser en bonne partie sur la division du vote fédéraliste pour faire des gains.

Le sondage, mené du 22 au 25 septembre auprès de 1000 internautes, confirme une fois de plus la marginalisation du Parti conservateur au Québec, avec à peine 12 % des intentions de vote (y compris chez les francophones). Le ministre Denis Lebel, lieutenant québécois de Stephen Harper, a fait une grande tournée du Québec cet été pour répandre la bonne nouvelle conservatrice. Il a échoué à freiner l’effet Justin Trudeau.

« La marque libérale, qui avait été ternie par les scandales au fil des ans, est redevenue forte au Canada, tant dans les provinces qu’au fédéral », analyse Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing.

Les libéraux ont remporté les cinq élections provinciales déclenchées depuis le printemps 2013 au Canada, y compris celle de la semaine dernière au Nouveau-Brunswick. Six des dix provinces représentant la vaste majorité de la population canadienne sont dirigées par des gouvernements libéraux, dont le Québec, l’Ontario, la Colombie-Britannique, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard.

Au Québec, la lune de miel se poursuit entre les électeurs et le gouvernement de Philippe Couillard malgré la douloureuse révision des programmes de l’État, a révélé samedi Le Devoir. Le Parti libéral du Québec (PLQ) devance la Coalition avenir Québec (CAQ) de 10 points (38 % à 28 %). Le Parti québécois, sans chef depuis sa défaite historique d’avril dernier, suit loin derrière avec 21 % des intentions de vote.

La bataille du Québec

Le retour de la marque libérale dans les bonnes grâces des Québécois — et des Canadiens — représente une occasion en or pour Justin Trudeau, qui peut faire des gains au Québec, comme l’indique notre sondage Léger. Le parti de Trudeau a gagné cinq points au Québec depuis juin dernier, tandis que le NPD de Thomas Mulcair en a perdu cinq.

M. Mulcair, chef de l’opposition à Ottawa, n’a cependant pas dit son dernier mot, malgré la popularité indéniable de Justin Trudeau : 29 % des Québécois considèrent qu’il ferait le meilleur premier ministre, comparé à 26 % pour le chef libéral et à peine 11 % pour Stephen Harper. Le chef du NPD est plus populaire que Justin Trudeau auprès de l’électorat autre que libéral : 48 % des péquistes, 36 % des caquistes et 43 % des partisans de Québec solidaire jugent que M. Mulcair ferait le meilleur premier ministre.

« Thomas Mulcair porte le NPD à bout de bras », estime Jean-Marc Léger. Le chef néodémocrate doit démontrer que la vague orange de mai 2011, qui a accordé au NPD 59 des 75 sièges du Québec à la Chambre des communes, était davantage qu’un coup de coeur pour le défunt Jack Layton. La crédibilité de plusieurs députés néodémocrates, qui étaient des « poteaux » en 2011, reste à démontrer.

Chose certaine, les conservateurs de Stephen Harper ne semblent pas dans la course au Québec. Plus de sept électeurs sur dix (72 %) disent être insatisfaits du gouvernement. Les conservateurs sont moins impopulaires dans la région de Québec, où le taux d’insatisfaction est de 58 %. À Montréal, 75 % des électeurs sont insatisfaits du gouvernement Harper, probablement à cause de l’insistance du ministre Denis Lebel à imposer un péage sur le futur pont Champlain.



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