Prostitution : les activités sont illégales parce que néfastes, dit Harper

Stephen Harper a reçu lundi la visite de son homologue australien, Tony Abbott.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wylde Stephen Harper a reçu lundi la visite de son homologue australien, Tony Abbott.

Dans sa première sortie depuis le dépôt du projet de loi encadrant la prostitution au Canada, le premier ministre Stephen Harper a soutenu que cette pratique était mauvaise en soi et que sa criminalisation partielle n’en était pas la cause.

 

« La raison pour laquelle certaines des activités autour de la prostitution sont illégales, c’est parce qu’elles sont mauvaises pour les femmes, pour les prostituées, pour la société. Elles ne sont pas mauvaises parce qu’elles sont illégales. Elles sont illégales parce qu’elles sont mauvaises dans leurs effets », a déclaré M. Harper à l’occasion d’une conférence de presse commune à l’occasion de la visite de son homologue australien Tony Abbott.

 

Marijuana

 

M. Harper avait utilisé cette même formule en 2010 pour justifier son refus de légaliser la marijuana. Dans une entrevue accordée au site YouTube, il avait soutenu que l’argumentaire des tenants de la légalisation « s’appuie sur l’hypothèse que les drogues sont mauvaises parce qu’elles sont illégales. Mais ce n’est pas ça. La raison pour laquelle les drogues sont illégales est parce qu’elles sont mauvaises. »

 

Le projet de loi C-36 encadrant la prostitution a été à tort présenté comme une version canadienne du modèle nordique. Dans les faits, il est beaucoup moins permissif. Les clients sont certes criminalisés, mais les prostituées le sont aussi si elles arrêtent ou tentent d’arrêter des véhicules pour offrir leurs services, si elles bloquent la circulation en le faisant, ou si elles sollicitent des clients dans un endroit où il est raisonnable de trouver des mineurs. La publicité de services sexuels n’est plus permise.

 

Les partisans de la légalisation pensent que ce projet de loi ne réussira pas le test établi par la Cour suprême dans son jugement Bedford. La Cour a statué que le gouvernement ne peut encadrer la prostitution de manière telle qu’il obligerait les prostituées à adopter des comportements dangereux pour leur sécurité. Le ministre de la Justice, Peter MacKay, a refusé de soumettre de manière préventive C-36 au tribunal.

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