Stephen Harper rend hommage aux anciens combattants

Le premier ministre Stephen Harper s’entretient avec un ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale lors d’une visite à Juno Beach, vendredi.
Photo: Agence France-Presse (photo) Jean-François Monier Le premier ministre Stephen Harper s’entretient avec un ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale lors d’une visite à Juno Beach, vendredi.

Courseulle-sur-mer, France — Les tractations politiques ont partiellement éclipsé la cérémonie de commémoration des événements historiques qui se sont joués sur les plages de la Normandie le 6 juin 1944.

 

Les nombreux dignitaires présents en sol français pour souligner le 70e anniversaire du débarquement devaient composer avec la présence du président russe, Vladimir Poutine, que certains dirigeants accusent d’alimenter les tensions entre son pays et l’Ukraine.

 

En matinée, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a mangé à la même table que l’homme fort du Kremlin, après avoir déposé une gerbe de fleurs au cimetière canadien de Bény-sur-mer, où 2000 hommes, pour la plupart originaires du Canada, sont enterrés.

 

Il est arrivé au dîner officiel donné par le président français, François Hollande, juste avant le coup d’envoi dela cérémonie commémorant l’offensive majeure des Alliés contre les nazis, le 6 juin 1944.

 

Pour la traditionnelle photo de famille, le premier ministre canadien s’est installé dans la seconde rangée, souriant, alors que le dirigeant russe s’est glissé au premier plan, aux côtés de la reine Élisabeth II, de Barack Obama et de François Hollande, entre autres.

 

La France a décidé d’inviter M. Poutine à l’événement en dépit du désaccord entre le dirigeant russe et ses homologues occidentaux en ce qui concerne la crise en Ukraine. Le premier ministre canadien a dit appuyer cette décision en raison de l’aide inestimable fournie par l’ancienne Union soviétique aux troupes alliées dans leur lutte contre l’Allemagne nazie.

 

M. Harper a cependant affirmé qu’il se tiendrait loin du président russe.

 

Stephen Harper a terminé la journée par une visite à Juno Beach, où les 18 000 soldats canadiens ont joué leur rôle dans la plus importante invasion maritime de l’histoire. M. Harper et son épouse, Laureen, ont été accueillis par le premier ministre français, Manuel Valls, et un groupe d’anciens combattants canadiens qui se sont battus en Normandie.

 

« Aujourd’hui, nous nous tenons là où des Canadiens ont souffert durant le Jour J », a déclaré le premier ministre lors d’un rassemblement comprenant 99 anciens combattants de la campagne, ainsi que des centaines d’autres personnes. « Vous avez fait un long voyage pour retrouver une fois de plus vos camarades tombés sous les balles. Ce que vous avez fait ici ne sera jamais oublié. »

 

« Honorons aussi les familles de ces soldats qui ont tant donné », a-t-il poursuivi.

 

Le monument aux Canadiens tués au cours de la première journée de la bataille a été dévoilé jeudi à Juno Beach. Chaque soldat a droit à sa plaque commémorative, pour un total de 359. Aujourd’hui, ce secteur est une bande de plage tranquille de huit kilomètres de long, parsemée d’hôtels et de villages touristiques.

 

Le 6 juin 1944, cette plage et quatre autres ont été prises d’assaut par 130 000 soldats britanniques, américains et canadiens. Ceux-ci s’en sont pris aux fortifications et aux troupes nazies postées dans la région.

 

À la fin d’août 1944, le Canada comptait plus de 18 000victimes, dont 5000 morts, dans la campagne de Normandie.

 

Earl Jewers, âgé de 92 ans, faisait partie de la deuxième vague de soldats à toucher terre, une heure après le début de la bataille. Ses compagnons et lui ont pénétré à « plus de 10kilomètres » en sol normand. « C’était plus loin que quiconque durant le Jour J », a-t-il rappelé.

 

M. Jewers n’était pas retourné en Normandie depuis lors et il s’est dit heureux d’avoir finalement la chance de revoir Juno Beach, avec sa fille et son petit-fils, cette fois.

3 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 7 juin 2014 05 h 59

    Une erreur

    Je ne crois pas que Poutine aurait dû être invité à ces cérémonies. Le comportement du dirigeant russe avec l'Ukraine est en claire opposition avec les principes qui motivaient le Débarquement: défense de la liberté et de la démocratie. Inviter l'autocrate du Kremlin consistait à banaliser, à avaliser d'une certaine façon, ses agirs. Ce fut une erreur. Poutine doit certainement se marrer!


    Michel Lebel

    • Michel Coron - Inscrit 7 juin 2014 17 h 25

      Faut voir les deux cotés de la médaille. L'adjonction de l'Ukraine à l'OTAN et à l'Union européenne fut perçue par la Russie comme une manace, d'où l'importance pour Poutine de conserver ses acquis en Crimée et plus particulièrement à Sébastopol un port stratégique pour la flotte russe. Selon moi, le but recherché par Poutine est la neutralité de l'Ukraine. Considérée de ce point de vue, la politique des gros bras à la Harper est suceptible de jeter inutilement de l'huile sur le feu.
      L'invitation faite par François Hollande me paraît une décision très sage. On peut comprendre la déception, sinon la hargne, de M.Harper qui voit l'Europe préférer le gaz et le pétrole russe à nos chers sables bitumineux .

  • Étienne Duclos-Murphy - Inscrit 7 juin 2014 09 h 46

    4 jours

    Il y a 4 jours environ, un article sortait à propos des anciens combattants (toujours vivant) canadiens qui ne reçoivent pas l'aide financière et le support moral nécessaire afin de bien vivre. Plusieurs d'entre eux, accompagné de leur femme, témoignaient de ce qu'ils vivent.

    Aujourd'hui, on a droit à un article qui parle de plaques commémoratives (pour les morts) et de la marche sur la plage de M. Harper.

    Just saying bro