Québec dénonce un retour en force du déséquilibre fiscal

Le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, voit dans le budget Flaherty une illustration du « fédéralisme prédateur ».
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, voit dans le budget Flaherty une illustration du « fédéralisme prédateur ».

Québec — Le budget Flaherty marque le retour en force du déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces, a dénoncé mardi soir le chef de l’équipe économique du gouvernement du Québec, Nicolas Marceau.

 

Montrant du doigt des « initiatives » en santé, en éducation et en formation de la main-d’oeuvre détaillées dans le 10e budget signé Jim Flaherty, le ministre des Finances et de l’Économie a dénoncé l’intrusion d’Ottawa dans des domaines de compétence du Québec. « Je vous invite à parcourir les pages [du budget]. Il y en a beaucoup ! » a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse à l’Assemblée nationale.

 

M. Marceau voit d’un mauvais oeil l’aide aux aidants naturels : « qu’ils nous versent l’argent, et on va s’arranger avec nos programmes », a-t-il lancé, pressant Ottawa de se retirer des champs de compétences du Québec.

 

M. Marceau a également décrié la volonté du gouvernement fédéral d’encadrer les produits dérivés négociés par les banques. « Ce sont des produits financiers qui sont encadrés par des lois au Québec. On a une loi sur les produits dérivés », a-t-il fait remarquer, disant déjà entrevoir des « conflits de juridiction ».

 

« Décevant », « inquiétant », le budget fédéral constitue une nouvelle illustration du « fédéralisme prédateur » opéré par le gouvernement conservateur, selon M. Marceau.

 

D’ailleurs, les provinces font les frais de la course à l’équilibre budgétaire du gouvernement fédéral, a pesté M. Marceau. « Les surplus se dessinent à l’horizon [à Ottawa]. C’est correct, mais […] cela résulte en partie certainement de mesures qui ont été imposées dans les transferts aux provinces. »

 

Ottawa tirera vers le haut ses transferts en santé de 6 % pendant trois avant de les plafonner au taux de croissance du PIB. De leur côté, les provinces, tout particulièrement le Québec, encaisseront les coûts entraînés par le vieillissement de la population, a illustré M. Marceau. « Pour le fédéral, il n’y aura plus de pression. […] Pendant ce temps-là, les pressions sont très fortes sur les finances publiques du Québec. »

 

Transfert d’espace fiscal

 

Face à ce déséquilibre fiscal, le gouvernement péquiste est favorable à un nouveau « transfert d’espace fiscal » entre le fédéral et les provinces. Il s’agit du « meilleur moyen pour corriger la situation », a fait valoir M. Marceau. « Maintenant, à la limite, qu’on ajuste les transferts et qu’on cesse de créer de nouvelles initiatives dans notre secteur. »

 

Pont fédéral, routes québécoises

 

Le ministre péquiste a une nouvelle fois prié mardi soir le gouvernement fédéral à ne plus ignorer le « consensus métropolitain » contre l’érection de péages sur le nouveau pont Champlain. « Il va falloir un jour que le fédéral nous parle, discute avec nous parce que ce pont-là en principe devait déboucher sur des routes québécoises », a dit M. Marceau.

1 commentaire
  • Philippe Riondel - Inscrit 13 février 2014 10 h 13

    Justification grossière

    Marceau est déjà en train de justifier ses futurs échecs en matière d'équilibrage des comptes publics...