Le procès Duffy aura lieu avant les élections

Stephen Harper n’y échappera pas. Le procès de son sénateur Mike Duffy se mettra en branle dès le printemps — soit assurément avant la prochaine élection fédérale prévue en octobre 2015. Et les audiences fort attendues s’étireront sur huit semaines.

L’avocat de M. Duffy et la Couronne ont convenu mardi, au tribunal d’Ottawa de la Cour de justice de l’Ontario, de tenir le procès du sénateur conservateur du 7 avril au 12 mai, puis du 1er au 19 juin. Quarante et un jours d’audiences ont été prévus pour éplucher les 31 chefs d’accusation de fraude, d’abus de confiance et de corruption déposés contre M. Duffy — notamment les détails de l’entente secrète qu’il a convenue avec l’ancien chef de cabinet du premier ministre, Nigel Wright.

Autant de jours au terme desquels les nouvelles du soir relaieront les révélations entendues au tribunal. Et cela, quelques semaines après le dépôt du prochain budget conservateur, qui en sera un à l’encre noire — document qui tombe en général fin février ou début mars —, et quelques mois avant l’élection, qui pourrait en outre être précédée du verdict final.

L’avocat de M. Duffy, Donald Bayne, s’est présenté en cour sans son client mardi et a annoncé que le sénateur plaiderait non coupable. « Comme nous le disons depuis le début, nous sommes persuadés que la preuve démontrera que le sénateur Duffy est innocent de ces accusations criminelles », a fait valoir Me Bayne à sa sortie du palais de justice.

Harper dispensé de témoigner ?

La semaine dernière, Me Bayne avait indiqué que le premier ministre pourrait bien faire partie des témoins appelés à comparaître au procès fort attendu de son client. D’autres hauts placés du gouvernement, comme l’ancienne leader conservatrice au Sénat Marjory LeBreton et de ses collègues, ou des employés du bureau du premier ministre — notamment Nigel Wright— pourraient aussi être convoqués.

Stephen Harper et ses sénateurs pourraient cependant aisément refuser de témoigner en invoquant le privilège parlementaire qui les exempte de l’obligation de comparaître comme témoin devant un tribunal lorsque la Chambre siège, de même que lors d’une prorogation. Reste à voir si la cour accepterait une telle immunité ou si elle la porterait en appel.

Le premier ministre a maintes fois soutenu qu’il ne savait rien de l’entente convenue entre MM. Duffy et Wright. Son bureau répète sans relâche que M. Harper n’aurait ainsi rien à apporter au procès en y témoignant.