Plus de pays se partageront la même cagnotte

Le gouvernement Harper a fait passer de 20 à 25 le nombre de pays qui bénéficieront de son aide humanitaire sans pour autant injecter de nouvelles sommes d’argent.

 

Cette année, les Philippines, la Birmanie, la Mongolie, le Burkina Faso, le Bénin, la République démocratique du Congo (RDC) et la Jordanie seront ajoutés à la liste des pays en développement ciblés.

 

Le Pakistan et la Bolivie ont pour leur part été exclus de la version précédente de cette liste, qui avait été restreinte à 20 nations en 2009. Le Canada s’était alors attiré des critiques en supprimant l’aide à plusieurs bénéficiaires du continent africain. La nouvelle liste en compte donc trois, dont la RDC, où le recours au viol comme arme de guerre a été dénoncé par plusieurs pays.

 

0,03 % du PIB

 

Le mois dernier, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, avait exhorté Ottawa et ses alliés occidentaux à faire passer le ratio de leur aide financière aux pays en développement à 0,7 % de leur produit intérieur brut (PIB) respectif. Le Canada y consacre actuellement moins de 0,3 % de son PIB.

 

En entrevue avec La Presse canadienne, le ministre du Développement international, Christian Paradis, a précisé que le gouvernement reverrait la répartition des sommes existantes pour se concentrer sur certaines priorités tout en mettant sur pied de nouvelles mesures afin de s’assurer que cet argent est dépensé de façon adéquate.

 

M. Paradis a ajouté qu’Ottawa tâcherait également de conclure des partenariats avec le secteur privé afin d’investir davantage en aide internationale. « Nous croyons pouvoir débloquer de l’argent qui dort dans les coffres des investisseurs privés et des philanthropes. Nous devons être proactifs », a indiqué le ministre.

 

Le Canada a décidé d’exclure de sa liste de bénéficiaires le Pakistan, un pays à partir duquel al-Qaïda a mené de nombreuses attaques contre les troupes canadiennes qui étaient en mission dans le pays voisin, l’Afghanistan. « Il ne s’agit plus d’une priorité car il y a beaucoup d’instabilité, d’immenses enjeux sécuritaires, et nous croyons qu’actuellement, en raison de ces circonstances, nous pouvons nous concentrer sur d’autres endroits où nous pouvons véritablement faire une différence, a dit le ministre Paradis. Nous voulons nous concentrer sur les résultats. »