Ottawa envoie CF-18 et militaires aider l’OTAN

Six CF-18 comme celui-ci seront envoyés en Europe de l’Est afin de participer à un effort pour « rassurer » les membres de l’OTAN.
Photo: La Presse canadienne (photo) ?Kevin Frayer Six CF-18 comme celui-ci seront envoyés en Europe de l’Est afin de participer à un effort pour « rassurer » les membres de l’OTAN.

Le Canada enverra six avions de chasse et une vingtaine de militaires en Europe de l’Est, se joignant ainsi aux efforts de l’OTAN pour apaiser les tensions dans la région. L’annonce du premier ministre canadien survient alors que l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et l’Europe se sont entendus jeudi pour désamorcer la crise dans l’est de l’Ukraine. Mais au même moment, à Moscou, le président russe Vladimir Poutine a vanté ses capacités militaires et menacé d’y avoir recours.

 

L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) préparait depuis deux semaines un « plan pour rassurer » ses pays membres voisins de l’Ukraine, où une série d’insurrections prorusses secoue l’est du pays depuis un mois. Le plan de match de la coalition militaire a été présenté mercredi. Jeudi, M. Harper a annoncé que le Canada y contribuerait en déployant six chasseurs CF-18 en Europe de l’Est et jusqu’à 20 officiers qui participeront aux efforts de planification au quartier général de l’OTAN à Bruxelles.

 

« Contrer l’expansion militaire de la Russie »


« Évidemment, nous continuons de travailler avec nos alliés de l’OTAN, nos autres partenaires du monde, pour contrer l’expansion militaire de la Russie sous le régime de M. Poutine. Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises, cela représente à mon avis à long terme une vraie menace à la paix et la sécurité mondiale. Et nous sommes toujours prêts à travailler avec nos partenaires de l’OTAN pour assurer le plus de stabilité possible », a fait valoir le premier ministre Harper, lors d’une séance de prise d’images où les journalistes ne pouvaient pas poser de questions.

 

Ottawa n’a pas précisé dans quel pays seront basés ses CF-18, ni au-dessus desquels ils mèneront leurs opérations. Le ministère de la Défense n’a pas non plus indiqué au Devoir combien de temps durerait la mission.

 

L’opposition est d’accord

 

M. Harper n’a pas consulté le Parlement quant à l’envoi d’effectifs militaires. Les partis d’opposition se sont cependant dits d’accord avec la décision. Car les pays de la région « se sont joints à l’OTAN pour une raison et ils font partie de l’Alliance […] Il est important de leur montrer que nous prenons leur stabilité et leur souveraineté au sérieux », a affirmé le néodémocrate Jack Harris. « M. Poutine semble chercher des excuses pour s’ingérer en Ukraine de l’Est […] Vraiment, il faut indiquer très, très clairement à la Russie que les pays de l’Europe, l’OTAN prennent ça au sérieux », a corroboré le libéral Marc Garneau. Le ton de M. Harper « a été pas mal fort », a-t-il avoué, mais les libéraux appuient sa position.

 

L’Ukraine n’est pas membre de l’OTAN. Mais l’alliance militaire souhaite d’une part apaiser ses membres baltes, et de l’autre prévenir la Russie que ses velléités expansionnistes ne seront pas tolérées.

 

Les partis d’opposition sont par ailleurs rassurés par les pourparlers diplomatiques qui se sont soldés, à Genève, par des promesses de l’Ukraine comme de la Russie de désescalade dans l’est de l’Ukraine.

7 commentaires
  • Yves C Dubé - Abonné 18 avril 2014 09 h 27

    CF-!8

    Je ne suis pas d'accord pour payer pour l'envoi de CF-18 en Europe de l'est. Cet argent doit être utilisé pour des urgences nationales comme le pont Champlain à Montréal. Laissons les ukrainiens régler leurs problèmes entre eux. C'est la meilleure façon d'avoir la paix et non la guerre. Voilà!

    • Simon Chamberland - Inscrit 18 avril 2014 11 h 04

      Présentement, les Ukrainiens ne peuvent pas régler ça entre eux, parce que les Russes sont là.

    • Mathieu des Ormeaux - Inscrit 18 avril 2014 11 h 29

      Je vous rejoins dans votre logique Yves. Cependant, votre commentaire sous-entend deux fantaisies; la première, que notre opinion compte pour quelque chose là-dedans, deuxièmement, que le Canada est un pays souverain, qui suit encore une politique étrangère qui lui est propre.

      Le coup d'état Ukrainien, dont il ne fait plus aucun doute qu'il a été commandité par les états-uniens à travers leurs vassaux de l'Otan - la Pologne et la Lituanie ayant formé et armé le noyau dur de l'opposition armée avant les "manifestations" qui ont destitué un gouvernement élu- puisqu'il tardait à ratifier les ententes qui verraient sont pays rejoindre l'Union Européenne, en pleine crise.

      Je ne serais pas surpris si la crise économique que vit l'Europe (et qui vient essentiellement de la crise états-unienne) pousse de plus en plus de pays dans cette région à intégrer la CEI à dominance Russe. Quelques chasseurs ne changeront pas grand chose à l'affaire, à part le fait de remettre à plus tard les services offerts au public ici-même, y compris la très nécessaire reconstruction du pont Champlain.

    • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 18 avril 2014 14 h 52

      Je crois que vous avez manqué un bout du plan de match.

      L'envoi de CF-18 en Europe de l'Est a pour but de consolider les alliances de ces pays avec le Canada. Pendant ce temps, on prépare des pipeline, on tue des béluga, et dans quelques années, on remplace les Russes comme fournisseur de pétrole et de gaz dans le coin.

      Avec l'argent qu'on fait sur le pétrole, le Gouvernement Canadien finance amplement le système de péage du futur pont Champlain.

    • Mathieu des Ormeaux - Inscrit 18 avril 2014 15 h 31

      @ Rémi-Bernard

      J'avoue que l'implantation de pipelines aurait de quoi faire saliver notre petit baron du pétrole, mais ce coup a déjà été tenté par un mastodonte: le projet Nabucco, qui a été financé à la hauteur de plusieurs milliards par les 'ricains et leurs sbires là-bas (en commençant par la Turquie) et qui devait fournir l'Europe. Afin que ce projet fonctionne, il aurait fallu que le gouvernement Syrien tombe, afin qu'il passe sur son territoire, et aussi qu'il y ait quelque chose à mettre dedans. Ce projet ayant absorbé des sommes d'argent nauséabondes, et ayant néanmoins échoué lamentablement, je ne sais ce qu'un pays aussi géopolitiquement insignifiant que le Canada pourrait y apporter...

      Se contentant simplement de répéter la même chose qu'Howard en Australie aux demandes de leurs deux maîtres (Londres et Washington) qui se renvoient la balle d'une crise à l'autre, Harper tente simplement de jongler ses ordres, tout en ne perdant pas son tracé principal, dicté par les lobbies sionistes et protestants conservateurs, aux objectifs temporels presque identiques.

      La Russie n'est pas aux abois des petits roîtelets, et a mis tout le monde échec-et-mat côté gaz, avec ses projets gaziers Nordstream et Southstream. Poutine peux bien se moquer des sanctions de la colonnie britannique qu'est notre pays, qui vient lui mordiller la cheville à la demande d'un pays qui, par ses investissements dans la "city" de Londres, lui appartient déjà en partie.

  • Georges LeSueur - Inscrit 18 avril 2014 17 h 58

    Le plan Poutine...

    Que vont faire les CF18 canadiens en Ukraine ? Il y a des barricades mais il ne faut surtout pas déranger les Russes qui les occupent ! Les chars ukrainiens venus les déloger ont été désarmés et sont retournés piteusement dans leur caserne.
    Autrement dit les CF18 font un (long) vol d'entrainement et participent à une parade. Ils reviendont ici chercher leurs médailles gagnées pour cette mission.

    La morale de l'histoire : On finira par accepter un autre référendum comme pour la Crimée. Et comme pour elle, on validera le résultat -positf bien sûr- en rechignant.
    C'est à se demander si le plan Poutine ne va pas regagner les 3/4 de l'Ukraine !

  • Carroll Roy - Inscrit 21 avril 2014 18 h 10

    Et surtout...

    n'oubliez pas d'envoyer le gouverneur général, sa garde et les sénateurs conservateurs. On a besoin de bras à l'ouvrage.