Assurance-emploi: les retards s’accumulent

En date du 22 février, il y avait au Québec 6100 dossiers de demandes initiales ou de renouvellements d’assurance-emploi qui traînaient sur les bureaux de Service Canada depuis plus de 28 jours.
Photo: François Pesant - Le Devoir En date du 22 février, il y avait au Québec 6100 dossiers de demandes initiales ou de renouvellements d’assurance-emploi qui traînaient sur les bureaux de Service Canada depuis plus de 28 jours.

Les dossiers s’empilent à Service Canada. L’organisme fédéral a de plus en plus de difficultés à traiter les demandes d’assurance-emploi dans les délais prévus de 28 jours, indiquent ainsi des chiffres obtenus par Le Devoir et confirmés par Ottawa.

 

En date du 22 février, il y avait au Québec 6100 dossiers de demandes initiales ou de renouvellements d’assurance-emploi qui traînaient sur les bureaux de Service Canada depuis plus de 28 jours. À pareille date l’an dernier, 3500 dossiers étaient en retard. C’est une augmentation de près de 75 % en un an.

 

Lorsqu’on inclut tous les dossiers (demandes initiales, demandes de recalcul, etc.), ce sont 32 000 dossiers qui étaient en retard au 22 février, comparativement à 27 000 en 2013 (+18 %). À l’échelle canadienne, il y avait 138 000 dossiers en attente de traitement depuis plus de 28 jours, en hausse de 27 % par rapport à l’année précédente.

 

Les compressions en cause ?

 

Dans ses documents d’information, Service Canada indique que, pour tous les formulaires de demande dûment remplis, une réponse (versement d’une prestation, ou refus) sera donnée dans les 28 jours civils suivant le dépôt. Il ne s’agit pas d’un délai légal, mais d’une norme qu’Ottawa s’engage à respecter.

 

À la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), le responsable du dossier assurance-emploi juge la détérioration de la situation « inacceptable », et avance une explication : l’effet des compressions imposées à la fonction publique fédérale. « Ce n’est pas étonnant que le service diminue si on coupe sans cesse des fonctionnaires », dit Marc Bellemare. Il souligne que, pour les chômeurs, un traitement rapide d’une demande de prestation est essentiel, parce qu’ils ne touchent aucun revenu pendant l’attente.

 

Même son de cloche au Nouveau Parti démocratique. « On nous dit que c’est lié aux changements apportés au régime d’assurance-emploi, mais c’est évident que les coupes de personnel y sont pour beaucoup », dit le porte-parole en matière d’assurance-emploi, Robert Aubin.

 

Service Canada est touché comme tous les autres ministères fédéraux par le plan d’abolition de 19 000 postes de fonctionnaires annoncé par le gouvernement fédéral dans le budget 2012. Difficile toutefois d’avoir un portrait précis de la situation à Service Canada, le fédéral n’ayant pas indiqué dans le détail où les compressions sont effectuées. Déjà, en 2010, au moins 1200 postes avaient été abolis à Service Canada.

 

Ottawa reconnaît le problème

 

Au ministère de l’Emploi et du Développement social, on reconnaît le problème et on explique que Service Canada « prend toutes les mesures nécessaires afin de respecter son délai de 28 jours », mais qu’il arrive que « cet objectif ne puisse être atteint, par exemple lorsque des documents sont manquants ».

 

Ottawa soutient que des « ressources supplémentaires » sont ajoutées « afin d’aider à pallier l’augmentation du volume de demandes de prestations » durant certaines périodes, et qu’il y a des stratégies pour « réduire les demandes en attente aussi rapidement que possible ». Le gouvernement fait valoir que la situation fluctuante du marché du travail peut entraîner des variations dans le volume de cas à traiter, ce qui peut « avoir une incidence sur la rapidité » de traitement.

 

Le système d’assurance-emploi enregistre aussi quelques lenteurs à l’autre bout du processus. Le Devoir révélait en janvier que, durant ses huit premiers mois d’existence, le nouveau système d’appel (le Tribunal de la sécurité sociale) n’avait réglé que 16 % des dossiers soumis.

9 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 3 mars 2014 07 h 41

    Question.

    «Qu'est-ce qu'il y a de différent ?» Simple question qui se pose devant un résultat différent de celui d'auparavant.

    «documents manquants.» Est-ce qu'on veut me faire croire qu'à partir d'une certaine date, ceux qui demandent de la prestation d''assurance emploi n'envoient plus les documents correspondant à leur demande ? Que tout d'un coup, ils ne savent plus comment faire ? Un blanc de mémoire peut-être ? Tout d'un coup, 75 % de la population souffre d'Alseimer léger et passager. Allô docteur !

    Est-ce qu'il y en a qui vont gober cette explication-là ?

    PL

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 3 mars 2014 07 h 54

    La solution...et le candidat qui la porte

    La solution :

    La création de la Caisse d'assurance emplois du Québec.

    Un morceau indispenable à une stratégie cohérente de développement économique, (fondamentale pour les régions).

    La candidat qui porte cette proposition, un spécialiste de la question :

    Pierre Céré, candidat dans Laurier Dorion. (à moins que l'on préfère laisser cette circonscription au libéraux).

    • Loraine King - Abonnée 3 mars 2014 10 h 33

      Peut-être une solution mais loin d'être une garantie. Qu'on pense qu'au Canada, c'est le Québec, qui a l'entière compétence en la matière, qui a la plus grande proportion de familles sans médecin attitré.

  • Normand Murray - Inscrit 3 mars 2014 10 h 35

    Une hypothèse.

    Que la majorité des dossiers proviennent du Québec ne me surprendrais pas du tout.Ce fait nous le saurons jamais parce que de dévoiler ses données est une atteinte à la sécurité du pays passible de congédiement.Au royaume d'Harper le silence est synonyme de transparence.P.S:Cet argent n'est pas le vôtre c'est le nôtre après tout.

  • Leclerc Éric - Inscrit 3 mars 2014 10 h 31

    Vivement un rapatriement de ce pouvoir au Québec

    Une bureaucratie fédérale beaucoup trop lourde face aux demandeurs «saisonniers» ou «occasionnels» de ce programme d'aide financière.

    Tout comme le rapport secret dont TVA a obtenu copie qui indique que le fédéral prive le Québec de centaines de millions de $$$ par an, il est temps de donner au Québec le pouvoir unique de traiter ses propres demandes d'assurance-emploi - d'ailleurs le Québec a obtenu les pleins pouvoirs du contrôle de la main-d'oeuvre, lors de la création à la fin des années 90 de son propre guichet emplois.

    Ces coupes de budget, entraînent nécessairement un dédoublement stupide puisque le prestataire qui devra réclamer de l'aide-sociale provinciale avant de reçevoir de l'assurance-emploi fédérale (s'il y a droit); devra recommencer toutes ses démarches face aux fonctionnaires provinciaux une fois sa demande à Service Canada acceptée. Au plus vite la souveraineté! Nos propres fonctionnaires provinciaux peuvent se tenir davantage occupés.

  • Yves Corbeil - Inscrit 3 mars 2014 11 h 08

    Honteux ce gouvernement

    Et on envoie Baird faire un don equivalent a 2 piastres en Ukraine. J'ai honte d'etre canadien avec un groupe de cheap qui pensent seulement en fonction de l'industrie de l'ouest et son gaz sale.