Une contribution importante

158 soldats canadiens sont morts en Afghanistan.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir 158 soldats canadiens sont morts en Afghanistan.

Ottawa — Le gouvernement de Stephen Harper a fait de la mission canadienne en Afghanistan un tel élément phare de sa politique étrangère qu’on en est venu à presque oublier que c’est le gouvernement libéral de Jean Chrétien qui a le premier, dans la foulée des attentats terroristes du 11-Septembre, autorisé en 2001 l’envoi de troupes dans ce pays. Ou encore que c’est celui de Paul Martin qui a dirigé les troupes vers la dangereuse région de Kandahar.

 

En janvier 2002, le Canada rétablit ses relations diplomatiques avec l’Afghanistan et, le mois suivant, environ 1000 soldats du régiment d’infanterie Princess Patricia sont déployés. Dès avril de cette année-là, les quatre premiers soldats canadiens à mourir en territoire afghan tombent sous les tirs amis des troupes américaines. Au total, 158 soldats canadiens y sont morts, de même que quatre civils, un diplomate et une journaliste. Ce sombre bilan place le Canada en troisième position parmi les pays ayant perdu le plus de soldats en Afghanistan, bien que loin derrière la Grande-Bretagne (447) et les États-Unis (2287).

 

Du côté des civils afghans, les chiffres sont d’un tout autre ordre de grandeur. Le rapport annuel de l’ONU sur les morts civiles indique que 2959 civils sont morts en 2013, une augmentation de 7 % par rapport à l’année précédente. Les éléments anti-gouvernement sont encore responsables de la très grande majorité des décès (74 %). Depuis que l’ONU les comptabilise, soit 2007, les morts civiles s’élèvent donc à 17 500 en Afghanistan. Diverses évaluations indépendantes chiffrent celles survenues d’octobre 2001 à la fin de 2006 à environ 7000, pour un total supputé d’environ 25 000 morts civiles directes.

 

Au plus fort de son engagement, le Canada enverra 2950 soldats en Afghanistan. Ce n’était pas la première fois que le Canada déployait autant de personnel dans un même théâtre d’opération. Entre 1992 et 1995, dans les Balkans, le Canada a déjà eu jusqu’à 2500 soldats, rappelle Jocelyn Coulon, directeur du Réseau de recherche sur les opérations de paix. Au Kosovo, il en comptait environ 2000. « La différence, c’est que ce sont cette fois des troupes de combat, rappelle M. Coulon. Quand on part en mission de Casques bleus, on n’a pas de chars d’assaut, on n’a pas de casques de combat, on n’a pas d’armes lourdes. En 2005, là, c’est la guerre. »

 

Cette implication guerrière canadienne a un corollaire. « À partir de 2004-2005, quand on passe de 1000 à 2000 soldats en Afghanistan, le Canada n’a pas plus de 300 Casques bleus dans le reste du monde. Le Canada a réduit sa contribution de Casques bleus de l’ONU. »

 

Cette semaine, quand les derniers éléments canadiens reviendront d’Afghanistan, il sera encore difficile de dire combien aura coûté l’aventure. Le directeur parlementaire du budget, Kevin Page, avait prédit en 2008 que la mission coûterait 18,1 milliards de dollars. Mais il avait aussi dit qu’il faudrait des années avant d’arriver à un bilan définitif.

À voir en vidéo