Stephen Harper appelé à témoigner avant les élections?

L’opposition craint que le premier ministre Stephen Harper se serve de son privilège parlementaire pour éviter de témoigner au procès du sénateur Mike Duffy.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne L’opposition craint que le premier ministre Stephen Harper se serve de son privilège parlementaire pour éviter de témoigner au procès du sénateur Mike Duffy.

Le sénateur déchu Mike Duffy n’a pas fini de hanter son ex-patron Stephen Harper. L’avocat de M. Duffy n’exclut pas de sommer le premier ministre à témoigner dans le cadre du procès fort attendu de son client.

Le dénouement du scandale qui a secoué le Sénat l’an dernier pourrait d’ailleurs se mettre en branle avant l’élection fédérale prévue en octobre 2015. « Absolument », a confirmé l’avocat de M. Duffy à sa sortie du palais de justice d’Ottawa mardi. L’avocat renoncera à l’audience préliminaire de son client et est en pourparlers avec la Couronne afin que « le procès ait lieu le plus rapidement possible ». Me Bayne et la Couronne ont convenu de revenir en cour mardi prochain pour fixer la date du début des audiences, qui pourraient s’échelonner sur six à huit semaines selon l’avocat.

Pas dit son dernier mot

« Ce sera la première occasion pour le sénateur Duffy de voir toute la preuve épluchée devant un tribunal impartial et l’occasion pour lui de rétablir sa réputation, de démontrer qu’il n’est pas coupable », a fait valoir Me Bayne, qui s’est présenté en cour sans son client qui a été accusé de fraude, d’abus de confiance et de corruption en juillet. « La santé de M. Duffy est un facteur dans tout ça […] sa santé physique et émotive et mentale », a ajouté l’avocat, rappelant pour expliquer son empressement que le sénateur a subi deux opérations à coeur ouvert.

Alors que la Chambre haute s’apprêtait à l’expulser l’automne dernier, Mike Duffy avait prévenu qu’il n’avait pas dit son dernier mot. Notamment quant à l’ampleur du stratagème mis en place par Nigel Wright pour l’épargner des enquêtes sur ses dépenses illégitimes, en vertu duquel M. Wright lui offrirait un chèque de 90 000 $ pour rembourser le Sénat. Les avocats du bureau du premier ministre et du Parti conservateur auraient été au fait de l’entente secrète. Me Bayne avait de son côté annoncé que ce n’était « que la pointe de l’iceberg ».

La question sur toutes les lèvres à Ottawa, depuis, est de savoir si le premier ministre lui-même pourrait être appelé à comparaître pour préciser ce qu’il savait des gestes posés par son chef de cabinet de l’époque. « Nous envisageons tout témoin potentiel, à ce moment-ci. Il est trop tôt pour écarter quoi que ce soit », a laissé planer Me Bayne. « Mais s’il vous plaît, comprenez que tout ceci n’est pas mené comme une vendetta personnelle ou politique », a-t-il insisté.

M. Harper, lui, acceptera-t-il de témoigner, ou plaidera-t-il le privilège parlementaire pour s’en tirer, lui a demandé Thomas Mulcair au Parlement. « Si on lit le rapport de l’enquêteur, il n’y a absolument aucune raison de croire que je ferais cela [témoigner] », a rétorqué le premier ministre, en faisant allusion à un document de la GRC statuant que M. Wright a agi « sans le consentement écrit du chef du gouvernement ».

« Comme d’habitude, refus total de répondre, a déploré M. Mulcair. J’interprète cela comme un faux-fuyant pour éviter de se présenter [en cour]. » Justin Trudeau a tiré la même conclusion, affirmant que « ça me surprendrait énormément » de voir M. Harper comparaître en cour. « Mais on peut toujours espérer. »

2 commentaires
  • Cyr Guillaume - Inscrit 17 septembre 2014 00 h 49

    Si il n'à rien à caché, qu'il se montre!

    Et qu'il prouve qu'il est honnête! Mais bon ce serais surement trop demandé à son égo.

  • Danielle Caron - Inscrite 17 septembre 2014 13 h 03

    Sûr et certain

    Bien entendu qu'il va se servir de son privilège parlementaire. Il a bien trop à cacher, ce type.