Justin Trudeau laisserait l’impôt des entreprises à 15%

Ottawa — Que les conservateurs soient reportés au pouvoir ou que les libéraux de Justin Trudeau les en chassent, au moins une chose ne changera pas au Canada : les profits des entreprises resteront soumis à un taux de taxation de 15 %. Cette prise de position risque de refroidir le débat qui doit avoir lieu au congrès bisannuel du PLC se tenant à Montréal la semaine prochaine.

 

« Nous n’avons aucun plan pour modifier le taux d’imposition des entreprises », a confirmé lundi le chef libéral adjoint, Ralph Goodale. Les conservateurs ont fait passer ce taux de 22,12 % à 15 % depuis qu’ils sont au pouvoir, privant annuellement Ottawa de milliards de dollars en revenus. En 2011, le chef libéral Michael Ignatieff avait promis de rétablir le taux à 18 %. Ces réductions d’impôt ont été critiquées, car elles ne se sont pas nécessairement traduites par des investissements. Les liquidités des entreprises canadiennes sont évaluées à 575 milliards de dollars, soit trois fois plus que ce qu’elles étaient il y a dix ans.

 

Congrès

 

Les militants libéraux se proposaient de débattre de cette question à leur congrès de la semaine prochaine. Ils suggéraient de rendre ce taux avantageux conditionnel à ce que les entreprises emploient un nombre de travailleurs « égal ou supérieur à la moyenne dans leur secteur respectif ».

 

Deux résolutions proposent de s’inspirer du Québec et de légaliser l’aide médicale à mourir, et ce, même si le chef Justin Trudeau a déjà indiqué que cela serait « une discussion mineure » par rapport à celles portant sur les façons d’aider la classe moyenne.

 

Plusieurs résolutions visent à remettre la lutte contre le réchauffement de la planète à l’ordre du jour, certaines en proposant d’attribuer un prix au carbone, une autre, en suggérant la mise en place d’un ministère des changements climatiques.

 

Les militants québécois proposent de leur côté de revoir le mode de sélection des sénateurs, notamment en instaurant un processus de révision parlementaire des nominations, comme cela se fait depuis quelques années pour les juges de la Cour suprême du Canada.

 

Notons enfin une résolution de l’aile jeunesse qui commence déjà à se valoir des critiques virulentes du Parti conservateur : que le gouvernement mette en place un programme de rachat d’armes à feu pour en réduire le nombre. À la Chambre des communes lundi, le député Blaine Calkins, a lancé : « Si le chef libéral veut mes armes, il peut venir me les arracher des mains après m’être passé sur le corps. »

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