Les travailleurs saisonniers étrangers devraient avoir droit à l’assurance parentale, dit le NPD

Le Canada accueille annuellement environ 28 000 travailleurs agricoles saisonniers.
Photo: - Archives Le Devoir Le Canada accueille annuellement environ 28 000 travailleurs agricoles saisonniers.

Ottawa — Les travailleurs agricoles saisonniers qui viennent au Canada cultiver les récoltes quelques mois cotisent à l’assurance-emploi, mais des changements apportés ces dernières années ont resserré les critères et limité leur accès aux prestations du programme fédéral. Une « injustice », ont dénoncé jeudi des représentants syndicaux et les néodémocrates.

 

Depuis 2003, les étrangers qui venaient travailler au pays le temps des saisons agricoles avaient le droit, une fois leur contrat terminé, de recevoir une prestation parentale fédérale s’ils étaient devenus parents dans l’année. Et ce, même s’ils rentraient dans leur pays d’origine en attendant le prochain contrat saisonnier. L’allocation de compassion, pour prendre soin d’un proche malade, était aussi offerte, mais sujette à plus de conditions.

 

Or, depuis décembre 2012, Ottawa a modifié les règles, exigeant désormais que le demandeur ait un numéro d’assurance sociale (NAS) actif pour se prévaloir de ces prestations. Dans le cas des travailleurs migrants, le NAS expire le 15 décembre chaque année, date qui correspond souvent à la fin du contrat du travailleur saisonnier.

 

Résultat : « l’amendement à la réglementation a à toutes fins pratiques éliminé les travailleurs agricoles saisonniers de ces prestations prévues au programme de l’assurance-emploi », a résumé Paul Meinema, président des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) du Canada.

 

Le syndicat déplore le fait que ces travailleurs étrangers temporaires et leurs employeurs versent annuellement 21,5 millions de dollars dans les coffres fédéraux et qu’en échange le gouvernement les prive essentiellement des prestations auxquelles les autres travailleurs du pays ont droit.

 

Le Canada accueille annuellement environ 28 000 travailleurs agricoles saisonniers. Au fil des dernières années, 1000 d’entre eux ont eu recours aux prestations parentales chaque année, selon les TUAC.

 

« C’est un travail important : ils font la récolte des aliments que l’on mange tous les jours. Et le fait qu’ils sont dans notre pays de façon temporaire ne devrait pas les priver de prestations qui sont accessibles », a affirmé M. Meinema, en point de presse jeudi matin.

 

Étude indépendante

 

La néodémocrate Sadia Groguhé réclame une étude « détaillée et surtout indépendante de ce programme qui est défaillant ».

 

Comme les TUAC, le Nouveau Parti démocratique exige qu’Ottawa fasse marche arrière et octroie de nouveau un plein accès aux prestations à ces travailleurs. S’ils ne cotisaient plus, la situation ne serait plus « injuste » comme ils le dénoncent. Serait-ce un changement acceptable ? Non, ont-ils rétorqué.

 

Ottawa n’entend pas répondre à leur demande. La situation précédente allait « à l’encontre du régime d’assurance-emploi, dont l’objet est d’appuyer les personnes qui se préparent à réintégrer le marché du travail canadien », a répliqué le bureau du ministre de l’Emploi, Jason Kenney.

 

Dans les coulisses, au fédéral, on fait valoir que, s’ils étaient admissibles aux prestations parentales, les agriculteurs saisonniers auraient en fait droit à des avantages plus généreux que les sommes qu’ils auraient versées au régime.

 

Même si le Québec gère lui-même le programme d’immigration, les changements s’appliquent aux travailleurs saisonniers de la province puisqu’ils relèvent de l’assurance-emploi fédérale.

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