La fiancée de Dimitri Soudas est ostracisée par son parti

Le premier ministre a enjoint au conseil national du Parti conservateur d’enquêter sur des allégations faites à l’endroit de la députée Eve Adams.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le premier ministre a enjoint au conseil national du Parti conservateur d’enquêter sur des allégations faites à l’endroit de la députée Eve Adams.

Après Dimitri Soudas, au tour de sa fiancée, la députée Eve Adams, de faire les frais de ses collègues. Mêlée à une lutte pour l’investiture salée dans la région de Toronto, Mme Adams fait maintenant l’objet d’une enquête de son parti à la demande de nul autre que Stephen Harper.

 

Le premier ministre a enjoint au conseil national du Parti conservateur (PC) de faire la lumière sur des allégations faites à l’endroit de Mme Adams, par l’Association locale d’une circonscription dans laquelle elle espère se porter candidate aux élections de 2015.

 

« C’est avec le coeur gros que je me sens dans l’obligation de vous écrire directement quant à certains gestes posés récemment par la députée Eve Adams qui, selon moi, ont à la fois une incidence négative sur le travail interne de notre association locale et qui commencent à nuire à la marque de commerce du parti », écrit le président de l’association conservatrice, Mark Fedak, dans une lettre de cinq pages envoyée au premier ministre et cosignée par les 28 membres de l’exécutif. M. Fedak demande à M. Harper, à titre de chef du parti, son « aide afin de résoudre ces questions ».

 

« Le conseil national a été saisi de cette affaire et il va examiner le contenu de la lettre, et faire le suivi si nécessaire », a indiqué le bureau du premier ministre.

 

Mme Adams veut remporter l’investiture dans une circonscription de la région de Toronto qui sera ajoutée à la carte électorale en 2015, à la suite du redécoupage, et qui serait jugée plus acquise aux conservateurs que celle qu’elle représente actuellement.

 

Dans sa missive, M. Fedak relate un incident survenu à la mi-mars, lorsque la députée s’est présentée à l’improviste à une réunion de l’association de cette circonscription. Les représentants du parti lui auraient demandé de partir « à neuf reprises », mais Mme Adams aurait refusé, « fait dérailler » la réunion et « agressé verbalement »l’exécutif. M. Fedak allègue en outre que Mme Adams aurait empêché qu’une compagnie mandatée par la circonscription d’y cartographier l’historique de vote effectue ce travail. Elle aurait enfin utilisé la sophistiquée base de données du PC pour contacter des électeurs de la future circonscription et aurait abusé de ses ressources parlementaires pour leur envoyer des lettres.

 

Le bureau de Mme Adams n’a pas rendu l’appel duDevoir, mercredi. La députée ne s’est pas présentée au Parlement depuis qu’elle a subi une commotion cérébrale le mois dernier.

 

Le chef néodémocrate, Thomas Mulcair, estime qu’« à tout le moins, elle ne devrait plus siéger comme secrétaire parlementaire » à la santé. Une suggestion à laquelle n’a pas répondu M. Harper, aux Communes.

 

La démission

 

Le fiancé de Mme Adams, Dimitri Soudas (ex-proche conseiller de Stephen Harper), était directeur exécutif du PC jusqu’à dimanche. M. Soudas s’est fait ordonner de démissionner, après qu’il fut révélé qu’il avait profité de son poste pour pistonner la candidature de Mme Adams dans la nouvelle circonscription. En tant que patron du parti, M. Soudas était responsable des coursesà l’investiture des conservateurs, mais son contrat stipulait qu’il devait se tenir loin de celle de sa conjointe.

 

Les collègues de Mme Adams se sont faits discrets mercredi, refusant de commenter sa situation. Il n’y a pas de mal à ce que la députée veuille changer de circonscription, a noté Wladyslaw Lizon, mais « elle devrait faire la course comme tout le monde […] sur un pied d’égalité ». « Nous voulons nous assurer que les investitures soient équitables et qu’elles ne soient pas imposées d’en haut. Et c’est le principe auquel nous allons adhérer », a affirmé le ministre des Finances, Joe Oliver.

 

D’autres, comme David Tilson, ont dit vouloir attendre la version des faits de Mme Adams. « Il y a toujours deux côtés à la médaille. »

 

Le cas de Mme Adams n’est pas sans rappeler celui d’Helena Guergis, qui avait été exclue du cabinet après qu’on ait notamment fait état d’une crise de colère de sa part dans un aéroport. Mercredi, un incident de 2010 a été coulé dans les médias, lors duquel Mme Adams aurait fait une scène dans une station d’essence d’Ottawa, insatisfaite du service de lave-auto.

2 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 3 avril 2014 08 h 59

    Quelle marque?

    Nuire à l'image de marque de son parti ? De quelle image de marque parle-t'il ce rigolo du PC? Ce parti n'a aucun respect des institutions démocratiques. On n'a qu'à voir la réforme de la loi électorale proposée par Harper et son ministre Poilièvre pour s'en convaincre.

  • Carole Dionne - Inscrite 3 avril 2014 11 h 38

    Le manequin du PC

    A part d'être jolie a en mourir, on n'a jamais entendu parler d'elle. J'aimerais l'entendre parler.