Mulcair n’a pas peur des pourparlers constitutionnels

Le chef du NPD Thomas Mulcair
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le chef du NPD Thomas Mulcair

Ottawa — Le chef du NPD, Thomas Mulcair, ne craint pas d’entamer une nouvelle série de pourparlers constitutionnels pour abolir le Sénat. Il promet, s’il est élu premier ministre, de convier ses homologues des provinces à une rencontre afin de discuter de la disparition de la Chambre haute. « La Cour suprême vient de nous dire clairement que l’abolition du Sénat exige de travailler avec les provinces qui ont toutes leur mot à dire. Moi, je ne recule pas devant le principe d’abolir le Sénat. […] Je discuterais avec les provinces et les territoires pour essayer de créer un consensus [...]. Mais je ne reculerai pas devant cette obligation. Ce n’est pas parce que c’est difficile qu’il ne faut pas essayer. »

 

Notons cependant que les trois territoires canadiens ne sont pas des entités autonomes au même titre que les provinces. Leur accord n’est pas nécessaire pour amender la Constitution canadienne. L’unanimité requise pour abolir le Sénat ne les implique donc pas. En mai 2013, le NPD avait lancé la campagne « remballons le tapis rouge » — en référence aux moquettes du Sénat — visant à promouvoir l’option abolitionniste. Le chef du parti s’était engagé à discuter de cet enjeu chaque fois qu’il rencontrerait un premier ministre.

5 commentaires
  • Jacques Patenaude - Abonné 29 avril 2014 10 h 03

    la vrai question

    A-t-il l'intention de parler de la question du Québec en même temps?

    • Roxane Bertrand - Abonnée 29 avril 2014 14 h 38

      Moindre problème, Phillipe Cuoillard a dit qu'il la signerait, la constitution!

  • Gilbert Talbot - Abonné 29 avril 2014 10 h 38

    La royauté aussi M. Mulcair.

    Quant à être dans le sujet M. Mulcair, profitez-en donc aussi pour abolir la royauté au Canada. La majorité des Canadiens n'en veulent pas!

    • Djosef Bouteu - Inscrit 29 avril 2014 17 h 29

      La majorité des Canadiens se raccroche à la monarchie anglaise parce que culturellement ils sont étasuniens. La crise de monarchite aiguë du gouvernement Harper est un exemple particulièrement grossier à ce chapitre, avec le remplacement d'oeuvres d'art majeures par de ridicules portraits de la reine d'Angleterre.

      Les Québécois n'ont pas la fibre monarchiste pour le colonisateur et n'ont pas besoin de s'inventer un lien avec ce symbole moyenâgeux pour vivre leur appartenance au peuple québécois.

  • Loraine King - Abonnée 29 avril 2014 13 h 37

    Mulcair = Harper

    M. Mulcair me fait penser à M. Harper : il ne semble pas vouloir lire attentivement le jugement de la Cour suprême : "L'abolition de cette institution modifierait de façon fondamentale la structure constitutionnelle canadienne". M. Mulcair ne peut ouvrir des discussions consitutionnelles sur l'abolition du Sénat sans changer fondamentallement la structure constitutionnelle canadienne. Pour abolir le Sénat, il faudra réécrire l'ensemble de la loi constitutionnelle en vigueur depuis 1867. On ne devrait pas le laisser faire campagne sur une promesse d'abolition du Sénat. Les médias et les adversaires politiques de M. Harper ont laissé l'actuel premier ministre nous vendre ses châteaux en Espagne; j'espère qu'on sera plus curieux des politiques du NPD à cet égard. Le NPD devra présenter dans son programme ses idées pour un Canada fondamentalement différent de celui qui existe depuis 1867, puisque dans les faits c'est ce que M. Mulcair nous annonce qu'il désire entreprendre.