Pont Champlain: Mulcair s’oppose au péage, Harper n’en démord pas

Stephen Harper a qualifié mardi le pont Champlain de « pont local » au financement duquel les citoyens de la région devaient participer.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Stephen Harper a qualifié mardi le pont Champlain de « pont local » au financement duquel les citoyens de la région devaient participer.

Ottawa — Le chef du Nouveau Parti démocratique affiche maintenant ses couleurs dans le dossier du péage qui sera imposé au futur pont Champlain. Après avoir laissé le soin à ses députés de se prononcer sur le sujet, Thomas Mulcair s’est dit contre mardi. « Si vous construisez une toute nouvelle infrastructure, il est loisible de considérer [le péage] comme une possibilité. Mais lorsque vous remplacez une infrastructure où des centaines de milliers de personnes ont fait des choix en fonction de ce pont, eh bien non, ce n’est pas juste d’ajouter un péage », a déclaré le chef néodémocrate, se souciant du sort des résidants de la Rive-Sud et des entreprises qui ont recours au pont Champlain quotidiennement pour transporter leurs marchandises.

 

Un «pont local»

 

Le pont Champlain est le pont « le plus achalandé au Canada », « une infrastructure vitale pour Montréal » et « extrêmement importante pour tout le Québec, voire pour tout le Canada », a fait valoir M. Mulcair. « Toute l’économie du Québec, et du Canada, risque de souffrir par la bêtise et l’intransigeance des conservateurs. »

 

Le gouvernement de Stephen Harper est venu officialiser l’imposition d’un péage sur le futur pont qui reliera la Rive-Sud et Montréal, l’inscrivant à son dernier projet de loi budgétaire omnibus. Québec est contre, Montréal aussi, de même que le chef libéral Justin Trudeau et M. Mulcair, qui l’a confirmé mardi.

 

En réponse à une question de M. Trudeau sur le sujet, M. Harper a réitéré aux Communes que, s’il n’y a pas de péage, il n’y aura pas de pont. « Notre gouvernement construit un nouveau pont local majeur dans la ville de Montréal. Nous ne faisons cela nulle part ailleurs au pays. La seule prémisse selon laquelle nous pouvons le faire, c’est avec la participation financière des citoyens de la région », a insisté le premier ministre.

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21 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 30 avril 2014 07 h 15

    On nous mange la laine sur le dos

    Pourquoi ne dit-on pas la vérité aux Québécois?
    Ce dont les Québécois ont besoin, c'est une simple estacade à huit voies. Le tout coûterait possiblement 250 millions de dollars plutôt que les cinq milliards prévus.
    Ou bien demander à l'Ontario de défrayer les milliards additionnels.
    C'est en effet pour permettre aux bateaux qui vont à Toronto et Hamilton que ce pont doit être construit en hauteur, ajoutant ainsi à sa complexité et à ses coûts.
    Pourquoi nous faut-il toujours payer pour les autres?

    • Charles Lebrun - Abonné 30 avril 2014 09 h 06

      Parfaitement d'accord!
      C'est tout là le coeur du problème, le principe même de l'utilisateur-payeur, si cher au Gouvernement Harper... ou bien qu'on le facture à chaque bateau qui passera sous le pont et non à chaque automobile ou à chaque camion qui empruntera le futur pont!

      Car, après tout, un simple pont à ras du fleuve, serait un "véritable pont local" comme le dit si bien M. Harper!

  • Robert Henri - Inscrit 30 avril 2014 07 h 30

    Pas de péage, pas de pont ?

    Pas de péage, pas de pont ? Il faudrait que les Québécois se tiennent parce que ce pont, nous le payons à même nos taxes et nos impôts. Stephen Harper veut nous faire payer deux fois la même chose. C'est comme s'acheter une maison et continuer à payer un loyer en plus de ses traites mensuelles. Il fait clairement faire savoir au parti Conservateur que «S'il n'y a pas de péages et qu'il n'y a pas de pont», il n'y aura pas de votes pour eux aux prochaines élections fédérales. Si Montréal n'a nul besoin d'autres ponts, il a besoin de ceux qu'il a depuis longtemps payé. S'il a été négligé, c'est parce qu'à Ottawa on ne l'a pas entretenu et rénové quand il le fallait.

    • François Ricard - Inscrit 30 avril 2014 08 h 50

      Ce pont coûte énormément plus cher à cause de la voie maritime.
      En tant qu'habitants d'"un pays de vaincus", nous en payons déjà une bonne partie par nos impôts.
      La voie maritime assure le progrès de Toronto et de Hamiton et le déclin de Montréal. Et on nous demande, en plus, de payer pour l'utilisation de ce pont.
      "Que usque tandem abutere...."

  • Guy Lafond - Inscrit 30 avril 2014 07 h 39

    Pas de péage, pas de pont Champlain?


    Et l'avis du Sénat, lui?

  • François Dugal - Inscrit 30 avril 2014 08 h 34

    La différence

    Quel est la différence entre un pont "local" et un pont "non local"?

  • François Ricard - Inscrit 30 avril 2014 08 h 54

    Silence inquiétant du PLQ-Couillard

    Un fait majeur : la voie maritime .Elle a marqué,à la fin des années ’50, le déclin du port de Montréal où les navires de marchandises ont commencé de passer tout droit, au profit de Toronto et de l'Ouest..Elle a coûté cher, cette canalisation, des milliards , dont environ le quart payé par le Québec pour...''nous tirer dans le pied '' ! Pour cela, aucune compensation! Seul Ottawa retire des droits de passage depuis plus d'un demi-siècle. Justement , à cause du passage de navires transocéaniques, le pont Champlain doit être plus élevé, ce qui entraîne d'importants coûts additonnels. Qui va payer le nouveau pont? Ottawa? Non ! Les Québécois!!! Ceci à cause du péage déjà décrété !
    Impossible aujourd'hui de redresser ces deux injustices, à moins que le Québec devienne MAÎTRE CHEZ-LUI..

    • Robert Henri - Inscrit 30 avril 2014 10 h 33

      Monsieur Couillard en bon Libéral Conservateur est probablement en faveur de tout PPP consistant à nationaliser les coûts et les risques tout en privatisant les profits. Le magouillage va pouvoir reprendre de plus belle.