Ottawa consacre 20 millions à la lutte contre le mariage forcé

Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi une nouvelle étape dans ses efforts pour s’attaquer aux mariages forcés. En conférence de presse à Montréal, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a annoncé que le Canada allait remettre 20 millions de dollars sur deux ans à un projet de l’UNICEF qui cible six pays.

L’UNICEF souhaite accélérer la lutte contre le mariage des enfants au Bangladesh, au Burkina Faso, en Éthiopie, au Ghana, au Yémen et en Zambie. L’agence affiliée à l’ONU doit fournir de l’aide politique et renforcer les programmes dans ces pays.

« Il s’agit d’endroits où l’UNICEF est active et où nous estimons avoir un environnement approprié pour possiblement obtenir du succès », a exprimé M. Baird.

Le ministre a souligné que des filles aussi jeunes que neuf ans sont forcées de se marier. « La triste réalité est que chaque jour, plus de 38 000 filles sont contraintes au mariage », a-t-il dit, parlant d’un problème complexe et répandu qui requiert des actions à l’échelle mondiale.

« On évalue qu’un nombre renversant de 14 millions de filles sont mariées chaque année avant l’âge de 18 ans — cela signifie qu’une fille sur trois parmi les pays développés est mariée avant son 18e anniversaire de naissance et une sur neuf avant l’âge de 15 ans », a-t-il évoqué.

M. Baird a fait cette annonce dans un centre de conditionnement physique de Montréal alors que de jeunes filles pratiquaient leur routine de gymnastique tout près. Il a déclaré que la pratique « troublante » des mariages forcés constituait une violation des droits de la personne, qui nuit aussi au développement économique.

Il a ajouté que le mariage précoce touchait tout le monde : « les filles, leurs collectivités et leurs pays ».

« Les mariages précoces et forcés compromettent la vie et l’avenir des jeunes filles,a fait valoir le ministre, qui fait la promotion de l’initiative depuis trois ans. [La pratique] est néfaste pour ces filles, pour les pays dans lesquels elles vivent et n’est pas en phase avec les valeurs canadiennes. »

M. Baird a rappelé qu’il avait annoncé l’automne dernier un montant additionnel de 5 millions pour s’attaquer aux causes des mariages précoces et forcés à travers le monde. « Nous avons déjà soutenu des projets en Afghanistan, en Éthiopie, au Ghana, en Somalie et au Zimbabwe et nos contributions à l’UNICEF représentent la prochaine étape de notre campagne », a-t-il soutenu devant les médias.

M. Baird s’est aussi fait questionner sur les mariages arrangés de jeunes filles au Canada. Il a reconnu que la pratique était plus présente que ce que les gens peuvent croire, tout en ajoutant que deux de ses collègues fédéraux travaillaient sur le problème.

M. Baird a précisé que la ministre de la Condition féminine, Kellie Leitch, et le ministre de la Justice, Peter MacKay, auraient plus à dire sur ce que le Canada peut faire pour contrer la pratique au pays.

« Nous voulons nous assurer qu’aucune jeune fille au Canada n’est la victime d’un mariage précoce et forcé, a-t-il affirmé. Alors, nous allons nous manifester sous peu pour discuter davantage sur ce qui peut être fait au Canada. »

Le directeur de l’UNICEF, Anthony Lake, a pour sa part affirmé que le mariage précoce « prive les filles de leur droit de prendre leurs décisions d’elles-mêmes et de déterminer leur avenir ». [...] « Les filles qui se marient moins jeunes fréquentent l’école plus longtemps, ont des enfants plus tard et ont de meilleures possibilités d’atteindre leur plein potentiel ».

12 commentaires
  • Pierre Lachance - Inscrit 4 juillet 2014 23 h 05

    100% d'accord

    Pour une fois que j'appui a 100% le gouvernement de Canada

    • André Michaud - Inscrit 5 juillet 2014 15 h 32

      Je suis certains que tous les canadiens approuvent cette juste cause..

  • Danielle Houle - Inscrite 5 juillet 2014 08 h 31

    Quel paradoxe

    D'une part, on est prêt à consacrer 20 millions de dollars pour empêcher les marriages forcés dans les autres pays "reculés". De l'autre part, au QUébec on veut passer une loi qui ferait en sorte que les couples vivant en union de fait seraient assujettis aux mêmes lois, droits et obligations que les couples mariés. Bref on veut marier les couples qui ne le sont pas légalement. Ça ressemble au marriage forcé. Est-ce qu'Ottawa pourrait nous envoyer le 20 millions de dollars directement SVP ?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 7 juillet 2014 09 h 43

      Franchement! - aucun rapport, aucune comparaison possible.

      Dans un cas c'est une question de droits humains fondamentaux qui, entre autres font partie de la charte de l'ONU, et se terminent souvent dans le sang; dans l'autre c'est une affaire d'argent pour des gens plutôt à l'aise une affaire très personnelle.

  • Francois Parent - Inscrit 5 juillet 2014 09 h 04

    Hé, Ho

    Un instant. 20 millions dollards des contribuables vont aller au Bengladesh et autres coins du monde. C'est quoi ce gaspillage ? On coupe dans nos pragrammer sociaux et va dire aux autres quoi faire. Cela nous regarde pas ce qui passe ailleurs. On ne peut changer personne à part soi même.

  • Nicole Moreau - Inscrite 5 juillet 2014 10 h 58

    Agir à l'étranger mais aussi au pays pour en finir avec cette tradition

    ça me semble très important de le faire, je me souviens avoir été alertée en 2007 parce que certaines jeunes filles de Montréal, nées dans des familles immigrantes du sous-continent indien, se rebellaient contre l'obligation que leur faisait leur famille de se marier avec un homme qu'elles n'avaient pas choisi. De plus, en Ontario, les chiffres de la GRC (sans doute sous-estimés comme souvent peuvent l'être d'autres choses délicates, comme les agressions sexuelles) estimaient qu'il y avait plus de 200 cas annuellement.

    on ne peut laisser passer cela, il s'agit d'une atteinte sérieuse aux droits des femmes.

  • Robert Beauchamp - Abonné 5 juillet 2014 11 h 05

    En phase avec la terre d'accueil

    La citoyenneté ne devrait pas êttre accordée sur le seul fait de réussir un examen théorique. Il devrait être octroyé sur une base probatoire de dix ans. Forcer un mariage, imposer au système de santé une surcharge en pratiquant des avortements sélectifs et discriminatoires en fonction du choix du sexe, toute fausse déclaration signée au moment de l'accueil, commettre un crime entraînant l'emprisonnement; tous ces motifs devraient être suffisants pour suspendre le privilège de citoyenneté avec les conséquences. On n'a pas à dépenser un sou de plus pour éduquer les délinquants étrangers qui ont trahi notre confiance.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 6 juillet 2014 12 h 50

      Est-ce un affaire de citioyenneté?

      Dans un pays d'accueil, dépister les contrevenants dans ce genre de crimes où tout se fait dans l'ombre, le silence. Oui, c'est bien ici qu'on devrait mettre de l'argent, que ce soit pour la formation des policiiers, l'aide aux jeunes filles issues de ces mileux, etc.

      On ne devrait pas dépenser pour éduquer les délinquants étrangers dites-vous, mais là n'est pas le problème: ces bons pères souvent habiles, bien nantis et ayant commerce sur rue, et qui au Québec viendront accroître la proportion de francophones dans quelques décennies, c'est ce qu'on croit, et puis ils n'ont vraiment pas le profil de criminels. La piilule de vérité n'existe toujours pas.

      Il y a eu l'affaire Schafia, mais combien d'autres méconnues? Friande de documentaire judiciaires, j'ai été frappée par le cas d'une jeune femme d'origine indienne, mariée ici avec un homme qu'elle n'avait jamais rencontré, mariage et voyage que sa famille avait défrayé outrageusement. Mais l'époux était un hadicappé intellectuel léger, sans éducation, totalement soumis à son père qui tenait commerce. Celle ci tomba enceinte, devint l'employée sans salaire du père qui tentat d'abuser d'elle sexuellement. Comme elle refusait, que les relations n'étaient pas à son goût, il l'assassinat, se blessant pour faire croire à un vol raté. Mais rien ne concordait et il y avait la famille là-bas... Il fut arrêté, accusé puis condamné. Son fils perdit son père sa femme et son enfant, et n'y commprenant rien tomba dans la drogue et se suicidait peu après.

      C'est juste un cas. Certains se souviennent peut-être de cette jeune fille venant aussi de l'Inde amoureuse d'un autre étudiant, et qui se suicida dans le métro pour ne pas aller en Inde se marier à un étranger. Les intervenants avaient alors témoigné de leur désarois devant ce genre d'affaire, et apparemment, on y verrait. Est-ce le bien le cas?