Le NPD veut voir le DPP se pencher sur le cas Nigel Wright

Nigel Wright aurait remis le chèque de 90 000 $ qui aurait servi à rembourser les dépenses injustifiées du sénateur Mike Duffy.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Nigel Wright aurait remis le chèque de 90 000 $ qui aurait servi à rembourser les dépenses injustifiées du sénateur Mike Duffy.

Comment se fait-il que Mike Duffy ait été accusé d’avoir accepté les 90 000 $ de Nigel Wright, mais que ce dernier se sorte indemne de l’enquête de la GRC sur cette entente secrète qu’il a conclue avec l’ex-sénateur ? Le NPD se pose la question et exhorte le directeur des poursuites pénales de s’en mêler.

 

La Gendarmerie royale du Canada a déposé cet été 31 chefs d’accusation contre Mike Duffy — pour fraude, abus de confiance et corruption —, lui reprochant notamment d’avoir encaissé le chèque que lui a offert Nigel Wright en 2013 pour qu’il rembourse ses dépenses injustifiées au Sénat. L’ancien chef de cabinet de Stephen Harper n’a pas fait l’objet d’accusations. « La preuve recueillie ne justifie pas le dépôt d’accusations criminelles contre M. Wright », a expliqué la GRC.

 

Loi sur le Parlement

 

Les néodémocrates se sont bien gardés mardi de critiquer le travail de la police. Mais la Loi sur le Parlement du Canada — dont est responsable le directeur des poursuites pénales (DPP) — stipule qu’il est illégal d’offrir ou de promettre à un sénateur une rémunération pour une affaire ayant trait au Sénat, a souligné le député Charlie Angus dans une lettre envoyée au DPP. « À mes yeux, on dirait que [cette affaire] tombe sous la gouverne de la Loi sur le Parlement du Canada », a-t-il affirmé en point de presse. Pourtant, la GRC n’a pas consulté le DPP, dit-il. M. Angus lui demande donc d’étudier les preuves recueillies par la GRC afin de vérifier s’il y a matière à déposer de nouvelles accusations en vertu de cette loi, et de rendre publics les résultats de ses délibérations.

 

« Il y a encore beaucoup de points d’interrogation, a fait valoir sa collègue Françoise Boivin. Et il nous semble qu’il faudrait qu’on réponde à celui-là le plus rapidement possible. »

 

Une série de documents de cour déposés par la GRC ont révélé, l’an dernier, que Nigel Wright aurait averti une poignée d’employés du bureau du premier ministre qu’il verserait lui-même un chèque à Mike Duffy pour lui permettre de rembourser le Sénat.

 

Les néodémocrates veulent que le DPP se penche à son tour sur cette affaire, afin de déterminer notamment si Nigel Wright ou ses collègues doivent aussi faire l’objet d’accusations. « Ça ne veut pas dire que Nigel Wright serait forcément accusé. Mais au moins, on pourra dire que le travail a été fait », a fait valoir la députée Françoise Boivin.

 

Le bureau du directeur des poursuites pénales a confirmé avoir reçu la demande de M. Angus et a indiqué qu’il « y répondra en temps voulu ». « Le Service des poursuites pénales n’est pas un organisme d’enquête, et ne porte pas d’accusations dans les affaires pour lesquelles il intente des poursuites. Ces responsabilités incombent aux organismes d’application de la loi », a plaidé une porte-parole. La demande du NPD pourrait ainsi s’avérer vaine.

 

Le scandale Duffy-Wright n’a cependant pas fini de faire parler de lui. Mike Duffy est attendu en cour mardi prochain.