Les retraités de l’État dans le collimateur d'Ottawa

Le gouvernement Harper compte renégocier les avantages de 500 000 retraités de la fonction publique et de sociétés d’État .
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir / Archives Le gouvernement Harper compte renégocier les avantages de 500 000 retraités de la fonction publique et de sociétés d’État .
Ottawa — Le gouvernement Harper compte renégocier les généreux avantages de 500 000 retraités de la fonction publique et de sociétés d’État pour économiser jusqu’à 1,5 milliard de dollars par année.

Le ministre Jim Flaherty entend profiter de la négociation de 27 conventions collectives, qui arrivent à échéance cette année, pour rendre la fonction publique « abordable, moderne et très performante ». Il compte ajuster les conditions des employés de l’État en fonction de celles d’autres employeurs des secteurs public et privé, nettement moins avantageuses.

Une portion importante de cette négociation portera sur le partage des coûts du Régime de soins de santé de la fonction publique (RSSFP) avec les employés retraités. Ottawa compte instaurer le partage égal des coûts entre le gouvernement et les retraités. L’État assume présentement 75 % de la facture des prestations.

Le gouvernement Harper propose aussi d’augmenter de deux à six le nombre d’années de service requis pour être admissible au régime au moment de la retraite, sauf pour les retraités actuels.

Le plan du gouvernement ferait grimper les cotisations annuelles au RSSFP de 261 $ à 550 $, pour un fonctionnaire qui choisit une protection individuelle à sa retraite.

Autre mesure visant à instaurer « l’équité », Ottawa entend forcer les employés des sociétés d’État à partager les coûts de retraite à parts égales avec l’employeur. Encore une fois, ces négociations visent à mettre fin à des conditions de retraite négociées à une époque où les sociétés d’État accordaient des largesses à leurs employés.

Une refonte du régime de congés de maladie de courte durée figure aussi au menu des négociations avec les syndicats. Présentement, les prestations de maladie de longue durée commencent après 13 semaines d’absence au travail, et 65 % des employés n’ont pas accumulé assez de congés pour couvrir cette période.

Députés et sénateurs sous surveillance

Les employés de l’État ne sont pas les seuls à devoir faire des sacrifices, a souligné le ministre Flaherty : le gouvernement compte interdire aux sénateurs et aux députés qui ont été suspendus du Parlement par vote majoritaire de leurs pairs d’accumuler du service qui donne droit à une pension. Il s’agit d’une réponse au scandale des dépenses des sénateurs Patrick Brazeau, Pamela Wallin et Mike Duffy, suspendus du Sénat, qui continuent d’accumuler du service pour leurs prestations de retraite.
8 commentaires
  • Leclerc Éric - Inscrit 11 février 2014 16 h 39

    Marceau devra tôt ou tard en faire du copier-coller

    Trop généreux salaires et avantages sociaux. De combien se sont «appauvris» les employés du secteur public (toutes catégories d'emplois confondues vers la fin des années 90?), à l'époque Bernard Landry et Lucien Bouchard leur avaient fait des offres qualifiées "des plus généreuses" de l'histoire du Québec, pour permettre aux jeunes d'intégrer le marché du travail.

    À l'inverse, la plupart de ces mêmes nouveaux professionnels ont débuté au plus bas de l'échelle salariale avec aussi, je suppose des avantages sociaux nettement inférieurs. Si l'ont fait le calcul de tous les sous-ministres et sous-ministres-adjoints qui gagnent annuellement plus de 115,000 $ par an et qui cotisent à l'un des plus généreux régime de retraite public, en plus de leurs gains garantis (RRQ, RPC) il y aurait très certainement (tout comme à Ottawa) des bonnes économies à faire sur l'ensemble des retraités actuels.

    • Manon Theriault - Inscrite 11 février 2014 19 h 04

      Au Québec, les fonctionnaires de l'État ont toujours payés à 50% leur fonds de pension. Depuis les années '90, nos salaires ont augmentés d'à peine 15% alors que l'inflation se situe aux alentours de 30% pour la même période.

      Pour savoir ce que gagne un sous-ministre ou un sous-ministre adjoint, voir ce lien

      http://www.emplois-superieurs.gouv.qc.ca/secretari

      C'est bien plus que les 115 000$ que vous dites sans compter toutes les allocations diverses auxquelles ils ont droit.

    • Carroll Roy - Inscrit 11 février 2014 20 h 46

      Je constate chez vous une totale ignorance et méconnaissance du sujet.
      Avant d'écrire, il serait bon de vérifier les faits....et de connaître la situation.
      Quand on a coupé mon salaire de 20% dans les années 80, j'ai contribué à presque 200,000$ de coupure...Multipliez ce chiffre par des milliers, vous verrez bien

    • Huguette Durocher - Inscrite 11 février 2014 21 h 19

      M. Lecler,
      Vous avez entièrement raison mais tous les fonctions publiques c'est l'omerta, ne pelle pas dans ma cour je le mérite, j'ai travaillé fort pour ce que j'ais.

      Ont travaille fort pour ce faire vivre et les faire vivre. L'argent par du bas pour retourner jusqu'en haut.
      Huguette Durocher

    • Roland Berger - Inscrit 11 février 2014 22 h 34

      Dans la ligne de pensée conservatrice : réduire les avantages des uns au lieu de les assurer à tous les autres.

  • Marc Bergeron - Inscrit 11 février 2014 20 h 44

    Excellent commentaire Madame Thériault

    Et avec justesse. En plus de 50% pour la retraite des fonctionnaires provinciaux, à deux reprises ils ont baissés de salaire; un avec le gouvernement Lévesque de 20% et deux, avec le gouvernement Bouchard de 6% si ma mémoire est bonne. Par la suite les augmentations n'ont pas suivi l'inflation avec plusieurs années a 0%. On mélange les employés de l'état canadien et municipaux souvent et l'on met tout le monde dans le même panier. Sans parler des clauses orphelines que le guovernement à négocier avec les syndicats. On ne parle pas non plus des surplus accumuler de certaines années qui furent retirer et dépenser en redistribuant aux anciens retraités du Québec. Est-ce que ces négociations de compensation de 0% d'augmentation à été compenser par des avantages au fond de retraite sera respecter? Est-ce que l'état québécois à toujours versé sa participation? Pourquoi avoir retirer dans les bonnes années et maintenant enlever les avantages?

  • Jean Richard - Abonné 12 février 2014 08 h 53

    Information ou éditorial ?

    Des expressions comme « généreux avantages » ou encore « nettement moins avantageuses » font partie d'un vocabulaire éditorial et non de celui de l'information objective. La réalité pourrait ne pas toujours correspondre à ces qualificatifs d'opinion.

    Puis-je avouer que j'ai déjà bossé à la fonction publique fédérale et que lorsque je racontais aux gens (du privé le plus souvent) quelles étaient nos conditions de travail, ils en étaient parfois médusés ? Dès le départ, ayant eu à travailler dans des régions éloignées (dans l'Arctique, au Labrador pour en nommer deux) et y avoir côtoyé des gens de l'industrie privée, il nous était facile de constater que le privé traitait mieux ses employés que la FP fédérale. Autre aspect du boulot, le travail posté. Les équipes de travail étant réduites au minimum (pour économiser), les horaires de travail faisaient en sorte que, fréquents rappels au travail obligent, on pouvait changer de poste deux fois, ou même trois fois dans une période de dix jours. Les aléas des bouleversements de l'horloge biologique du corps humain, oui, on savait ce que c'était, et il était difficile de trouver de pires horaires de travail dans le secteur privé. Et la mobilité ? Se faire dire à quelques jours d'avis qu'on doit déménager, c'était la norme...

    Pour un employé du Québec, le salaire était jugé comme décent. Toutefois, nos collègues de Toronto, Calgary ou Vancouver voyaient les choses autrement, le coût de la vie y étant plus élevé. Dans ces trois villes, l'industrie privée offrait davantage. Et même au Québec, l'employeur fédéral avait de la difficulté à retenir ses travailleurs de l'informatique, le privé les attirants avec de meilleures conditions.

  • Jean Richard - Abonné 12 février 2014 09 h 17

    Modernisation et Québec perdant

    Je reconnais que les conventions collectives des fonctionnaires fédéraux ont besoin d'être modernisées. Les discussions lors des périodes de négociation des conventions sont davantage celles de gestionnaires de budget que de gestionnaires de ressources humaines (au sens humain de la chose). Au lendemain de la signature d'une convention, j'étais toujours étonné de constater qu'on avait des chiffres à nous lancer (augmentations de salaire, parfois un nouveau programme dit d'avantages sociaux, accordé avec un clin d'œil à une industrie à qui on en confie l'administration – la Great-West, la Sunlife par exemple), mais jamais rien pour les employés à qui les conditions de travail (travail posté sur 7 jours et 24 heures par jour, fréquent dans la FP et fréquents déménagements) causaient des problèmes familiaux, sociaux et de santé.

    Il faut savoir que le Conseil du Trésor et le principal syndicat des employés, l'Alliance de la Fonction publique du Canada n'avaient rien à cirer du bien-être des employés. Les augmentations de salaire et les avantages sociaux en apparence généreux n'étaient là que pour endormir les employés. Et petite précision : bien des fonctionnaires fédéraux n'ont jamais eu le droit de grève, étant désignés comme titulaire d'un poste essentiel.

    Et le Québec perdant...

    La cotisation que l'employeur verse au régime de santé de l'employé ou du retraité est un avantage imposable au Québec (normal, c'est une partie du salaire ou de la rente). Si le fédéral diminue sa participation, ça signifie une perte en revenus d'impôts pour le Québec de la part des fonctionnaires fédéraux. À supposer qu'environ 100 000 personnes soient touchées au Québec, ça fait plusieurs millions de moins dans les coffres de la province. À ces impôts s'ajoute la TVQ à la consommation.