Maltais et Kenney seraient prêts à signer

Les demandes de la province auraient ainsi été acceptées, permettant à la ministre Maltais de s’entendre avec Ottawa.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Les demandes de la province auraient ainsi été acceptées, permettant à la ministre Maltais de s’entendre avec Ottawa.

Ottawa — À la veille du déclenchement probable de l’élection provinciale, Ottawa aurait accédé aux demandes de Québec dans le dossier de la formation de la main-d’oeuvre, selon ce qu’a appris Le Devoir. Souhaitant vouloir régler le plus de différends possible avant que le gouvernement péquiste ne parte en campagne électorale, les conservateurs se prépareraient à annoncer une entente avec la province sur cet enjeu dès ce mardi.

 

Le cabinet de la ministre de l’Emploi du Québec, Agnès Maltais, compte une « entente finalisée » avec son homologue conservateur Jason Kenney, a confié une source provinciale au Devoir lundi. À Québec, on attendait simplement d’obtenir le feu vert d’Ottawa, a-t-on indiqué.

 

«Derniers milles»

 

Les deux ordres de gouvernement en étaient, lundi en fin de journée, à ficeler les derniers les détails pour pouvoir signer et confirmer l’accord mardi. « On est dans les derniers milles », confiait une autre personne au Devoir hier. À moins d’un achoppement de dernière minute, une annonce serait prévue cet après-midi, selon une troisième source.

 

Les demandes de la province auraient ainsi été acceptées, permettant à Mme Maltais de s’entendre avec Ottawa. La ministre péquiste exige, depuis l’annonce des changements en 2013, un droit de retrait avec compensation de la réforme imposée par Ottawa, ou un renouvellement tel quel de l’entente provinciale-fédérale sur la formation de la main-d’oeuvre — qui prévoit actuellement que le Québec gère lui-même les transferts fédéraux en la matière.

 

Le ministre fédéral de l’Emploi, Jason Kenney, négocie avec ses homologues depuis qu’il a été nommé responsable du dossier, à la suite du remaniement ministériel de l’été dernier. Vendredi, M. Kenney a confirmé s’être entendu avec les ministres des provinces et territoires — à l’exception du Québec — pour mettre en place une subvention à l’emploi financée par le fédéral et des employeurs qui offriront de la formation aux chômeurs en vue de les embaucher par la suite. Les provinces redirigeront ainsi près de 200 millions de dollars en fonds fédéraux, qu’elles puiseront dans les transferts de leur choix.

 

Ottawa a en outre accepté, pour arriver à une entente, de revoir le nouveau programme dans deux ans. Si peu de chômeurs ont recours à la subvention canadienne à l’emploi, les provinces évoquent déjà d’en revoir les modalités.

 

Respect des plates-bandes

 

Québec refusait catégoriquement de voir Ottawa jouer dans ses plates-bandes, d’autant plus que le ministre Kenney a lui-même reconnu que les programmes pour chômeurs québécois donnaient des résultats positifs, rappelait-on au gouvernement québécois.

 

M. Kenney et Mme Maltais sont en pourparlers depuis des mois. À Québec, on a confié, en cours de route, avoir l’impression que le ministre fédéral voulait d’abord s’entendre avec les autres provinces avant de conclure un accord avec Québec, de peur de perdre son pouvoir de négociation si les gouvernements provinciaux voyaient que Québec avait droit à un statut différent.


Avec Robert Dutrisac

1 commentaire
  • Real Melancon - Inscrit 4 mars 2014 08 h 55

    Opportunisme ?

    Gageons que le PQ sortira durant la nouvelle durant la campagne électorale, annoncant qu'ils ont travaillé fort et en sont venus à une entente avec le fédéral, et que le Québec aura son propre arrangement pour que les décisions soient prises au Québec.

    La formation de la main d'oeuvre va très bien au Québec. C'est pourquoi on continue à former des 'chauffeurs de pépines' pendant qu'il n'y a personne pour pourvoir les postes disponibles en informatique.