La congestion routière au centre des préoccupations

Malgré un réseau de transport en commun bien établi, la ville connaît de graves problèmes de circulation.
Photo: Peter Spiro Malgré un réseau de transport en commun bien établi, la ville connaît de graves problèmes de circulation.

Les Torontois en ont ras-le-bol. Pas des scandales de corruption. Pas même des frasques du maire. C’est le transport en commun et les éternels bouchons de circulation qui constituent le véritable enjeu de la présente campagne électorale.

Et pour cause : le Grand Toronto serait, tout juste derrière Vancouver, la pire agglomération canadienne en matière de congestion routière. Les bouchons de circulation sont légion, le matin comme le soir. Et le réseau de transport en commun complexe — comprenant tramway, métro, autobus et train de banlieue — ne suffit tout simplement plus. La congestion coûterait plus de 6 milliards à la région annuellement, selon la chambre de commerce.

Un problème de taille parvenu — une fois n’est pas coutume — à rallier tant les résidants des banlieues que ceux du centre-ville, souligne le politologue Alexandre Brassard, du collège Glendon de l’Université York. « C’est un enjeu qui touche tout le monde, et qui frappe l’imaginaire. Chacun des candidats y va de son propre plan, de sa propre solution », souligne-t-il.

John Tory créerait ainsi un réseau de trains léger appelé SmartTrack de 53 kilomètres, évalué à 8 milliards. Olivia Chow préconise plutôt une expansion immédiate du réseau d’autobus, en plus de la construction d’une nouvelle ligne de métro au centre-ville afin de désengorger les autres. Quant à Rob Ford, c’est majoritairement dans les banlieues comme Scarborough qu’il aurait concentré ses actions. Reste à savoir si Doug Ford fera sienne la plateforme électorale de son frère, ou s’il profitera des six semaines avant le scrutin pour se distinguer de son frangin.

Le problème, c’est que le conseil municipal de Toronto n’est pas le seul à avoir son mot à dire sur le développement du transport en commun. Comme à Montréal, une agence provinciale, Metrolinx, chapeaute les initiatives des différentes localités. Tout un casse-tête logistique. « Toronto insiste pour avoir son propre programme, ses propres projets ; la Ville a changé d’avis une multitude de fois, mais demande à la province de payer une bonne partie de la facture. La province hésite à imposer sa vision à la ville », résume André Côté, économiste à l’Université de Toronto. Le futur maire de la Ville reine aura du pain sur la planche.